Les bénéfices et les inconvénients du célécoxib pour le traitement des personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde

Question de la revue

Nous avons cherché à évaluer les bénéfices (les améliorations au niveau des douleurs, des raideurs, de la fonction physique) et les inconvénients (les problèmes intestinaux et cardiaques) du célécoxib par rapport à d'autres médicaments similaires ou par rapport à un médicament factice (un placebo) chez les adultes ayant une polyarthrite rhumatoïde.

Contexte

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune provoquant une inflammation de la surface des articulations, ce qui les rend douloureuses et mène à des courbatures et à des gonflements. Les petites articulations des mains et des pieds sont généralement les premières touchées. À l'heure actuelle, il n'existe aucun remède ; le traitement vise à atteindre la rémission ou à retarder la progression de la maladie pour améliorer la mobilité et réduire les douleurs, le gonflement et les raideurs. Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont utilisés pour traiter les personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde. Le célécoxib est un AINS sélectif qui pourrait aider à soulager les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde.

Date de la recherche

Nous avons recherché des preuves jusqu'au 18 mai 2017.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons inclus huit études publiées entre 1998 et 2014, portant sur 3988 adultes (ayant en moyenne 54 ans), dont la plupart étaient des femmes (73 %). Les participants avaient une polyarthrite rhumatoïde depuis une durée moyenne de 9,2 ans.

Les études ont comparé le célécoxib à un autre traitement ; 1786 participants ont reçu le célécoxib et 2202 ont reçu soit un placebo soit un AINS traditionnel (AINSt).

Cinq études avaient été soutenues ou financées par l'industrie pharmaceutique.

Principaux résultats

Par rapport au placebo, sur 100 personnes ayant reçu le célécoxib, 15 ont obtenu une amélioration de leurs symptômes après 4 à 12 semaines. Les personnes ayant pris du célécoxib ont qualifié leurs douleurs comme étant inférieures de 11 points (sur une échelle de 0 à 100) après 12 semaines.

Les résultats n'étaient pas concluants en ce qui concerne l'amélioration de la fonction physique et le nombre de personnes ayant développé des ulcères gastroduodénaux de plus de 3 mm de diamètre lorsque nous avons comparé le célécoxib à un placebo. Les preuves étaient également peu concluantes concernant les préjudices apparaissant peu de temps après l'utilisation de ces médicaments. Aucune des études comparant le célécoxib à un placebo n'a rapporté de crises cardiaques ou d'accidents vasculaires cérébraux.

Les résultats concernant l'amélioration des douleurs et de la fonction physique n'étaient pas concluants lorsque le célécoxib a été comparé aux AINSt. Une petite amélioration a été trouvée en lien avec un système d'évaluation (l'ACR20) utilisé par les médecins pour évaluer les personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde. Sur 100 personnes ayant pris le célécoxib : 13 personnes en moins ont développé des ulcères gastroduodénaux de plus de 3 mm de diamètre ; et 7 participants en moins ont quitté les études par rapport aux personnes recevant des AINSt.

Le célécoxib peut améliorer les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde et mieux soulager la douleur par rapport à un placebo, mais n'offre probablement qu'un bénéfice faible à insignifiant en terme d'amélioration de la fonction physique.

Qualité des preuves

Les preuves ont été considérées comme étant de qualité faible ou modérée en raison des lacunes méthodologiques et du faible nombre d'événements observés indiquant des effets délétères.

Conclusions des auteurs : 

Le célécoxib peut améliorer les symptômes cliniques, soulager les douleurs et mener à des différences faibles à insignifiantes en termes de fonction physique par rapport à un placebo. Le célécoxib était associé à un plus faible nombre de participants quittant l'étude. Les résultats concernant l'incidence des ulcères gastroduodénaux (≥ 3 mm) et les évènements indésirables graves à court terme étaient incertains ; cependant, ces effets indésirables étaient rarement rapportés.

Le célécoxib peut légèrement améliorer les symptômes cliniques par rapport aux AINSt. Les résultats concernant la réduction des douleurs et l'amélioration de la fonction physique étaient incertains. Les participants prenant du célécoxib avaient une incidence plus faible d'ulcères gastroduodénaux (≥ 3 mm) et étaient moins susceptibles de quitter les essais. Les résultats concernant les événements cardio-vasculaires et les évènements indésirables graves à court terme sont également incertains.

L'incertitude concernant le taux d'événements cardiovasculaires entre le célécoxib et les AINSt pourrait être due à un risque de biais ; ou à un autre facteur tel que la petite taille et la courte durée des essais. Il a été précédemment rapporté que le célécoxib et les AINSt augmentent les taux d'événements cardiovasculaires. Notre confiance dans les résultats concernant les effets délétères est ainsi faible. De plus grands essais cliniques comparant le célécoxib directement face à d'autres AINSt sont nécessaires afin de mieux informer la pratique clinique.

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Contexte : 

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune systémique et persistante provoquant une inflammation de la paroi synoviale des articulations et des gaines des tendons. À l'heure actuelle, il n'existe aucun remède pour la polyarthrite rhumatoïde et le traitement se concentre sur la prise en charge des symptômes tels que les douleurs, les raideurs et les atteintes à la mobilité, dans le but d'obtenir une rémission stable et d'améliorer la mobilité. Le célécoxib est un anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS) sélectif utilisé pour le traitement des personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde.

Objectifs : 

Évaluer les avantages et les inconvénients du célécoxib chez les personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), sur MEDLINE, Embase et dans des registres d'essais cliniques (ClinicalTrials.gov et le portail des essais de l'Organisation Mondiale de la Santé) jusqu'au 18 mai 2017. Nous avons également effectué des recherches dans les références bibliographiques des études incluses.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant le célécoxib par voie orale (200 mg et 400 mg par jour) par rapport à l'absence d'intervention, à un placebo ou à un AINS traditionnel (AINSt) chez les personnes ayant une polyarthrite rhumatoïde confirmée, de tout âge et des deux sexes. Nous avons exclu les études comprenant moins de 50 participants dans chaque bras ou portant sur des durées de traitement inférieures à quatre semaines.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons suivi les procédures méthodologiques standard prévues par Cochrane.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus huit ECR ayant des durées allant de 4 à 24 semaines, publiés entre 1998 et 2014 et portant sur un total de 3988 adultes (âge moyen = 54 ans), dont la plupart étaient des femmes (73 %). Les participants avaient une polyarthrite rhumatoïde depuis une durée moyenne de 9,2 ans. Toutes les études ont été jugées comme présentant un risque de biais élevé ou incertain dans au moins un domaine. Dans l'ensemble, la qualité des preuves a été évaluée comme étant modérée à faible. Cinq études étaient financées par des laboratoires pharmaceutiques.

Le célécoxib par rapport à un placebo

Nous avons inclus deux études (N = 873) dans lesquelles les participants ont reçu 200 mg par jour ou 400 mg par jour ou un placebo. Les participants ayant reçu le célécoxib ont montré une amélioration cliniquement significative par rapport à ceux ayant reçu un placebo (amélioration absolue de 15 % ; IC à 95 % de 7 % à 25 % ; RR 1,53, IC à 95 % 1,25 à 1,86 ; nombre de sujets à traiter pour observer un bénéfice (NSTb) = 7, IC à 95 % 5 à 13 ; 2 études, 873 participants ; preuves de qualité faible à modérée).

Les participants ayant reçu le célécoxib ont rapporté moins de douleurs que les personnes ayant reçu un placebo (amélioration absolue de 11 % ; IC à 95 % de 8 % à 14 % ; NSTb = 4, IC à 95 % 3 à 6 ; 1 étude, 706 participants), mais les résultats n'étaient pas concluants concernant l'amélioration de la fonction physique (DM -0,10, IC à 95 % 0,29 à 0,10 ; 1 étude, 706 participants).

Dans le groupe du célécoxib, 15/293 participants ont développé des ulcères, par rapport à 4/99 dans le groupe placebo (RC de Peto 1,26, IC à 95 % 0,44 à 3,63 ; 1 étude, 392 participants ; preuves de faible qualité). Neuf participants (parmi 475) dans le groupe du célécoxib ont développé des événements indésirables graves à court terme, comparé à cinq participants (parmi 231) dans le groupe sous placebo (RC de Peto 0,87 (0,28 à 2,69 ; 1 étude, 706 participants ; preuves de faible qualité).

Il y avait moins d'arrêts prématurés chez les personnes ayant reçu le célécoxib (163 /475) par rapport à un placebo (130/231) (22 % de changement absolu ; IC à 95 % de 16 % à 27 % ; RR 0,61, IC à 95 % 0,52 à 0,72 ; 1 étude, 706 participants).

Les événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC) n'ont pas été rapportés. Cependant, les agences de réglementation indiquent une augmentation du risque d'événements cardio-vasculaires associée au célécoxib.

Le célécoxib versus les AINSt

Sept études (N = 2930) ont comparé le célécoxib et les AINSt (amtolmétine guacyle, diclofénac, ibuprofène, méloxicam, nabumétone, naproxène, pélubiprofène) ; une étude incluait des comparaisons entre un placebo et des AINSt (N = 1149).

Il y avait une petite amélioration, qui pourrait ne pas être cliniquement significative, au niveau du nombre de participants ayant atteint des critères de réponse selon l'ACR20 dans le groupe du célécoxib par rapport aux AINSt (amélioration absolue de 4 % ; IC à 95 % de 0 % d'amélioration en moins à 8 % d'amélioration en plus ; RR 1,10, IC à 95 % 0,99 à 1,23 ; 4 études, 1981 participants). Il y avait un manque de preuves indiquant des différences entre les participants dans les groupes recevant le célécoxib et les AINSt en termes de douleurs ou de fonction physique. Les preuves ont été jugées comme étant de qualité modérée à faible (rabaissées en raison du risque de biais et des incohérences).

Les personnes ayant reçu le célécoxib avaient une incidence plus faible d'ulcères gastroduodénaux ≥ 3 mm (34/870) par rapport à celles ayant reçu des AINSt (116/698). Cela correspond à un changement absolu de 12 % (IC à 95 % de 11 % à 13 % ; RR 0,22, IC à 95 % 0,15 à 0,32 ; 5 études, 1568 participants ; preuves de qualité modérée). Il y avait 7 % moins d'arrêts prématurés chez les personnes ayant reçu le célécoxib (IC à 95 % de 4 % à 9 % ; RR 0,73, IC à 95 % 0,62 à 0,86 ; 6 études, 2639 participants).

Les résultats n'étaient pas concluants concernant les événements indésirables graves à court terme et les événements cardio-vasculaires (preuves de faible qualité). Il y avait 17/918 événements indésirables graves chez les personnes prenant du célécoxib par rapport à 42/1236 chez les personnes ayant reçu un placebo (RC de Peto 0,71 ; IC à 95 % 0,39 à 1,28 ; 5 études, 2154 participants). Les événements cardio-vasculaires ont été rapportés à la fois pour les groupes célécoxib et placebo dans une étude (149 participants).

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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