Les exercices de contrôle moteur pour le traitement des lombalgies non-spécifiques aiguës

Question de la revue

Évaluer l'efficacité des exercices de contrôle moteur (CM) chez les patients souffrant de lombalgies non-spécifiques aiguës.

Contexte

La lombalgie est un trouble fréquent qui est souvent associé à la douleur et à une invalidité. Une intervention courante pour les patients souffrant de lombalgie est la thérapie par exercice, et les exercices de CM sont largement utilisés chez ces patients. Cependant, leur efficacité pour les patients souffrant de lombalgie aiguë demeure incertaine.

Date de la recherche

Les données ont été mises à jour en avril 2015.

Caractéristiques de l'étude

Dans cette revue, nous avons inclus trois essais évaluant des patients souffrant de lombalgie aiguë ou subaiguë (n = 197 participants). La plupart des participants étaient d'âge moyen et avaient été recrutés dans des centres de soins primaires ou tertiaires. La durée des programmes de traitement variait de quatre semaines à six semaines.

Résultats principaux

Les exercices de CM n'ont montré aucun bénéfice supplémentaire par rapport à la manipulation vertébrale, à d'autres formes d'exercices ou à un traitement médical pour réduire la douleur ou l'incapacité chez des patients souffrant de lombalgie aiguë et subaiguë. La capacité des exercices de CM de prévenir les récidives de lombalgie demeure incertaine.

Qualité des preuves

Les résultats de cette revue incluent des preuves de qualité très faible à modérée. Nous avons abaissé le niveau de preuve pour toutes les comparaisons en raison d'imprécisions résultant des petits effectifs des études.

Conclusions des auteurs : 

Nous n'avons identifié que trois essais de petite taille qui, par ailleurs, évaluaient différentes comparaisons ; par conséquent, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur l'efficacité des exercices de CM pour le traitement de la lombalgie aiguë. Des preuves de qualité très faible à modérée indiquent que les exercices de CM n'ont montré aucun bénéfice supplémentaire par rapport à la manipulation vertébrale, à d'autres formes d'exercices ou à un traitement médical pour réduire la douleur et l'incapacité chez des patients souffrant de lombalgie aiguë et subaiguë. La capacité des exercices de CM de prévenir les récidives de lombalgie demeure incertaine.

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Contexte : 

Les exercices de contrôle moteur (CM) sont couramment utilisés par les professionnels de santé du monde entier pour traiter les lombalgies. Cependant, l'efficacité de cette intervention pour le traitement des lombalgies aiguës reste incertaine.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité des exercices de contrôle moteur (CM) chez les patients souffrant de lombalgies non-spécifiques aiguës.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans MEDLINE, EMBASE, le registre central Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), quatre autres bases de données et deux registres d'essais depuis leur création à avril 2015 et avons, en outre, examiné les références bibliographiques des articles sélectionnés. Nous n'avons imposé aucune limite en terme de langue et de statut de publication.

Critères de sélection : 

Nous avons uniquement inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) examinant l'efficacité des exercices de CM chez des patients souffrant de lombalgies non-spécifiques aiguës. Nous avons pris en compte les essais comparant les exercices de CM par rapport à l'absence de traitement, à un autre type de traitement ou lorsqu'ils étaient réalisés en tant que complément d'une autre intervention. Les critères de jugement principaux étaient l'intensité de la douleur et l'incapacité. Les critères de jugement secondaires étaient la fonction, la qualité de vie et la récurrence.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont passé au crible les résultats des recherches pour sélectionner les études répondant aux critères d'inclusion, évalué le risque de biais et extrait les données. Les désaccords ont été résolus, de façon indépendante, par un troisième auteur de la revue. Nous avons examiné l'efficacité des exercices de CM dans les comparaisons suivantes : (1) exercices de CM versus un traitement par manipulations vertébrales ; (2) exercices de CM versus des autres exercices ; et (3) exercices de CM en tant que complément à une prise en charge médicale. Nous avons utilisé le système GRADE (Grades of Recommendation, Assessment, Development and Evaluation) pour évaluer la qualité des preuves. Nous avons contacté les auteurs des études en cas d'informations manquantes ou confuses. Nous avons examiné les périodes de suivi suivantes : à court terme (moins de trois mois après la randomisation) ; à moyen terme (au moins trois mois, mais endéans les 12 mois qui suivent la randomisation) ; et à long terme (12 mois ou plus après la randomisation).

Résultats principaux : 

Nous avons inclus trois essais dans cette revue (n = 197 participants). Les effectifs des études variaient de 33 à 123 participants. Des preuves de faible qualité indiquent l'absence de différence cliniquement importante entre les exercices de CM et la manipulation vertébrale pour la douleur au suivi à court terme et pour l'incapacité aux suivis à court et à long terme. Des preuves de faible qualité suggèrent également l'absence de différence cliniquement importante entre les exercices de CM et d'autres formes d'exercices pour la douleur au suivi à court ou à moyen terme et pour l'incapacité au suivi à moyen terme ou à long terme. Des données de qualité modérée ne montrent aucune différence cliniquement importante entre les exercices de CM et d'autres formes d'exercices en ce qui concerne l'incapacité lors du suivi à court terme. Enfin, des preuves de très faible qualité indiquent que l'ajout d'exercices de CM à une prise en charge médicale n'entraîne pas de réduction cliniquement importante de la douleur ou de l'incapacité lors du suivi à court terme. Concernant les récidives à un an, des preuves de très faible qualité suggèrent que les exercices de CM et une prise en charge médicale réduisent le risque de récidive de 64% par rapport à une prise en charge médicale seule.

Notes de traduction : 

Traduction : Christophe Demoulin, révision : Cochrane Belgique, coordination : Cochrane France.

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