L'École du dos pour le traitement des lombalgies chroniques

Contexte

De nombreuses personnes qui souffrent de douleurs lombaires (lombalgies) et recherchent des traitements réduisant la gravité de leurs symptômes deviennent des usagers fréquents des services de santé. L'École du dos est un programme thérapeutique dispensé à des groupes de patients, qui inclut à la fois une formation et des exercices physiques. Depuis son introduction en 1969, l'École du dos suédoise a souvent été utilisée dans le traitement des lombalgies. Cependant, la teneur de l'École du dos a évolué au fil du temps et, aujourd'hui, semble varier considérablement.

Question de la revue

Nous avons examiné les preuves sur les effets de l'École du dos sur la douleur et l'invalidité chez les adultes souffrant de lombalgie sans cause spécifique pendant plus de 12 semaines, par rapport à l'absence de traitement, des soins médicaux, un traitement effectué par un kinésithérapeute, ou des exercices physiques. Nous avons inclus les événements indésirables comme critère de jugement secondaire. Dans les essais qui ne recrutaient que des travailleurs, nous avons également examiné l'effet sur la situation professionnelle.

Caractéristiques de l'étude

Dans cette mise à jour, nous avons recherché des essais publiés et non publiés jusqu'au 15 novembre 2016. Nous avons inclus 30 essais portant sur 4105 participants comparant l'École du dos à l'absence de traitement, des soins médicaux, une kinésithérapie passive (un traitement effectué par un kinésithérapeute), ou un traitement à base d'exercices physiques. Toutes les études incluaient une population semblable de patients souffrant de lombalgies chroniques non spécifiques.

Résultats principaux

Quelle que soit la comparaison effectuée (ainsi que les critères de jugement examinés), les résultats de la méta-analyse n'ont montré aucune différence ou un effet négligeable en faveur de l'École du dos. En raison d'un manque d'informations sur les effets indésirables et la situation professionnelle, nous n'avons pas été en mesure d’effectuer un regroupement statistique des données.

Qualité des preuves

En raison de la faible ou très faible qualité des preuves pour toutes les comparaisons de traitements, tous les critères de jugement, et toutes les périodes de suivi étudiés, l'efficacité de l'École du dos contre les lombalgies chroniques est incertaine.

Conclusions des auteurs : 

En raison de la faible à très faible qualité des preuves pour toutes les comparaisons de traitement, tous les critères de jugement, et toutes les périodes de suivi étudiés, l’efficacité de l'École du dos pour le traitement de la lombalgie est incertaine. Bien que la qualité des preuves était généralement très faible, les résultats n'ont montré aucune différence ou un effet négligeable en faveur de l'École du dos. Il existe de nombreuses variantes potentielles de l'École du dos en ce qui concerne l'utilisation de différents exercices physiques et méthodes éducatives. Bien que les preuves actuelles ne permettent pas de recommander son utilisation, les futures variantes de l'École du dos pourraient avoir des effets différents et devront être étudiées dans de futurs ECR et revues.

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Contexte : 

De nombreuses personnes souffrant de douleurs lombaires (lombalgies) deviennent des usagers fréquents des services de santé dans leur quête de traitements réduisant la gravité de leurs symptômes. L'École du dos est un programme thérapeutique dispensé à des groupes de patients qui inclut à la fois une formation et des exercices physiques. Cependant, la teneur de l'École du dos a évolué au fil du temps et, aujourd'hui, semble varier considérablement. Cette revue est une mise à jour d'une revue Cochrane des essais contrôlés randomisés (ECR) évaluant l'efficacité de l'École du dos. Nous avons divisé la revue Cochrane en deux revues, l'une dédiée aux lombalgies aiguës et subaiguës et l'autre aux lombalgies chroniques.

Objectifs : 

L'objectif de cette revue systématique était de déterminer l'effet de l'École du dos sur la douleur et l'invalidité chez les adultes souffrant de lombalgies non spécifiques chroniques ; nous avons inclus les événements indésirables comme critère de jugement secondaire. Pour les essais où seuls des travailleurs avaient été recrutés, nous avons également examiné l'effet sur la situation professionnelle.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons recherché des essais dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, Embase, CINAHL, deux autres bases de données et deux registres d'essais cliniques jusqu'au 15 novembre 2016. Nous avons également effectué des recherches dans les références bibliographiques des articles éligibles et contacté des experts dans le domaine de la prise en charge des lombalgies afin d'identifier des études potentiellement pertinentes que nous aurions pu manquer. Aucune limitation n'a été appliquée sur la langue ou la date de publication.

Critères de sélection : 

Nous avons uniquement inclus des ECR et des essais contrôlés quasi randomisés évaluant la douleur, l'invalidité et/ou la situation professionnelle comme critères de jugement. Les critères de jugement principaux pour cette mise à jour étaient la douleur et l'invalidité, et les critères de jugement secondaires étaient la situation professionnelle et les événements indésirables.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont de manière indépendante effectué l'évaluation du « risque de biais » des études incluses à l'aide de l'outil d'évaluation du risque de biais recommandé par Cochrane. Nous avons résumé les résultats pour le suivi à court, moyen, et long terme. Nous avons évalué la qualité globale des preuves à l'aide de l'approche GRADE.

Résultats principaux : 

Pour le critère de jugement de la douleur, lors du suivi à court terme, nous avons trouvé des preuves de très faible qualité que l'École du dos est plus efficace que l'absence de traitement (différence moyenne [DM] -6,10, intervalle de confiance à 95 % [IC] -10,18 à -2,01). Cependant, nous avons trouvé des preuves de très faible qualité qu'il n'existe aucune différence significative entre l'École du dos et l'absence de traitement lors du suivi à moyen (DM -4,34, IC à 95 % –14,37 à 5,68) ou long terme (DM -12,16, IC à 95 % -29,14 à 4,83). Il y avait des preuves de très faible qualité que l'École du dos, comparée à des soins médicaux, réduit la douleur lors du suivi à court terme (DM -10,16, IC à 95 % de –19,11 à -1,22). Des preuves de très faible qualité ont montré qu'il n'existe aucune différence significative entre l'École du dos et les soins médicaux lors du suivi à moyen (DM -9,65, IC à 95 % -22,46 à 3,15) ou long terme (DM -5,71, IC à 95 % de –20,27 à 8,84). Nous avons trouvé des preuves de très faible qualité que l'École du dos n'est pas plus efficace que la kinésithérapie passive lors du suivi à court (DM 1,96, IC à 95 % –9,51 à 13,43), moyen (DM -16,89, IC à 95 % -66,56 à 32,79), ou long terme (DM -12,86, IC à 95 % de –61,22 à 35,50). Il y avait des preuves de très faible qualité que l'École du dos n'est pas plus efficace que des exercices physiques lors du suivi à court terme (DM -2,06, IC à 95 % de –14,58 à 10,45). Il y avait des preuves de faible qualité que l'École du dos n'est pas plus efficace que des exercices physiques lors du suivi à moyen (DM -4,46, IC à 95 % de –19,44 à 10,52) et long terme (DM 4,58, IC à 95 % de –0,20 à 9,36).

Pour le critère de jugement de l'invalidité, nous avons trouvé des preuves de très faible qualité que l'École du dos n'est pas plus efficace que l'absence de traitement lors du suivi à moyen (DM –5,92, IC à 95 % –12,08 à 0,23) et long terme (DM -7,36, IC à 95 % -22,05 à 7,34) , que des soins médicaux lors du suivi à court (DM –1,19, IC à 95 % –7,02 à 4,64) et long terme (DM –0,40, IC à 95 % –7,33 à 6,53) , qu'une kinésithérapie passive lors du suivi à court (DM 2,57, IC à 95 % –15,88 à 21,01) et moyen terme (DM 6,88, IC à 95 % -4,86 à 18,63) , et que des exercices physiques lors du suivi à court (DM -1,65, IC à 95 % –8,66 à 5,37), moyen (DM 1,57, IC à 95 % –3,86 à 7,00), et long terme (DM 4,54, IC à 95 % -4,44 à 13,52). Nous avons trouvé des preuves de très faible qualité d'une petite différence entre l'École du dos et l'absence de traitement lors d'un suivi à court terme (DM –3,38, IC à 95 % de –6,70 à –0,05) et des soins médicaux lors du suivi à moyen terme (DM –6,34, IC à 95 % de –10,89 à –1,79). Pourtant, lors du suivi à long terme, il y avait des preuves de très faible qualité que la kinésithérapie passive est plus efficace que l'École du dos (DM 9,60, IC à 95 % 3,65 à 15,54).

Quelques études mesuraient les effets indésirables. Les résultats étaient rapportés sous forme de moyennes sans écarts-types ou taille du groupe. En raison de ce manque d'informations, nous n'avons pas été en mesure de regrouper statistiquement les données d'événements indésirables. Le statut professionnel n'était pas rapporté.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Sophie Fleurdépine et révisée par Cochrane France

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