La réadaptation cardiaque par l'exercice pour les patients souffrant de fibrillation auriculaire

Contexte

La fibrillation auriculaire (FA) est le trouble du rythme cardiaque le plus courant qu'une personne puisse ressentir. Celle-ci affecte le cœur en « prenant le contrôle » et en envoyant des impulsions électriques qui rendent le rythme cardiaque irrégulier et inefficace. Les symptômes peuvent inclure des pulsations irrégulières, un essoufflement, une faiblesse, des vertiges et des évanouissements. L'objectif de la réadaptation cardiaque est de restaurer la santé chez les patients souffrant de fibrillation auriculaire ou ceux ayant été traités pour la fibrillation auriculaire, au travers d'exercices réguliers.

Question de la revue

Cette revue systématique a évalué les bénéfices et les effets délétères de la réadaptation cardiaque par l'exercice chez les adultes souffrant de fibrillation auriculaire.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons inclus six essais randomisés ayant un total de 421 participants. Les preuves sont à jour en juillet 2016.

Résultats principaux

Il y avait deux décès et huit événements indésirables graves (des effets secondaires néfastes) rapportés dans les six essais, par conséquent, nous n'avions pas suffisamment de données pour déterminer si la réadaptation cardiaque par l'exercice mène à une amélioration des résultats les plus importants pour les patients, tels que la mortalité et les événements indésirables graves (par exemple, l'hospitalisation). Il s'est avéré que la réadaptation par l'exercice n'a pas d'impact cliniquement pertinent sur la qualité de vie pour le groupe de patients, mais peut améliorer la capacité à réaliser des exercices.

Qualité des preuves

La qualité des preuves était modérée à très faible pour tous les critères de jugement. Il était possible pour les personnes participant aux essais de savoir dans quel groupe d'intervention elles étaient randomisées ; la notification des résultats n'était pas complète dans de nombreux essais ; et pour certains critères de jugement, les résultats variaient entre les essais. Ces éléments limitent notre confiance dans les résultats globaux de cette revue.

Conclusions

D'autres essais cliniques randomisés menés avec de faibles risques de biais et de faibles risques d'être influencés par le hasard, dans une population plus large de patients souffrant de FA, sont nécessaires pour évaluer l'impact des programmes à base d'exercices.

Conclusions des auteurs : 

En raison du nombre limité de patients randomisés et de résultats, nous n'avons pas pu évaluer l'impact réel de la réadaptation cardiaque par l'exercice sur la mortalité ou les événements indésirables graves. Les preuves n'ont montré aucun effet cliniquement significatif sur la qualité de vie liée à la santé. Les données combinées ont mis en évidence un effet positif sur le critère de substitution de la capacité à réaliser des exercices physiques, mais en raison du faible nombre de patients et des preuves de qualité moyenne à très faible les soutenant, nous n'avons pas pu être certains de l'ampleur de l'effet. De futurs essais randomisés de haute qualité sont nécessaires pour évaluer les bénéfices et les inconvénients de la réadaptation cardiaque par l'exercice pour les adultes souffrant de fibrillation auriculaire quant aux résultats importants pour les patients.

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Contexte : 

La réadaptation cardiaque par l'exercice peut être bénéfique pour les adultes souffrant de fibrillation auriculaire ou pour ceux ayant été traités pour une fibrillation auriculaire. La fibrillation auriculaire est causée par de multiples micro réactivations de circuits électriques dans les tissus auriculaires, qui entraînent des contractions rapides et chaotiques des oreillettes.

Objectifs : 

Évaluer les avantages et les inconvénients des programmes de réadaptation par l'exercice, seuls ou associés à une autre intervention, par rapport à des groupes témoins sans entraînement aux exercices chez les adultes ayant actuellement une FA, ou ayant été traités pour une FA.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données électroniques suivantes : CENTRAL et la base des résumés des revues systématiques hors Cochrane (DARE) dans la Bibliothèque Cochrane, MEDLINE Ovid, Embase Ovid, PsycINFO Ovid, Web of Science Core Collection Thomson Reuters, CINAHL EBSCO, LILACS Bireme, et trois registres d'essais cliniques le 14 juillet 2016. Nous avons également vérifié les bibliographies des revues systématiques pertinentes identifiées par les recherches. Nous n'avons imposé aucune restriction concernant la langue.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) examinant les interventions axées sur l'exercice physique par rapport à tout type de contrôle sans exercice. Nous avons inclus les essais incluant des adultes âgés de 18 ans et plus souffrant de fibrillation auriculaire, ou ayant été traités auparavant pour une fibrillation auriculaire.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont indépendamment extrait les données. Nous avons évalué le risque de biais en utilisant les domaines décrits dans le Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions. Nous avons évalué l'hétérogénéité clinique et statistique par un examen visuel des graphiques en forêt, et en utilisant un Chi² standard ainsi que des statistiques I². Nous avons effectué des méta-analyses à l'aide de modèles à effets fixes et aléatoires ; nous avons utilisé la différence moyenne standardisée lorsque différentes échelles étaient utilisées pour le même critère de jugement. Nous avons évalué le risque d'erreurs aléatoires avec l'analyse séquentielle des essais (ASE) et utilisé la méthodologie GRADE pour évaluer la qualité des preuves, que nous avons ensuite rapportés dans le tableau « Résumé des résultats ».

Résultats principaux : 

Nous avons inclus six ECR portant sur un total de 421 patients atteints de différents types de fibrillation auriculaire. Tous les essais ont été réalisés entre 2006 et 2016 et présentaient un suivi de courte durée (huit semaines à six mois). Les risques de biais allaient d'un risque élevé à un faible risque. Les programmes basés sur l'exercice étaient composés d'exercices aérobiques et d'exercices de résistance dans quatre essais, de Qi-gong (des mouvements lents et fluides) dans un essai, et dans un dernier essai, ceux-ci consistaient en un entraînement des muscles inspiratoires.

Pour la mortalité, des preuves de très faible qualité issues de six essais ne suggéraient aucune différence claire en termes de décès entre les groupes d'exercice et d'absence d'exercice (risque relatif (RR) 1,00, intervalle de confiance à 95 % (IC) 0,06 à 15,78 ; participants = 421 ; I² = 0 % ; décès = 2). Des preuves de très faible qualité issues de cinq essais ne suggéraient aucune différence claire entre les groupes pour les événements indésirables graves (RR 1,01, IC à 95 % 0,98 à 1,05 ; participants = 381 ; I² = 0 % ; événements = 8). Des preuves de faible qualité issues de deux essais ne suggéraient aucune différence claire quant à la qualité de vie liée à la santé sur le récapitulatif de la composante physique du Short Form-36 (SF-36) (différence moyenne (DM) 1,96, IC à 95 % -2,50 à 6,42 ; participants = 224 ; I² = 69 %), ou sur le récapitulatif de la composante mentale du SF-36 (DM 1,99, IC à 95 % -0,48 à 4,46 ; participants = 224 ; I² = 0 %). La capacité à réaliser des exercices a été évaluée par « la dépense totale », ou la puissance maximale (watts), obtenus sur une bicyclette ergométrique, par un test de marche pendant six minutes, ou par des tests de pointe ergospirométriques mesurant la VO2. Nous avons trouvé des preuves de qualité moyenne issues de deux études indiquant que la réadaptation par l'exercice augmente la capacité à réaliser des exercices, mesurée par la pointe de VO2, plus que l'absence d'exercices (DM 3,76, IC à 95 % 1,37 à 6,15 ; participants = 208 ; I² = 0 %) ; et des preuves de très faible qualité issues de quatre études soutenant que la réadaptation par l'exercice augmente plus la capacité à réaliser des exercices que l'absence d'exercices, mesurée par le test de marche pendant six minutes (DM 75,76, IC à 95 % 14,00 à 137,53 ; participants = 272 ; I² = 85 %). Lorsque nous avons combiné les différents outils d'évaluation pour la capacité à réaliser des exercices, nous avons trouvé des preuves de très faible qualité issues de six essais indiquant que la réadaptation par l'exercice augmentait plus la capacité à réaliser des exercices que l'absence d'exercice (différence moyenne standardisée (DMS) 0,86, IC à 95 % 0,46 à 1,26 ; participants = 359 ; I² = 65 %). Dans l'ensemble, la qualité des preuves pour les critères de jugement allait de modérée à très faible.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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