Stimulation électrique non invasive contre le syndrome de la vessie hyperactive chez l’adulte

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Contexte

Les personnes souffrant d’hyperactivité vésicale ont des envies fréquentes et soudaines d’uriner qui ont un impact significatif sur leur qualité de vie. Elles ont souvent aussi une incontinence urinaire. L’hyperactivité vésicale touche environ 17 % de la population mondiale et elle est particulièrement fréquente chez les personnes âgées. Son traitement inclut l’entraînement des muscles du plancher pelvien, un traitement médicamenteux et la stimulation électrique.

L’électrostimulation non invasive consiste à envoyer un courant électrique à travers les muscles de la vessie au moyen d'une sonde vaginale ou anale ou d'une fine aiguille insérée dans le nerf tibial au niveau de la cheville. Ce courant vise à réduire (inhiber) les contractions du muscle détrusor (le muscle de la vessie qui expulse l’urine) afin de diminuer ainsi la fréquence des besoins d’uriner. L’électrostimulation invasive consiste à implanter des électrodes dans le corps et nécessite un geste chirurgical.

Objectif

Nous avons cherché à déterminer si l’électrostimulation était plus efficace que l’absence de traitement ou tout autre traitement disponible pour l’hyperactivité vésicale. Nous avons également étudié quel type d’électrostimulation était plus efficace pour le traitement de ce syndrome et cherché à vérifier si l’électrostimulation présentait un risque ou pas.

Résultats

Nous avons identifié 51 études (3443 participants au total) comparant l’électrostimulation à l’absence de traitement ou tout autre traitement disponible. Nous avons trouvé que l’électrostimulation était plus efficace que l’absence de traitement et plus efficace que les médicaments pour réduire les principaux symptômes du syndrome d’hyperactivité vésicale. Cependant, nous n’avons pas pu déterminer si elle était plus efficace que les autres traitements disponibles tels que l’entraînement du plancher pelvien, car beaucoup des études que nous avons identifiées n’indiquaient pas si le traitement avait ou non amélioré les symptômes de l’hyperactivité vésicale. Nous n’avons pas pu non plus déterminer quel type de stimulation électrique était plus efficace. Nous n’avons pas trouvé suffisamment d’informations pour savoir si l’électrostimulation était ou non plus sûre que d’autres traitements, ou si un type d’électrostimulation était plus sûr que les autres. Enfin, nous n’avons pas pu déterminer, à partir des données, si les éventuels bénéfices de l’électrostimulation persistaient ou non après la fin des séances de stimulation. Les données de cette revue sont à jour à la date de décembre 2015.

Conclusions des auteurs : 

L’électrostimulation a semblé plus efficace que l’absence de traitement et qu’un traitement médicamenteux pour le traitement du syndrome d’hyperactivité vésicale. Il n’y avait pas suffisamment de données probantes pour déterminer si l’électrostimulation était plus efficace que le traitement conservateur ni quel type de l’électrostimulation était plus efficace. Notre revue met en lumière la nécessité de mener des essais bien conçus dans ce domaine, en mesurant les paramètres d’évaluation subjectifs et les effets indésirables.

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Contexte : 

Il existe plusieurs options pour traiter le syndrome d’hyperactivité vésicale, notamment l’électrostimulation avec des dispositifs non implantés, un traitement conservateur et des médicaments. L’électrostimulation avec des dispositifs non implantés vise à inhiber les contractions du muscle détrusor, afin de réduire la fréquence et l’urgence des mictions.

Objectifs : 

Déterminer l’efficacité de l’électrostimulation avec électrodes non implantées par rapport à un placebo ou à tout autre traitement actif pour le traitement de l’hyperactivité vésicale, de l’électrostimulation ajoutée à une autre intervention par rapport à l’autre intervention seule, des différentes méthodes d’électrostimulation les unes par rapport aux autres.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l’incontinence, qui contient des essais identifiés dans le Registre central Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), dans MEDLINE, MEDLINE In-Process, ClinicalTrials.gov, la plate-forme ICTRP de l’OMS et, manuellement, dans des revues et des actes de conférences (recherche effectuée le 10 décembre 2014). Nous avons effectué des recherches dans les listes bibliographiques des articles pertinents et contacté des spécialistes dans le domaine. Nous n’avons imposé aucune restriction concernant la langue.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés de l’électrostimulation avec des dispositifs non implantés par rapport à tout autre traitement pour le traitement du syndrome d’hyperactivité vésicale chez l’adulte. Les essais éligibles incluaient des adultes atteints du syndrome d’hyperactivité urinaire, avec ou sans incontinence d’urgence mictionnelle. Les essais dont les participants présentaient une incontinence urinaire à l’effort ont été exclus.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment passé au crible les résultats de recherche, extrait les données des essais éligibles et évalué le risque de biais à l’aide de l’outil d’évaluation de la Collaboration Cochrane.

Résultats principaux : 

Nous avons identifié 51 essais éligibles (3443 participants randomisés). Trente-trois essais ne rapportaient pas les critères d’évaluation principaux concernant le changement subjectif dans les symptômes du syndrome d’hyperactivité vésicale. La majorité des essais ont été jugés à risque faible ou incertain de biais de sélection et de biais d’attrition et à risque incertain de biais d’exécution et de détection. Le manque de clarté en ce qui concerne le risque de biais s’explique en grande partie par une notification médiocre.

Vingt-trois essais (1654 participants) comparaient l’électrostimulation à l’absence de traitement actif, à un placebo ou à un traitement fictif. Des preuves de qualité moyenne indiquent que les symptômes du syndrome d’hyperactivité vésicale étaient plus susceptibles de s’améliorer chez les personnes recevant une électrostimulation qu'en l’absence de traitement actif, avec un placebo ou avec un traitement fictif (risque relatif (RR) pour l’absence d’amélioration 0,54, intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,47 à 0,63). Des preuves de qualité moyenne indiquent que le même nombre de personnes ont ressenti des effets indésirables dans le groupe recevant une électrostimulation et le groupe sans traitement actif, sous placebo ou recevant un traitement fictif.

Huit essais (542 participants) comparaient l’électrostimulation à un traitement conservateur. Des données de très mauvaise qualité suggèrent qu’il n’y avait pas de preuve d’une différence entre l’électrostimulation et les exercices de musculation du plancher pelvien ou les exercices du plancher pelvien associés au biofeedback sur les symptômes du syndrome d’hyperactivité vésicale (RR pour l’absence d’amélioration 0,79, IC à 95 % de 0,51 à 1,21 et 0,97, IC à 95 % de 0,60 à 1,57, respectivement). Il n’y avait aucune preuve d’une différence entre l’électrostimulation et le traitement conservateur en ce qui concerne les effets indésirables.

Seize essais (894 participants) comparaient l’électrostimulation avec un traitement médicamenteux (probanthine, toltérodine, bromure d’oxybutynine, propanthéline, succinate de solifénacine, térodiline, chlorure de trospium, térodiline). Des preuves de qualité moyenne indiquent que les symptômes du syndrome d’hyperactivité vésicale étaient plus susceptibles de s’améliorer avec l’électrostimulation qu’avec un traitement médicamenteux (RR pour l’absence d’amélioration 0,66, IC à 95 % de 0,48 à 0,90). Des preuves de mauvaise qualité ont suggéré un plus grand risque d’effets indésirables avec l’oxybutynine (RR 1,26, IC à 95 % de 1,07 à 1,49) et avec la toltérodine (RR 1,51, IC à 95 % de 1,21 à 1,89) qu’avec l’électrostimulation. Il n’existe pas suffisamment de données probantes d’une différence entre l’électrostimulation et le chlorhydrate de trospium (RR 0,73, IC à 95 % de 0,43 à 1,25).

Huit essais (252 participants) comparaient l’électrostimulation combinée à un autre traitement avec l’autre traitement seul, deux essais (48 participants) l’électrostimulation associée à un traitement conservateur avec l’absence de traitement actif, un placebo ou un traitement simulé et six essais (361 participants) comparaient différents types d’électrostimulation. Aucune de ces comparaisons n’a produit suffisamment de preuves pour faire apparaître des différences entre les groupes de traitement en termes d’hyperactivité vésicale ou d’effets indésirables.

Des preuves de qualité moyenne suggèrent que l’électrostimulation a davantage amélioré la qualité de vie liée à l’hyperactivité vésicale que l’absence de traitement actif, qu’un placebo ou qu’un traitement fictif. Il n’y avait aucune preuve d’une différence entre l’électrostimulation et tout autre traitement en ce qui concerne la qualité de vie.

Il n’y avait pas suffisamment de données probantes pour déterminer si les bénéfices de l’électrostimulation persistaient après la fin de la période de traitement actif.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Suzanne Assénat et révisée par Cochrane France

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