Les smartphones peuvent-ils améliorer l'accès à l'autogestion de l'asthme?

Contexte

Les programmes d'autogestion ont été préconisés comme moyen pour aider les personnes asthmatiques à acquérir un meilleur contrôle de l'asthme et de meilleurs résultats en termes d'asthme. Cependant, il existe un certain nombre d'obstacles pour mener à bien la mise en œuvre et l’utilisation de ces programmes. Ces obstacles requièrent des approches innovantes pour la mise en œuvre de programmes d'autogestion. Un intérêt particulier est l'utilisation d’appareils grand public tels que les smartphones et les tablettes comme un moyen d’administrer ces programmes selon la configuration existante des soins de santé.

Question de la revue

Cette revue a évalué si les smartphones et les tablettes sont des outils efficaces pour soutenir les patients asthmatiques à gérer leur propre maladie.

Description des études

Nous avons inclus deux études totalisant 408 participants. Les deux études évaluaient l'effet de l'autogestion de l'asthme par téléphonie mobile en le comparant à l'autogestion traditionnelle sur support papier. Une étude permettait aux participants de maintenir les données de leurs symptômes liés à l’asthme, l'utilisation de médicaments pour traiter l'asthme, le débit expiratoire de pointe et la variabilité du débit expiratoire sur leur téléphone portable qui calculait à distance leur niveau de contrôle de l'asthme et présentait les recommandations correspondantes pour autogérer l'asthme. Dans l'autre étude, les participants ont enregistré les mêmes données deux fois par jour et ils recevaient immédiatement sur leur téléphone mobile des suggestions pour une autogestion sous forme de feux de signalisation de trois couleurs. Les participants chutant à deux reprises dans la zone ambrée de leur plan d'action, ou chutant une fois dans la zone rouge, recevaient un appel téléphonique d’une infirmière spécialisée dans le traitement de l'asthme pour connaitre les raisons de l'asthme non-contrôlé.

Résultats principaux

En raison de l’insuffisance d'études incluses et des différences considérables entre elles, nous ne sommes pas parvenus à obtenir de réponses concluantes à notre question de recherche. Une étude a montré que l'utilisation d'un smartphone peut entraîner de meilleurs résultats liés à l'asthme au niveau de la qualité de vie et de la fonction pulmonaire, il permet également de réduire le nombre de visites aux urgences. L'autre étude n'a pas réussi à démontrer d’améliorations significatives dans les critères de jugement liés à l'asthme et suite à l’utilisation d'un smartphone comme un mécanisme de promulgation.

Qualité des preuves

Les preuves actuelles ne sont pas suffisantes pour démontrer aux cliniciens, aux décideurs et aux concitoyens, l’efficacité des smartphones et des tablettes pour la mise en œuvre de programmes d'autogestion de l'asthme.

Ce résumé simplifié est à jour en janvier 2013.

Conclusions des auteurs : 

Les preuves actuelles ne sont pas suffisantes pour démontrer aux cliniciens, aux décideurs et aux concitoyens l’efficacité des smartphones et des tablettes pour la mise en œuvre de programmes d'autogestion de l'asthme. Afin de comprendre l'efficacité des applications en tant qu’interventions autonomes, les recherches futures devraient essayer de minimiser la différence de prise en charge clinique chez les patients entre les groupes témoins et les groupes d'intervention. Ces études évaluant les applications dans le cadre d’interventions complexes et multiples, devraient essayer de déterminer la contribution relative de chaque intervention. Des concepts théoriques utilisés pour orienter le développement de l'intervention pourrait aider à atteindre cet objectif. Enfin, les chercheurs devront également prendre en compte : le rôle des éléments auxiliaires pour modérer les effets observés, la nature saisonnière de l'asthme et l'observance à long terme des pratiques de l’autogestion.

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Contexte : 

L'asthme est l'une des affections à long terme la plus fréquente dans le monde, ce qui exerce une pression considérable sur les patients, les communautés et les systèmes de santé. Les principales directives internationales de pratique clinique recommandent désormais l'inclusion des programmes d'autogestion dans la prise en charge habituelle des patients asthmatiques. Ces programmes ont été associés à de meilleurs résultats chez les patients asthmatiques. Cependant, la mise en œuvre de programmes d'autogestion dans la pratique clinique et leur utilisation par les patients, restent médiocres. De récents progrès en technologie portable, tels que les smartphones et les tablettes, pourraient permettre de développer une prestation d’autogestion qui est extrêmement personnalisable, peu onéreuse et facilement accessible.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité, le rapport coût-efficacité et la faisabilité de l'utilisation de smartphones et de tablettes pour faciliter l’autogestion chez les patients asthmatiques.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre du groupe Cochrane sur les voies respiratoires, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, CINAHL, Global Health Library, Compendex/Inspec/Referex, IEEEXplore, ACM Digital Library, CiteSeer x et des résumés CAB via Web of Knowledge. Nous avons également consulté les registres d'essais en cours et la littérature grise. Nous avons examiné les références bibliographiques de toutes les études primaires et des articles de revue pour obtenir des références supplémentaires. Nous avons recherché des études publiées à partir de 2000. La dernière recherche a été menée en juin 2013.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés en parallèle (ECR) ayant comparé, chez les patients cliniquement diagnostiqués comme étant asthmatiques, les interventions d’autogestion via les smartphones par rapport aux méthodes traditionnelles (telles que le maintien de données liées à l’asthme sur support papier).

Recueil et analyse des données : 

Nous avons utilisé la méthode standard prévue par la Collaboration Cochrane. Nos principaux critères de jugement correspondaient aux scores des symptômes, à la fréquence des visites de soins de santé en raison de crises d'asthme ou de complications et à la qualité de vie liée à la santé.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus deux ECR totalisant 408 participants. Nous n'avons trouvé aucun ECR en groupes, ni aucune étude contrôlée avant et après ou interrompue, qui remplissait les critères d'inclusion pour cette revue systématique. Les deux ECR évaluaient l'effet d'une intervention de l'autogestion de l'asthme, basée sur la téléphonie mobile pour contrôler l'asthme, comparé à une méthode traditionnelle sur support papier. Une étude permettait aux participants de maintenir les données de leurs symptômes liés à l’asthme, l'utilisation de médicaments pour traiter l'asthme, le débit expiratoire de pointe et la variabilité du débit expiratoire sur leur téléphone portable qui calculait à distance leur niveau de contrôle de l'asthme et présentait les recommandations correspondantes pour autogérer l'asthme. Dans l'autre étude, les participants ont enregistré les mêmes données deux fois par jour et ils recevaient immédiatement sur leur téléphone mobile des suggestions pour une autogestion sous forme de feux de signalisation de trois couleurs. Les participants chutant à deux reprises dans la zone ambrée de leur plan d'action, ou chutant une fois dans la zone rouge, recevaient un appel téléphonique d’une infirmière spécialisée dans le traitement de l'asthme pour connaitre les raisons de l'asthme non-contrôlé.

Nous n'avons pas effectué de méta-analyse des données extraites en raison du niveau d'hétérogénéité considérable entre ces études. À la place, nous avons adopté une approche de synthèse narrative. Dans l’ensemble, les résultats n'étaient pas concluants et nous avons jugé que les preuves avaient une évaluation GRADE de faible qualité, car d'autres preuves sont très susceptibles d'avoir un impact important sur notre confiance dans l'estimation de l'effet et sont susceptibles de modifier cette estimation. De plus, il n'y avait pas suffisamment d'informations dans l'une des études incluses afin d’évaluer le risque de biais pour la plupart des domaines. Malgré que l'autre étude incluse soit méthodologiquement rigoureuse, il n'a pas été possible de l’effectuer en aveugle au niveau des participants ou du personnel. En outre, des préoccupations par rapport à un biais d'attrition et d’autres sources de biais sont présentes dans les deux études.

Une étude a montré que l'utilisation d'un smartphone pour une autogestion de l'asthme n'avait aucun effet statistiquement significatif sur les scores de symptômes de l'asthme (différence moyenne (DM) 0,01, intervalle de confiance (IC) à 95% - de 0,23 à 0,25), sur la qualité de vie liée à l'asthme (DM des scores moyens de 0,02, IC à 95% - de 0,35 à 0,39), sur les visites non-planifiées aux urgences (RC 7,20; IC à 95% de 0,37 à 140,76) ou sur la fréquence des admissions à l'hôpital (rapport des cotes (RC) de 3,07, IC à 95% de 0,32 à 29,83). L'autre étude incluse a découvert que l'utilisation d'un smartphone entraînait une augmentation des scores de qualité de vie liée à l'asthme lors du suivi à six mois (DM 5.50, IC à 95% 1,48 à 9,52 pour le score de composante physique du questionnaire SF-12; DM de 6,00, IC à 95% de 2,51 à 9,49 pour le score de composante mentale du questionnaire SF-12), une amélioration de la fonction pulmonaire au bout de quatre mois (DM 27.80, IC à 95% de 4,51 à 51,09), cinq mois (DM 31,40, IC à 95% de 8,51 à 54,29) et six mois (DM 39,20, IC à 95% de 16,58 à 61,82), ainsi qu’une baisse des visites aux urgences pour cause de complications liées à l'asthme (RC 0,20, IC à 95% de 0,04 à 0,99). Les deux études n'ont pas réussi à démontrer de différences statistiques en termes d'adhésion à l'intervention et autres complications liées à l'asthme.

Notes de traduction : 
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