Attelle utilisée pour le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien (SCC) est une pathologie dans laquelle un des deux principaux nerfs passant dans le poignet est comprimé, entrainant une douleur dans la main, le poignet et parfois l'avant-bras, et un engourdissement et des picotements dans le pouce, l'index et le majeur. Le SCC est plus fréquent chez les femmes et les personnes âgées. Beaucoup de gens se soumettent à une intervention chirurgicale pour traiter cette pathologie, bien que parfois d'autres traitements non-chirurgicaux, tels que les attelles, soient proposés. Une attelle implique l'immobilisation du poignet avec un dispositif qui se porte autour du poignet et laisse généralement une liberté de mouvements au niveau des doigts et du pouce. Nous avons effectué des recherches dans les rapports d'études et avons trouvé 19 essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés totalisant 1 190 participants qui évaluaient l'innocuité et l'avantage des attelles pour les personnes avec un SCC. Le risque des biais des études était faible dans certaines études et incertain ou élevé dans d'autres. Une étude de mauvaise qualité suggère que les attelles nocturnes entraînent une amélioration globale supérieure sur le court terme par rapport à l'absence de traitement, mais nous ne pouvons pas affirmer à partir des données si un type d'attelle ou un régime d'utilisation est plus efficace qu'un autre, tout comme nous ne pouvons pas affirmer que les attelles sont plus efficaces que les autres interventions non-chirurgicales pour la SCC (par exemple, les exercices ou les stéroïdes par voie orale). Neuf essais ont mesuré les effets indésirables des attelles et toutes ont montré qu'aucun ou peu de participants ont mentionné un inconfort ou un œdème due à l'attelle. Des recherches supplémentaires doivent être effectuées pour déterminer à quel point les attelles sont efficaces et sûres pour les personnes atteintes du syndrome du canal carpien, sur le long terme en particulier.

Conclusions des auteurs : 

Globalement, les données permettant d'assumer qu'une attelle nocturne est plus efficace que l'absence de traitement sur le court terme sont limitées, mais elles sont insuffisantes quant à l'efficacité et l'innocuité d'un type d'attelle ou d'un régime d'utilisation par rapport aux autres, et d'une attelle par rapport aux autres interventions non-chirurgicales pour le SCC. Des recherches complémentaires sont nécessaires sur les effets à long terme de cette intervention pour le SCC.

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Contexte : 

Le syndrome du canal carpien (SCC) est une pathologie dans laquelle un des deux principaux nerfs passant dans le poignet est comprimé, entrainant une douleur dans la main, le poignet et parfois l'avant-bras, et un engourdissement et des picotements dans le pouce, l'index et le majeur. Les attelles sont généralement proposées aux personnes avec des symptômes légers à modérés. Cependant, l'effet et la durée du bénéfice des attelles pour ce syndrome restent à déterminer.

Objectifs : 

Comparer l'efficacité des attelles pour le syndrome du canal carpien avec l'absence de traitement, un placebo ou une autre intervention non-chirurgicale.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les affections neuromusculaires (10.01.11), CENTRAL, NHSEED et DARE ((The Cochrane Library 2011, numéro 4), MEDLINE (de janvier 1966 à décembre 2011), EMBASE (de janvier 1980 à janvier 2012), AMED (de janvier 1985 à janvier 2012) et CINAHL Plus (de janvier 1937 à janvier 2012), sans aucune limite temporelle. Nous avons effectué une recherche dans les références bibliographiques de tous les essais inclus et toutes les revues pertinentes pour les études concernées supplémentaires.

Critères de sélection : 

Tous les essais randomisés et quasi-randomisés comparant les attelles à l'absence de traitement (ou un placebo) ou à d'autres traitements non chirurgicaux étaient éligibles pour l'inclusion. Nous avons également inclus les études comparant un type ou un régime d'attelle à un autre. Nous avons exclu les études comparant les attelles à un traitement chirurgical. Il n'y avait aucune restriction concernant la langue. Nous avons inclus tous les patients diagnostiqués avec un syndrome du canal carpien sauf s'ils avaient subi une libération chirurgicale.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont indépendamment sélectionné les essais à inclure et extrait les données. Deux auteurs ont indépendamment effectué l'évaluation du risque de biais. Nous avons calculé les mesures d'effet en tant que rapports de risques (RR) pour les résultats dichotomiques et en tant que différences moyennes (DM) pour les résultats continus, avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % et une importance statistique définie comme P < 0,05 pour l'ensemble des comparaisons des résultats.

Résultats principaux : 

La revue comportait 19 études randomisant 1 190 participants avec un syndrome du canal carpien. Deux études comparaient les attelles à l'absence de traitement, cinq comparaient les différentes attelles, une comparait les différents régimes d'utilisation des attelles, sept comparaient les attelles en tant qu'intervention unique à une autre intervention non-chirurgicale et cinq comparaient les attelles proposées conjointement à d'autres interventions non-chirurgicales à une autre intervention non-chirurgicale. Seulement trois études mentionnaient le secret de la séquence d'attribution et une seule mentionnait la mise en aveugle des participants. Trois études mesuraient le résultat principal, l'amélioration globale sur le court terme à trois mois ou moins. Une étude de mauvaise qualité portant sur 80 poignets a démontré que par rapport à aucun traitement, les attelles portées la nuit avaient plus que triplé la probabilité d'une amélioration globale à la fin des quatre semaines de traitement (RR 3,86, IC à 95 % 2,29 à 6,51). Pourtant, l'absence de mise en aveugle des patients et l'assignation secrète incertaine suggèrent que le résultat doit être interprété avec prudence. Un essai quasi-randomisé de très faible qualité portant sur 90 poignets a démontré que le port d'une attelle neutre a plus que doublé la probabilité « d'un soulagement important ou total » à la fin des deux semaines de traitement par rapport à une attelle d'extension (RR 2,43, IC à 95 % 1,12 à 5,28). La troisième étude qui mesurait l'amélioration globale à court terme n'a pas mentionné les données relatives aux résultats séparément par groupe. Neuf études ont mesuré les effets indésirables des attelles et toutes ont démontré que peu ou aucun participant n'a signalé d'inconfort ou d'œdème lié à l'attelle ; toutefois, l'exactitude de tous les RR était très faible. Les différences entre les groupes dans les résultats secondaires - symptômes, fonction et paramètres neurophysiologiques - étaient plus souvent restreintes avec des IC à 95 % incorporant des effets dans une direction ou une autre.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.