Les interventions de prévention du tabagisme ciblant les jeunes autochtones parviennent-elles à empêcher les jeunes autochtones de commencer à fumer ou à utiliser d'autres produits du tabac ?

Dans les populations autochtones, le nombre de fumeurs n'a pas diminué comme dans les populations environnantes. Les jeunes restent particulièrement exposés au risque de commencer à fumer. Les préjudices à la santé qui y sont associés sont inacceptables. Cette étude a constaté qu'il n'y a pas assez de recherche publiée sur l'évaluation de programmes visant à dissuader les jeunes autochtones de commencer à consommer du tabac. L'information issue des deux études incluses dans cette revue (1 505 participants au total, dans les communautés amérindiennes) ne permet pas de déterminer si les programmes de prévention du tabagisme dans les populations autochtones parviennent à dissuader les jeunes autochtones de fumer ou de consommer du tabac sans fumée. La revue met en évidence l'absence de données et le besoin de recherches supplémentaires.

Conclusions des auteurs : 

Sur la base des données disponibles, aucune conclusion ne peut être tirée quant à l'efficacité des initiatives de prévention du tabagisme conçues pour les jeunes autochtones. La revue met en évidence l'insuffisance des données et le besoin de recherches supplémentaires dans ce domaine. La prévalence du tabagisme chez les jeunes autochtones est deux fois plus élevée que dans la population non autochtone, l'initiation au tabac commençant à un âge précoce. C'est ainsi qu'une disparité importante existe au niveau de la santé, faisant que les populations autochtones, une minorité, sont surreprésentées dans la morbidité et la mortalité liées au tabagisme. Des essais méthodologiquement rigoureux sont nécessaires pour examiner les interventions visant à prévenir l'adoption de l'usage du tabac chez les jeunes autochtones et à atténuer les disparités de santé liées au tabac entre les populations autochtones et non autochtones.

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Contexte : 

L'usage du tabac dans les populations autochtones (les gens habitant un pays depuis des milliers d'années) est souvent le double de ce qu'il est dans la population non autochtone. La dépendance à la nicotine commence généralement au début de l'adolescence et les jeunes qui ne sont pas fumeurs à l'âge de 18 ans sont peu susceptibles de le devenir par la suite. Les jeunes autochtones, en particulier, commencent à fumer à un âge précoce, d'où leur part disproportionnée dans la morbidité et la mortalité liées aux substances.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité des programmes d'intervention pour la prévention de l'initiation au tabagisme ou de l'évolution vers un usage régulier du tabac chez les jeunes des populations autochtones et résumer ces approches pour les programmes de prévention et les recherches futurs.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme en novembre 2011 et des recherches supplémentaires dans MEDLINE. Nous avons également recherché des études potentielles dans des bases de données d'essais cliniques et dans des bibliographies de publications.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés et non randomisés visant à prévenir l'initiation au tabagisme ou le passage de l'expérimentation à un usage régulier du tabac chez les jeunes autochtones. Les interventions pouvaient être notamment des initiatives scolaires ou médiatiques, des interventions à composantes multiples au niveau communautaire, des programmes basés sur la famille ou des politiques publiques.

Recueil et analyse des données : 

Les données relatives à la méthodologie, aux participants, aux interventions et aux résultats ont été extraites par un auteur de la revue et vérifiées par un deuxième, tandis que l'information sur le risque de biais a été extraite indépendamment par un groupe de deux auteurs. Les études ont été évaluées par synthèse narrative qualitative car il n'y avait pas suffisamment de données disponibles pour effectuer une méta-analyse. L'applicabilité, l'acceptabilité et le contenu du processus de revue ont été examinés par un australien autochtone (aborigène).

Résultats principaux : 

Deux études remplissaient tous les critères d'éligibilité à l'inclusion dans la revue et une troisième en cours a été identifiée. Les deux études incluses avaient employé des interventions communautaires à composantes multiples adaptées aux spécificités culturelles de la population et étaient centrées sur des populations amérindiennes (1 505 sujets au total). Aucune différence n'avait été observée quant à la consommation hebdomadaire de tabac au bout de 42 mois dans la seule étude ayant évalué ce critère (groupe compétences-communauté versus contrôle : risque relatif [RR] 0,95, IC à 95 % 0,78 à 1,14 ; groupe compétences seules versus contrôle : RR 0,86, IC à 95 % 0,71 à 1,05). Pour l'usage de tabac sans fumée, aucune différence n'a été trouvée entre le groupe compétences-communauté et le groupe de contrôle après 42 semaines (RR 0,93, IC à 95 % 0,67 à 1,30), mais une différence significative a été observée entre le groupe de seules compétences et le groupe de contrôle (RR 0,57, IC à 95 % 0,39 à 0,85). Alors que la deuxième étude avait constaté des changements positifs dans l'usage du tabac dans le groupe de l'intervention au post-test (p < 0,05), cela ne s'était pas maintenu après six mois (changement du score de -0,11 pour le groupe d'intervention et de 0,07 pour le contrôle). Les deux études avaient été considérées comme présentant un risque élevé ou incertain de biais dans au moins sept domaines (sur un total de 10).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.