Comparaison de deux méthodes différentes de retrait du cristallin en chirurgie de la cataracte, particulièrement pertinente pour les contextes à faible revenu

Question de la revue
Quelle est la meilleure façon de retirer le cristallin dans la chirurgie de la cataracte, en particulier dans les contextes à faible revenu ?

Cette revue considère deux façons de retirer le cristallin. Dans la chirurgie de la cataracte à petite incision manuelle (CCPI manuelle), le cristallin est détruit et retiré à travers une petite incision. Dans l'extraction extracapsulaire de la cataracte (EEC), le cristallin est retiré à travers une incision plus grande. L'EEC représente la façon habituelle de réaliser une chirurgie de la cataracte dans les pays à faible revenu.

Contexte
Lorsque les gens vieillissent, le cristallin de l'œil peut devenir trouble - c'est ce qu'on appelle une cataracte. La cataracte est la cause la plus courante de cécité dans le monde. La vision peut être restaurée par une opération dans laquelle le cristallin opacifié est retiré. Le cristallin est remplacé par une lentille en plastique, appelée lentille intraoculaire ou LIO.

Caractéristiques des études
Nous avons trouvé trois essais contrôlés randomisés. Les recherches sont à jour jusqu'au 23 septembre 2014.

Dans ces essais, un total de 953 personnes atteintes de cataracte liée à l'âge en Inde et au Népal ont été assignées au hasard à la CCPI manuelle ou à l'EEC.

Principaux résultats
Les données étaient limitées. Les personnes dont le cristallin avait été retiré par CCPI manuelle étaient plus susceptibles d'obtenir une bonne vision fonctionnelle mais, globalement, pas plus de 50 % des personnes n'avaient récupéré une bonne vision fonctionnelle dans les deux études. Pour 1,2 % des personnes recrutées dans deux essais, la chirurgie avait eu un mauvais résultat (meilleure vision corrigée inférieure à 6/60). Il n'y avait pas de preuve d'une différence quelconque entre les deux groupes en ce qui concerne ce critère de jugement. L'astigmatisme induit par chirurgie était plus fréquent avec la procédure d'EEC qu'avec la CCPI manuelle dans les deux essais qui avaient rendu compte de ce critère de jugement. Dans une étude, il y avait eu plus de complications intra- et postopératoires dans le groupe de CCPI manuelle. Une étude avait rapporté que les coûts des deux procédures étaient similaires.

Qualité des preuves
Nous avons jugé la qualité des preuves comme étant faible ou très faible. Il y avait seulement trois études et nous n'avons pas pu combiner les données en raison de différences dans le compte-rendu et d'incohérences entre les essais, ce qui signifie que certains des résultats étaient imprécis.

Conclusions des auteurs : 

Il n'y a pas d'autres études en provenance de pays autres que l'Inde et le Népal et il n'y a pas suffisamment de données sur le rapport coût-efficacité de chaque procédure. De meilleures preuves seront nécessaires avant de pouvoir mettre en œuvre un quelconque changement. Les études futures devront avoir un suivi à plus long terme et être conduites de manière à minimiser les biais révélés dans cette revue, avec de plus grands effectifs pour permettre l'étude des événements indésirables.

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Contexte : 

La cataracte liée à l'âge consiste en une opacification du cristallin qui se produit suite à la dénaturation des protéines du cristallin. La cataracte liée à l'âge reste la principale cause de cécité dans le monde, sauf dans les pays les plus développés. Une question clé est de savoir quelle est la meilleure façon de retirer le cristallin, en particulier dans les contextes à faible revenu.

Objectifs : 

Comparer deux techniques différentes pour retirer le cristallin dans la chirurgie de la cataracte : chirurgie à petite incision manuelle (CCPI manuelle) et extraction extracapsulaire de la cataracte (EEC).

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre d'essais du groupe Cochrane sur l'ophtalmologie) (2014, numéro 8), Ovid MEDLINE, Ovid MEDLINE In-Process and Other Non-Indexed Citations, Ovid MEDLINE Daily, Ovid OLDMEDLINE (de janvier 1946 à septembre 2014) , EMBASE (de janvier 1980 à septembre 2014), LILACS (Latin American and Caribbean Health Sciences Literature Database) (de janvier 1982 à septembre 2014), CPCI-S (Web of Science Conference Proceedings Citation Index- Science) (de janvier 1990 à septembre 2014), le méta-registre des essais contrôlés (mREC) (www.controlled-trials.com), ClinicalTrials.gov (www.clinicaltrials.gov) ainsi que le système d'enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) (www.who.int/ictrp/search/en). Nous n'avons appliqué aucune restriction concernant la langue ou la date lors des recherches électroniques d'essais. Nous avons consulté les bases de données électroniques pour la dernière fois le 23 septembre 2014.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus uniquement des essais contrôlés randomisés (ECR). Les participants aux essais étaient des personnes atteintes de cataracte liée à l'âge. Nous avons inclus des essais où la CCPI manuelle avec implantation de lentille intraoculaire (LIO) en chambre postérieure était comparée à l'EEC avec implantation de LIO en chambre postérieure.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont recueilli les données de manière indépendante. Nous visions à recueillir des données sur le fait de présenter une acuité visuelle d'au moins 6/12 et une meilleure acuité visuelle corrigée de moins de 6/60, trois mois et un an après la chirurgie. Parmi les autres critères de jugement il y avait notamment les complications peropératoires, les complications à long terme (un an ou plus après la chirurgie), la qualité de vie et le rapport coût/efficacité. Les essais inclus ne fournissaient pas suffisamment de données pour effectuer une méta-analyse.

Résultats principaux : 

Trois essais ayant assigné aléatoirement des personnes atteintes de cataracte liée à l'âge soit à la CCPI manuelle soit à l'EEC ont été inclus dans cette revue (n = 953 participants). Deux essais ont été menés en Inde et un au Népal.Les méthodes des essais, comme la randomisation et l'assignation secrète, n'étaient pas clairement décrites ; un effort pour masquer les évaluateurs de résultats n'a été observé que dans un seul essai. Les trois études avaient rendu compte d'un suivi de six à huit semaines après la chirurgie. Dans deux études, davantage de participants des groupes de CCPI manuelle avaient obtenu une acuité visuelle non corrigée d'au moins 6/12 ou 6/18 que dans les groupes d'EEC, mais, globalement, pas plus de 50 % des personnes n'avaient récupéré une bonne vision fonctionnelle dans les deux études. Pour 1,2 % (10/806) des personnes recrutées dans deux essais, la chirurgie avait eu un mauvais résultat (meilleure vision corrigée inférieure à 6/60) sans aucune preuve d'une différence de risque entre les deux techniques (risque relatif (RR) 1,58 , intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,45 à 5,55). L'astigmatisme induit par chirurgie était plus fréquent avec la procédure d'EEC qu'avec la CCPI manuelle dans les deux essais qui avaient rendu compte de ce critère de jugement. Dans une étude, il y avait eu plus de complications intra- et postopératoires dans le groupe de CCPI manuelle. Une étude avait rapporté que les coûts des deux procédures étaient similaires.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.