Le baclofène pour le syndrome de sevrage alcoolique

Question de la revue

Cette revue a tenté d'évaluer l'efficacité et l'innocuité du baclofène comme traitement du syndrome de sevrage alcoolique (SSA) chez les personnes souffrant d'alcoolisme.

Contexte

Le SSA est une affection éprouvante et potentiellement mortelle qui touche généralement les personnes dépendantes de l'alcool quand elles interrompent ou réduisent leur consommation d'alcool. Les effets les plus courants incluent des tremblements, une agitation, des troubles du sommeil, des cauchemars, des sueurs, un rythme cardiaque élevé, de la fièvre, des nausées, des vomissements, des crises, des hallucinations, une nervosité accrue, des trémulations et des délires. Dans les cas graves, les personnes peuvent perdre connaissance, leur cœur peut s'arrêter, et elles peuvent mourir. Le médicament baclofène a démontré un potentiel pour réduire les symptômes du SSA chez les personnes souffrant d'alcoolisme. Le traitement par baclofène est facile à gérer et ne produit pas d'effets secondaires manifestes. Ceci est une mise à jour de la revue Cochrane initialement publiée dans le numéro 4 de 2015.

Date de la recherche : les preuves sont à jour jusqu'en mars 2017.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données scientifiques pour trouver des essais cliniques comparant le baclofène à un placebo (un traitement factice) ou à un autre médicament potentiellement utile chez les personnes souffrant du SSA. Nous avons inclus trois essais contrôlés randomisés (études cliniques où les participants sont répartis de façon aléatoire dans deux groupes de traitement ou plus) portant sur 141 participants. L'étude effectuée aux États-Unis comparait le baclofène administré sur une période d'au moins 72 heures à un placebo. Les participants étaient principalement des hommes d'une moyenne d'âge de 47 ans. Une étude menée en Italie comparait le baclofène au diazépam (un calmant) sur une période de 10 jours consécutifs. Les participants étaient principalement des hommes d'une moyenne d'âge de 42 ans. L'étude menée en Inde comparait le baclofène et le chlordiazépoxide administrés sur une période de neuf jours. Les participants étaient tous des hommes d'une moyenne d'âge de 38 ans. Aucune de ces études n'était financée par un laboratoire pharmaceutique.

Résultats principaux

Nous ne sommes pas sûrs que le baclofène améliore les symptômes et les signes de sevrage et réduit les effets secondaires, par rapport à un placebo ou à d'autres médicaments, car la qualité des preuves était très faible.

Qualité des preuves

La qualité des preuves issues des études était très faible et les résultats doivent être interprétés avec prudence. À l'avenir, des ECR en double aveugle (où ni les participants ni les chercheurs ne savent quel traitement a été administré avant l'obtention des résultats) bien conçus impliquant un grand nombre de participants sont nécessaires pour tester l'efficacité et la bonne tolérance du baclofène chez les personnes souffrant du SSA.

Conclusions des auteurs : 

Aucune conclusion ne peut être tirée sur l'efficacité et l’innocuité du baclofène pour la prise en charge du sevrage de l'alcool, car les preuves que nous avons trouvées étaient insuffisantes et de très faible qualité.

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Contexte : 

Le baclofène montre un potentiel pour rapidement réduire les symptômes du syndrome de sevrage alcoolique (SSA) grave chez les personnes souffrant d'alcoolisme. Le traitement par baclofène est facile à gérer et produit rarement une euphorie ou d'autres effets agréables, ou de sensation de manque du médicament. Ceci est une mise à jour de la revue Cochrane initialement publiée dans le numéro 4 de 2015.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité et l’innocuité du baclofène pour les personnes souffrant de SSA.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons mis à jour nos recherches effectuées sur les bases de données suivantes jusqu'en mars 2017 : le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les drogues et l'alcool, CENTRAL, PubMed, EMBASE et CINAHL. Nous avons également effectué des recherches dans les registres d'essais en cours. Nous avons effectué des recherches manuelles dans les références citées dans les essais identifiés, et recherché des informations sur des essais non publiés ou non terminés auprès de chercheurs, de laboratoires pharmaceutiques et des auteurs d'essais pertinents. Aucune restriction de langue n'a été appliquée.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus tous les essais cliniques contrôlés randomisés (ECR) évaluant le baclofène par rapport à un placebo ou tout autre traitement pour les personnes souffrant de SSA. Nous avons exclu les essais non contrôlés, non randomisés, ou quasi-randomisés. Nous avons inclus à la fois les études en groupes parallèles et les études croisées.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons utilisé les procédures méthodologiques standard prévues par Cochrane.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus trois ECR portant sur 141 participants randomisés. Nous n'avons pas réalisé de méta-analyse en raison des différences d'intervention témoin. Pour la comparaison du baclofène à un placebo (1 étude, 31 participants), il n'y avait aucune différence significative au niveau du score de sevrage alcoolique CIWA-Ar (Clinical Institute Withdrawal Assessment of Alcohol Scale, Revised) (preuves de très faible qualité). Pour la comparaison du baclofène au diazépam (1 étude, 37 participants), il n'y avait aucune différence significative au niveau du score CIWA-Ar (preuves de très faible qualité), des événements indésirables (différence de risque [DR] 0,00, intervalle de confiance à 95 % [IC] -0,10 à 0,10 ; preuves de très faible qualité), des abandons de l'étude (DR 0,00, IC à 95 % -0,10 à 0,10 ; preuves de très faible qualité), et des abandons d'étude en raison d'événements indésirables (DR 0,00, IC à 95 % -0,10 à 0,10 ; preuves de très faible qualité). Pour la comparaison du baclofène au chlordiazépoxide (1 étude, 60 participants), il n'y avait aucune différence significative au niveau du score CIWA-Ar (différence moyenne [DM] 1,00, IC à 95 % 0,70 à 1,30 ; preuves de très faible qualité), de l'amélioration générale (DM 0,10, IC à 95 % -0,03 à 0,23 ; preuves de très faible qualité), des événements indésirables (DR 2,50, IC à 95 % 0,88 à 7,10 ; preuves de très faible qualité), des abandons de l'étude (DR 0,00, IC à 95 % -0,06 à 0,06 ; preuves de très faible qualité), et des abandons d'étude en raison d'événements indésirables (DR 0,00, IC à 95 % -0,06 à 0,06 ; preuves de très faible qualité).

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Sophie Fleurdépine et révisée par Cochrane France

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