Méthotrexate seul versus méthotrexate en association à d’autres médicaments pour la polyarthrite rhumatoïde


Ce résumé d’une revue systématique Cochrane présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l’effet du méthotrexate associé à d’autres médicaments, par rapport au méthotrexate seul en polyarthrite rhumatoïde (PR).

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde et qu'est-ce que le méthotrexate ?

Chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, le système immunitaire, qui lutte normalement contre les infections, attaque la surface des articulations. Les articulations sont alors enflées, raides et douloureuses. Les petites articulations des mains et des pieds sont en général les premières touchées. Actuellement, il n’existe pas de remède contre la PR. Les traitements visent donc à soulager la douleur et la raideur et à améliorer la capacité de la personne à se déplacer.Des médicaments comme le méthotrexate visent également à prévenir les dommages permanents au niveau des articulations, lesquels peuvent se produire si la PR n'est pas traitée.

Le méthotrexate est un médicament antirhumatismal modificateur de la maladie (DMARD). Le méthotrexate peut traiter la polyarthrite rhumatoïde en réduisant l’activité du système immunitaire.Le méthotrexate est un traitement courant pour la PR et peut être prescrit en association à d’autres médicaments, en particulier chez les patients qui ne connaissent pas d’amélioration avec le méthotrexate seul. Des DMARD comme le méthotrexate sont fournis sous la forme de pastilles, capsules et, parfois, d’injections.

Les résultats de la recherche

Les différences au niveau des symptômes de PR sont probablement minimes voire nulles, que le méthotrexate soit administré en association à d’autres médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) ou seul.

Il pourrait y avoir légèrement plus d’effets secondaires lorsque le méthotrexate est administré en association à d’autres médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) que seul. Les effets secondaires peuvent inclure des problèmes gastriques, des problèmes hépatiques, de l’anémie ou des infections.

Chez les personnes qui n’avaient jamais pris de DMARD,

16 personnes sur 100 ont arrêté de prendre du méthotrexate en raison des effets nocifs ou de l’absence de bénéfice

19 personnes sur 100 (12 à 32) ont arrêté de prendre du méthotrexate en association à un autre DMARD

Chez les personnes n’ayant pas connu d’amélioration avec le méthotrexate,

19 personnes sur 100 ont arrêté de prendre du méthotrexate en raison des effets nocifs ou de l’absence de bénéfice

16 personnes sur 100 (9 à 28) ont arrêté de prendre du méthotrexate en association à un autre DMARD

Chez les personnes n’ayant pas connu d’amélioration avec d’autres DMARD,

35 personnes sur 100 ont arrêté de prendre du méthotrexate en raison des effets nocifs ou de l’absence de bénéfice

26 personnes sur 100 (14 à 47) ont arrêté de prendre du méthotrexate en association à un autre DMARD

En général,

9 personnes sur 100 ont arrêté de prendre du méthotrexate à cause des effets secondaires.

14 personnes sur 100 (10 à 18) ont arrêté de prendre du méthotrexate en association à un autre DMARD

 

Conclusions des auteurs : 

Si l’on tient compte du rapport entre l’efficacité et la toxicité, les preuves de niveau modéré issues de notre revue systématique n'ont montré aucun avantage significatif du point de vue statistique pour la polythérapie de MTX par rapport à la monothérapie. Des essais sont nécessaires pour comparer les doses actuellement utilisées et les polythérapies de MTX.

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Contexte : 

Le méthotrexate (MTX) fait partie des médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) les plus efficaces en polyarthrite rhumatoïde (PR) avec la toxicité la plus faible et la meilleure tolérabilité.

Objectifs : 

Évaluer l’efficacité et la toxicité de la monothérapie de MTX par rapport à la polythérapie de MTX avec des DMARD non biologiques chez des adultes atteints de PR.

Stratégie de recherche documentaire : 

Des essais ont été identifiés dans MEDLINE (1950 à 2009), EMBASE (1980 à 2009), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (jusqu’en 2009), des résumés de réunions scientifiques américains et européens 2005-9, des listes de références de toutes les études pertinentes, des lettres et des articles de revues.

Critères de sélection : 

Essais contrôlés randomisés comparant la monothérapie de MTX versus la polythérapie de MTX et un autre DMARD non biologique, d’une durée minimum de 12 semaines, auprès de patients adultes atteints de PR.

Recueil et analyse des données : 

Deux relecteurs ont identifié indépendamment des études éligibles, extrait les données et évalué le risque de biais des études pertinentes. L’analyse de l’efficacité a été stratifiée en 3 groupes selon l’utilisation préalable de DMARD : naïfs aux DMARD, réponse inadaptée au MTX et réponse inadaptée aux DMARD hors MTX. L’analyse de la toxicité a été stratifiée par association de DMARD et combinée parmi les essais pour chaque association. Notre première analyse prédéfinie se fondait sur les taux globaux d’arrêts prématurés pour l’efficacité et la toxicité.

Résultats principaux : 

Au total, 19 essais (2 025 patients) issus de 6 938 citations ont été regroupés par type de patients randomisés. Les essais sur les patients naïfs aux DMARD n’ont montré aucun bénéfice significatif de la polythérapie ou de la monothérapie de MTX. les arrêts précoces dus au manque d'efficacité ou à la toxicité étaient similaires dans les deux groupes (rapport de risque (RR) 1,16, IC à 95% entre 0,70 et 1,93, différence de risque absolu (DRA) 5%, IC à 95% entre -3% et 13%). Les essais sur les patients répondeurs inadaptés au MTX ou aux DMARD hors MTX n’ont pas non plus montré de différence en termes de taux d’arrêts précoces, entre les groupes de monothérapie au MTX et polythérapie de MTX, avec un RR de 0,86 (IC à 95% entre 0,49 et 1,51), une DRA de -2 %, (IC à 95% entre -13 % et 8 %) et un RR de 0,75 (IC à 95% entre 0,41 et 1,35) et une DRA de -10% (IC à 95% entre -31% et 11%), respectivement. Des réductions significatives de la douleur et une amélioration de la fonction physique (mesurée par le questionnaire d’évaluation de santé ou HAQ) ont été mises en évidence dans le groupe de la polythérapie de MTX, mais uniquement chez les répondeurs inadaptés au MTX (différence de risque absolu -9,72%, IC à 95% entre -14,7% et -4,75% pour la douleur et différence moyenne (DM) -0,28, IC à 95% entre -0,36 et -0,21 (0-3) pour le HAQ).

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