La méthadone pour les douleurs non cancéreuses de longue durée

Les trois études incluses dans notre revue fournissent des données très limitées sur l'efficacité de la méthadone pour les douleurs chroniques non cancéreuses. Nous n'avons pas été en mesure de combiner statistiquement les résultats et, dans chaque étude, la petite taille des effectifs rendait les résultats non fiables. Aucune conclusion ne peut être faite sur des différences relatives à l'efficacité ou aux effets secondaires entre la méthadone et le placebo, d'autres opiacés ou d'autres traitements.

Conclusions des auteurs : 

Les trois études fournissent des données très limitées sur l'efficacité de la méthadone pour les DCNC, et il y avait trop peu de données pour effectuer une analyse regroupée de l'efficacité ou des préjudices, ou pour accorder confiance aux résultats des études prises séparément. Aucune conclusion ne peut être faite sur des différences relatives à l'efficacité ou à l'innocuité entre la méthadone et le placebo, d'autres opiacés ou d'autres traitements.

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Contexte : 

La méthadone appartient à une classe d'analgésiques appelés opiacés qui sont considérés comme la pierre angulaire du traitement pour les douleurs modérées à sévères dues à des maladies engageant le pronostic vital, mais leur utilisation pour les douleurs chroniques non cancéreuses (DCNC) est controversée. La méthadone a de nombreuses caractéristiques qui la différencient des autres opiacés, ce qui laisse penser qu'elle pourrait avoir un profil d'efficacité et d'innocuité différent.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité analgésique et l'innocuité de la méthadone dans le traitement des DCNC.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons identifié des essais contrôlés randomisés (ECR) ainsi que des études non randomisées sur l'utilisation de la méthadone dans la douleur chronique, en recherchant dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library 2011, numéro 11, MEDLINE (de 1950 à novembre 2011) et EMBASE (de 1980 à novembre 2011), ainsi que les références bibliographiques d'articles identifiés et de revues.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des ECR ayant évalué la douleur comme critère de jugement primaire ou secondaire. Nous avons aussi considéré l'inclusion d'études quasi-randomisées, d'essais de cohorte et cas-témoins parce que nous craignions que les effets bénéfiques et néfastes de la méthadone dans les DCNC n'aient pas été correctement traités dans des ECR.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont, de manière indépendante, extrait les données sur l'efficacité et les événements indésirables et évalué le risque de biais.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus deux ECR et une étude non randomisée, portant sur un total de 181 participants. Les deux ECR étaient des études croisées, un portant sur 19 participants atteints de divers syndromes de douleur neuropathique, et l'autre sur 76 participants souffrant de névralgie post-herpétique. Les phases d'étude étaient respectivement de 20 jours et d'environ huit semaines. L'étude non randomisée avait évalué rétrospectivement 86 patients non hospitalisés pendant 8,8 ± 6,3 mois en moyenne.

Un ECR avait rendu compte des valeurs moyennes d'intensité et de soulagement de la douleur et avait constaté des améliorations statistiquement significatives par rapport au placebo pour ces deux critères de résultat, avec des doses quotidiennes de 10 mg et 20 mg de méthadone. Le deuxième ECR avait rendu compte des différences dans la réduction de la douleur entre la méthadone et la morphine et avait trouvé que la morphine était statistiquement supérieure. L'étude non randomisée avait constaté que parmi les patients à qui on avait initialement prescrit de la méthadone celle-ci avait été efficace pour moins de participants que chez ceux à qui on avait initialement prescrit des opiacés à action prolongée (28% contre 42%, 33% et 50% pour la morphine, l'oxycodone et le fentanyl transdermique, respectivement).

Un ECR avait comparé les incidences de différents effets indésirables, mais n'avait constaté de différence entre la méthadone et le placebo que pour un seul type d'événement, les vertiges (P = 0,041).

Notes de traduction : 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Minist�re des Affaires sociales et de la Sant�

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