Le traitement médicamenteux de la rétention urinaire post-opératoire chez l'adulte

L'incapacité d'uriner après une opération chirurgicale est une complication relativement commune. Généralement, ce problème est résolu par l'utilisation d'un cathéter, un tube mince introduit dans la vessie pour permettre à l'urine de se vider. Si l'on pouvait identifier des médicaments qui aident les patients à uriner, cela réduirait le besoin de cathétérisme qui peut être inconfortable et entraîner des complications. Cette revue a cherché des études ayant examiné l'efficacité des médicaments utilisés pour aider les patients à uriner après une opération. Nous avons trouvé quelques études. Il y a certaines preuves que l'introduction dans la vessie d'un agent appelé prostaglandine peut aider les patients à retrouver la capacité d'uriner. Il y a des preuves plus faibles que les médicaments dits anticholinergiques, combinés avec un sédatif, peuvent également aider. Des études supplémentaires doivent être réalisées dans ce domaine.

Conclusions des auteurs : 

Bien qu'il puisse sembler que les agents cholinergiques et la prostaglandine administrée par voie intravésicale soient très prometteurs pour le traitement de la rétention urinaire post-opératoire, les preuves sont faibles. Il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les alternatives pharmacologiques au cathétérisme dans le traitement de cette complication chirurgicale courante.

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Contexte : 

La rétention urinaire post-opératoire, c.-à-d. l'incapacité d'uriner après une intervention chirurgicale bien que la vessie soit pleine, est généralement transitoire mais peut se prolonger dans certains cas. Cela peut entraîner diverses complications, notamment l'infection des voies urinaires, le dysfonctionnement à long terme de la vessie et des lésions rénales conduisant à une néphropathie chronique. Le cathétérisme, généralement considéré comme la méthode de prise en charge optimale, est associé à des risques et il serait donc souhaitable de disposer d'un traitement pharmacologique de la rétention urinaire post-opératoire qui éliminerait ou réduirait le besoin de cathétérisme.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité des médicaments pour le traitement de la rétention urinaire post-opératoire, seuls ou en complément du cathétérisme.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l'incontinence (le 10 février 2010), CENTRAL (2010, numéro 1), MEDLINE (de janvier 1950 à la 1ère semaine de 2010), EMBASE (de janvier 1980 à la 5ème semaine de 2010) et les références bibliographiques d'articles pertinents.

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés dans lesquels au moins un groupe de l'étude recevait un traitement médicamenteux pour la rétention urinaire post-opératoire.

Recueil et analyse des données : 

Les rapports publiés de toutes les études potentiellement éligibles ont été évalués indépendamment par deux auteurs de la revue. Aucune limitation quant à la langue ou à autre chose n'a été imposée. Deux évaluateurs ont utilisé, indépendamment, des formulaires standardisés d'extraction de données qui ont ensuite été recoupés. Quand il n'y avait pas suffisamment de données dans les rapports, les auteurs ont autant que possible été contactés pour obtenir plus d'informations. Le risque de biais dans les essais éligibles a été évalué indépendamment par deux auteurs au moyen de l'outil Cochrane pour risque de biais.

Résultats principaux : 

Les données pour cette revue provenaient de sept études totalisant 494 participants. Les traitements médicamenteux évalués dans les études de la revue étaient des agents cholinergiques, des alpha-bloquants, des sédatifs et des prostaglandines, seuls ou en combinaisons. Aucune association statistiquement significative n'avait été rapportée entre la réussite du traitement ou tout autre critère de résultat, et les agents cholinergiques, les alpha-bloquants ou les sédatifs en monothérapie. Une association statistiquement significative avait été détectée entre la miction réussie et les prostaglandines administrées par voie intravésicale, risque relatif 3,07 (IC 95% 1,22 à 7,72). Une association statistiquement significative avait été détectée entre des agents cholinergiques combinés à des sédatifs et une probabilité plus élevée, par rapport au placebo, de miction spontanée, risque relatif 1,39 (IC 95% 1,07 à 1,82). Une hétérogénéité significative a cependant été observée entre les deux études participant à cette analyse.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.