Promotion de la santé avant la grossesse pour améliorer les résultats cliniques de la mère et de l'enfant

Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, la mauvaise nutrition ou d'autres facteurs du mode de vie peuvent entraîner de mauvais résultats cliniques pour la mère et l'enfant. La promotion de la santé, de façon systématique, (notamment conseils, éducation, et parfois tests de dépistage) avant la conception peut favoriser les changements pour améliorer la santé et peuvent être l'occasion d'identifier des facteurs de risque, tels qu'une infection qui peut être traitée avant le début de la grossesse. La revue porte sur des essais contrôlés randomisés qui ont étudié la promotion de la santé systématique avant la grossesse afin de déterminer si cela changeait les comportements et entraînait une amélioration de la santé de la mère et de l'enfant. Quatre essais sur 2 300 femmes ont été inclus dans la revue. La promotion de la santé dont ont bénéficié les femmes dans ces études variait d'un bref conseil sur un sujet spécifique, à des conseils et une éducation plus généraux, dispensés en plusieurs séances, sur la santé et l'hygiène de vie. Dans seulement une étude les femmes ont été suivies jusqu'à la fin de leur grossesse et il y avait peu de preuves de différences entre les groupes, bien que les bébés nés de femmes ayant bénéficié de la promotion de la santé avaient un poids de naissance légèrement supérieur. Certaines preuves indiquent que les interventions de promotion de la santé ont encouragé les femmes à adopter une hygiène de vie plus saine, notamment des taux plus faibles d'hyperalcoolisation. Dans l'ensemble, les preuves sur les effets sur la mère et l'enfant de la promotion de la santé avant la grossesse sont insuffisantes, et d'autres données probantes sont nécessaires avant de pouvoir recommander sa mise en œuvre à grande échelle.

Conclusions des auteurs : 

Les preuves sont insuffisantes sur les effets de la promotion de la santé avant la grossesse et davantage de recherches sont nécessaires dans ce domaine. Les preuves actuelles sont insuffisantes pour pouvoir recommander la mise en œuvre à grande échelle de la promotion de la santé systématique avant la grossesse, chez les femmes en âge de procréer, que ce soit dans la population générale ou entre les grossesses.

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Contexte : 

On sait qu'un certain nombre de facteurs de risque, potentiellement modifiables, sont associés à de mauvais résultats cliniques lors de la grossesse, par exemple tabagisme, consommation excessive d'alcool et mauvaise alimentation. La promotion de la santé (qui englobe l'éducation, le conseil et l'évaluation de l'état de santé général), de façon systématique, avant la grossesse a été proposée pour améliorer les résultats cliniques de la grossesse, en ce qu'elle favoriserait le changement des comportements, ou permettrait une identification plus précoce des facteurs de risque. Bien que les résultats d'études observationnelles soient encourageants, cette revue examine des preuves issues d'essais contrôlés randomisés sur la promotion de la santé avant la conception.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité de la promotion de la santé systématique avant la grossesse pour améliorer les résultats cliniques de la grossesse par rapport l'absence de soins pré-grossesse ou aux soins habituels.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (février 2009).

Critères de sélection : 

Essais randomisés et quasi-randomisés étudiant les interventions de promotion de la santé qui visent à identifier et à modifier les facteurs de risque avant la grossesse. La revue porte sur toutes les femmes en âge de procréer plutôt que sur celles des groupes à haut risque. Nous n'avons pas inclus les essais dans lesquels les interventions étaient destinées spécifiquement aux femmes présentant des risques médicaux, obstétriques ou génétiques établis, ou recevant déjà un traitement dans le cadre de programmes pour les groupes à haut risque.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont évalué l’éligibilité des essais, et en ont extrait les données, de manière indépendante.

Résultats principaux : 

Quatre essais (2 300 femmes) sont inclus. Les interventions allaient du bref conseil à l'éducation en matière de santé et d'hygiène de vie, dispensée en plusieurs séances. Pour la plupart des critères d'évaluation, les données disponibles provenaient uniquement d'études individuelles. Une seule étude a suivi les sujets pendant toute la grossesse et il n'y avait pas de preuve solide d'une différence entre les groupes en termes de naissance prématurée, d'anomalies congénitales ou d'anomalies de poids par rapport à l'âge gestationnel ; un seul résultat (poids moyen) a atteint un niveau de signification statistique (différence moyenne -97,00, intervalle de confiance (IC) -168,05 à -25,95). Ces résultats doivent être interprétés avec prudence car les données sur les résultats cliniques de la grossesse étaient disponibles pour seulement la moitié des femmes randomisées. Certaines preuves indiquent que les interventions de promotion de la santé ont été associées à un changement positif des comportements de la mère, notamment des taux plus faibles d'hyperalcoolisation (risque relatif 1,24, IC à 95 % 1,06 à 1,44). Dans l'ensemble, peu de recherches ont été menées dans ce domaine et les preuves sont insuffisantes sur les effets de la promotion de la santé avant la grossesse sur les résultats cliniques de celle-ci.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.