Les bêta-bloquants non sélectifs pour le traitement de la pression artérielle élevée

Contexte

Les bêta-bloquants sont une classe de médicaments couramment utilisés pour traiter une pression artérielle élevée. Les bêta-bloquants non sélectifs sont une sous-classe de bêta-bloquants, comme le propranolol (Inderal), le nadolol (Corgard), etc. Nous nous sommes demandés dans quelle mesure cette sous-classe de médicaments diminuait la pression artérielle.

Caractéristiques des études

Nous avons développé une stratégie de recherche documentaire exhaustive de toutes les bases de données scientifiques pertinentes afin d'identifier tous les essais cliniques pour répondre à cette question. Les participants devaient avoir au départ une pression artérielle systolique (chiffre du haut de la mesure de tension) d'au moins 140 mmHg ou une pression artérielle diastolique (chiffre du bas de la mesure de tension) d'au moins 90 mmHg, ou les deux. Nous n'avons pas limité les participants selon l'âge, le sexe, le risque de base ou les autres problèmes médicaux.

Résultats principaux

Nous avons identifié 25 essais cliniques qui comparaient l'effet sur la diminution de la pression artérielle de sept bêta-bloquants non sélectifs par rapport à un placebo chez 1 264 personnes avec une pression artérielle élevée. En moyenne, les bêta-bloquants non sélectifs ont fait baisser la pression artérielle par environ 10 mmHg pour la tension systolique et 7 mmHg pour la tension diastolique, et ont réduit la fréquence cardiaque de 12 battements par minute. Cette estimation est probablement supérieure à l'effet réel en raison de biais dans la conduite et la notification des essais. Nous n'avons pas trouvé de preuves convaincantes que des doses plus élevées de bêta-bloquants non sélectifs diminuaient davantage la pression artérielle que des doses plus faibles. Cependant, des doses plus élevées de bêta-bloquants non sélectifs ont réduit significativement la fréquence cardiaque par rapport à des doses plus faibles, ce qui pourrait entraîner davantage d'effets secondaires. Puisque l'effet de diminution de la pression artérielle est similaire pour la tension systolique et diastolique, l'effet de ce sous-classe de médicaments sur la pression différentielle (la différence entre la pression artérielle systolique et diastolique) était de petite taille à environ 2 mmHg.

Qualité des preuves

La qualité des preuves est faible en raison de la présence de valeurs aberrantes extrêmes et d'un risque élevé de biais.

Conclusions des auteurs : 

Chez les personnes souffrant d'hypertension légère à modérée, les bêta-bloquants non sélectifs ont fait baisser la PA au pic en moyenne de -10/-7 mmHg (systolique/diastolique) et réduit la fréquence cardiaque de 12 battements par minute. Deux médicaments, le propranolol et le penbutolol, ont contribué à la plupart des données pour les bêta-bloquants non sélectifs. Cette estimation est probablement exagérée en raison de la présence de valeurs aberrantes extrêmes et d'autres sources de biais. En retirant les valeurs aberrantes extrêmes de l'analyse, l'estimation pour les bêta-bloquants non sélectifs était plus faible (-8/-5 mmHg (systolique/diastolique)). Les bêta-bloquants non sélectifs, dans la fourchette des doses recommandées, n'ont pas montré une relation dose-effet convaincante pour la PA systolique et diastolique, tandis qu'à doses plus élevées, ils ont apporté une réduction plus importante de la fréquence cardiaque. L'utilisation de bêta-bloquants non sélectifs à doses plus élevées pourrait entraîner davantage d'effets secondaires, tels que la bradycardie, sans produire d'effet supplémentaire sur la diminution de la PA. L'effet des bêta-bloquants non sélectifs sur la pression différentielle était probablement de petite taille, d'environ 2 mmHg.

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Contexte : 

Les bêta-bloquants sont l'une des classes de médicaments fréquemment utilisés pour traiter l'hypertension. La quantification des effets des bêta-bloquants non sélectifs sur la diminution de la pression artérielle (PA) fournit des informations importantes pour aider la prise de décision clinique.

Objectifs : 

Quantifier les effets dose-dépendants des bloquants non sélectifs des récepteurs bêta-adrénergiques (bêta-bloquants) sur la pression artérielle systolique (PAS) et la pression artérielle diastolique (PAD) par rapport à un placebo chez les personnes souffrant d'hypertension primaire.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE et sur ClinicalTrials.gov pour des essais contrôlés randomisés jusqu'à octobre 2013.

Critères de sélection : 

Essais randomisés en double aveugle, contrôlés par placebo, en parallèle ou croisés. Les études devaient contenir un bras de monothérapie par bêta-bloquant non sélectif à dose fixe. Les participants recrutés dans les études devaient avoir au départ une hypertension primaire. La durée des études devait être de trois à 12 semaines.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue (GW et AL) ont de manière indépendante confirmé l'inclusion des études et extrait les données.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 25 ECR qui évaluaient les effets sur la diminution de la PA de sept bêta-bloquants non sélectifs chez 1 264 personnes souffrant d'hypertension. Parmi les 25 ECR, quatre étaient des études en groupes parallèles et 21 des études croisées. Dans l'ensemble, les bêta-bloquants non sélectifs ont diminué la PA systolique et diastolique par rapport à un placebo. Les bêta-bloquants non sélectifs, dans la fourchette des doses recommandées, n'ont pas montré une relation dose-effet convaincante par comparaison directe. Les sous-groupes une (1x) et deux fois (2x) la dose initiale avaient la plus grande taille de l'effectif. L'estimation de l'efficacité des bêta-bloquants non sélectifs dans la diminution de la PA en combinant les sous-groupes 1x et 2x la dose initiale était de -10 mmHg (IC à 95 % -11 à -8) pour la PA systolique et de -7 mmHg (IC à 95 % -8 à -6) pour la PA diastolique (preuves de faible qualité). Les bêta-bloquants non sélectifs commençant à 1x les doses initiales recommandées ont abaissé le rythme cardiaque de 12 battements par minute (IC à 95 % 10 à 13) (preuves de faible qualité). La relation dose-effet de la fréquence cardiaque était manifeste par comparaison directe et indirecte. En raison d'imprécisions, aucune preuve claire n'a été apportée d'un effet des bêta-bloquants non sélectifs sur la pression différentielle dans aucun des sous-groupes aux différentes doses, sauf pour une petite réduction avec 2x la dose initiale (-2,2 mmHg, IC à 95 % -3,7 à -0,7) (preuves de très faible qualité). Les estimations ponctuelles dans les sous-groupes 1x, quatre fois (4x) et huit fois (8x) la dose initiale étaient similaires à celles du sous-groupe 2x la dose initiale. Par conséquent, il semblerait que si les bêta-bloquants non sélectifs diminuent la pression différentielle, l'ampleur en serait d'environ 2 mmHg. Très peu de données (deux études) étaient disponibles sur les arrêts prématurés en raison d'effets indésirables (risque relatif (RR) 0,84 ; IC à 95 % 0,38 à 1,82).

Notes de traduction : 
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