Traitements contre la maladie cutanée de Bowen

La maladie de Bowen est le terme clinique pour une lésion cutanée précancéreuse particulière. Ces lésions provoquent rarement des symptômes chez les patients, mais apparaissent sous la forme de plaques squameuses bien définies sur la peau exposée au soleil, généralement chez les personnes de plus de 60 ans. Elles surviennent davantage chez les femmes et touchent très souvent les jambes des personnes affectées au Royaume-Uni. On ignore pourquoi, mais les endroits du corps le plus souvent touchés varient selon les pays. En général, les personnes atteintes de la maladie de Bowen ont un excellent pronostic, car la maladie est classiquement lente à se développer et réagit favorablement au traitement. Les lésions grossissent souvent lentement et bien qu'elles ne menacent pas le pronostic vital, il existe un faible risque de progression vers un cancer de la peau (estimé à 3 %) appelé carcinome épidermoïde invasif.

Cette revue a tenté de déterminer quel était le traitement le plus efficace contre la maladie cutanée de Bowen, avec le moins d'effets secondaires.

Il existe plusieurs options de traitement, notamment les suivantes : les traitements topiques, tels que les crèmes à base de 5-fluorouracile (5-FU) et les crèmes à base d'imiquimod ; les interventions chirurgicales, telles que l'excision et la chirurgie micrographique de Mohs ; les traitements destructeurs, tels que la cryothérapie (congélation) et les luminothérapies, telles que la thérapie photodynamique (où une crème photosensible est utilisée en combinaison avec la lumière visible).

Nous avons inclus 9 essais contrôlés randomisés, portant sur un total de 363 participants. Aucune étude n'a examiné des méthodes chirurgicales.

La thérapie photodynamique semble être un traitement efficace et présente l'avantage d'entraîner une cicatrice minimale comparé à la cryothérapie ou au 5-fluorouracile. La cryothérapie est pratique et moins coûteuse, mais ne semble pas être aussi efficace que la thérapie photodynamique et entraîne davantage de cicatrices ; l'acide 5-aminolévulinique avec la thérapie photodynamique (AAL-TPD) semble être plus efficace que le 5-fluorouracile, tandis que l'aminolévulinate de méthyle avec une thérapie photodynamique (ALM-TPD) ne semble pas aussi efficace que le 5-fluorouracile. Une étude a démontré un bénéfice avec la crème à base d'imiquimod.

Il est impossible d'établir des recommandations précises à partir de ces données, cette revue ne peut donc pas fournir de conclusions solides concernant l'efficacité comparative des traitements. Il est impératif que les futures recherches se concentrent sur un certain nombre d'études différentes comparant diverses thérapies entre elles et en particulier à des traitements chirurgicaux pour fournir des preuves de grande qualité afin d'orienter la pratique clinique. Le groupe d'âge, le nombre et la taille des lésions, les zones touchées et l'état immunitaire peuvent tous influer sur les choix thérapeutiques. Un suivi à plus long terme (jusqu'à 10 ans) est nécessaire pour déterminer l'effet des traitements sur le risque d'évolution des lésions de la maladie de Bowen en carcinome épidermoïde.

Conclusions des auteurs : 

Globalement, il y a eu très peu de recherches de bonne qualité sur les traitements contre la maladie de Bowen. Il existe peu de preuves issues d'études uniques suggérant que l'ALM-TPD est un traitement efficace. Bien que les résultats cosmétiques semblent en faveur de la TPD, des données de suivi à cinq ans sont nécessaires. Un nombre significativement plus important de lésions ont disparu avec l'ALM-TPD comparé à la cryothérapie. Il n'a été observé aucune différence significative lorsque l'ALM-TPD a été comparé au 5-FU, mais une étude a trouvé une différence significative en termes de disparition des lésions en faveur de l'AAL-TPD comparé au 5-FU. Il n'y a eu aucune différence significative en termes de disparition des lésions lorsque la cryothérapie a été comparée au 5-FU.

Le manque de données de qualité concernant la chirurgie et les traitements par des crèmes topiques a limité la portée de cette revue à une revue portant principalement sur des études des TPD. Le groupe d'âge, le nombre et la taille des lésions, la (les) zone(s) touchée(s) peuvent tous influer sur le choix thérapeutique ; cependant, les preuves disponibles ont été insuffisantes pour fournir des indications à ce sujet. Plus d'études doivent être réalisées dans les populations immunodéprimées, car des options thérapeutiques différentes peuvent être préférables. Il est impossible d'établir des recommandations précises à partir des données de cette revue, nous ne pouvons donc pas fournir de conclusions solides concernant l'efficacité comparative des traitements.

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Contexte : 

La maladie de Bowen est le terme clinique pour le carcinome épidermoïde in situ de la peau. Les lésions cutanées se présentent comme des plaques érythémateuses squameuses, bien définies, essentiellement asymptomatiques, sur une peau exposée au soleil. En général, les personnes atteintes de la maladie de Bowen ont un excellent pronostic, car classiquement la maladie évolue lentement et réagit favorablement au traitement. Les lésions sont persistantes et peuvent être progressives, avec un faible potentiel (estimé à 3 %) d'évolution en carcinome épidermoïde invasif. L'efficacité relative des traitements disponibles n'est pas connue pour la maladie de Bowen et cette revue tente d'établir quelle est l'intervention la plus efficace, avec le moins d'effets secondaires, contre la maladie cutanée de Bowen.

Objectifs : 

Évaluer les effets d'interventions thérapeutiques contre la maladie cutanée de Bowen.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons cherché dans les bases de données suivantes jusqu'à septembre 2012 : le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la peau, CENTRAL dans The Cochrane Library (2012, numéro 9), MEDLINE (à partir de 1946), EMBASE (à partir de 1974), PsycINFO (à partir de 1806) et LILACS (à partir de 1982). Nous avons également consulté les registres d'essais en ligne. Nous avons examiné les bibliographies des études et revues incluses et exclues afin de trouver d'autres références à des essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés évaluant des interventions utilisées dans la maladie de Bowen, de préférence confirmée histologiquement.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont indépendamment sélectionné les études et évalué leur qualité méthodologique.

Résultats principaux : 

Les critères de jugement principaux étaient la disparition complète des lésions après le premier cycle de traitement et le taux de récidive à 12 mois. Nos critères de jugement secondaires incluaient le nombre de lésions qui disparaissaient après chaque cycle de traitement, le nombre de cycles de traitement nécessaires pour obtenir une disparition, les taux de récidive à > 12 mois, le résultat cosmétique, l'évaluation de la qualité de vie et les critères de jugement indésirables rapportés à la fois par le participant et le clinicien.

Nous avons inclus 9 études totalisant 363 participants. Une étude a démontré une augmentation statistiquement significative de la disparition des lésions de la maladie de Bowen avec l'ALM-TPD (aminolévulinate de méthyle avec une thérapie photodynamique) comparé au placebo-TPD (RR (risque relatif) 1,68, IC (intervalle de confiance) à 95 % 1,12 à 2,52 ; n = 148) ou à la cryothérapie (RR 1,17, IC à 95 % 1,01 à 1,37 ; n = 215), mais il n'y a eu aucune différence significative lorsque l'ALM-TPD a été comparé au 5-FU (5-fluorouracile). Une étude a démontré une augmentation statistiquement significative de la disparition des lésions avec l'AAL-TPD (acide 5-aminolévulinique avec la thérapie photodynamique) versus 5-FU (RR 1,83, IC à 95 % 1,10 à 3,06 ; n = 66), mais aucune différence statistiquement significative en termes de taux de récidive à 12 mois (RR 0,33, IC à 95 % 0,07 à 1,53).

La cryothérapie n'a montré aucune différence statistiquement significative en termes de taux de disparition (RR 0,99, IC à 95 % 0,78 à 1,26) ou de récidives à 1 an (RR 1,48, IC à 95 % 0,53 à 4,17) comparé au 5-FU dans 1 étude portant sur 127 participants.

Une étude a comparé l'imiquimod à un placebo et a démontré une augmentation statistiquement significative des taux de disparition dans le groupe de l'imiquimod (9/15 lésions) comparé au placebo (0/16) (valeur P exacte de Fisher < 0,001). Le groupe de l'imiquimod n'a rapporté aucune récidive à 12 mois, mais à 18 mois, 2/16 participants dans le groupe du placebo ont développé un carcinome épidermoïde invasif au stade précoce.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.