Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase, comme le finastéride ou le dutastéride, réduisent les risques de cancer de la prostate chez les hommes faisant un dépistage de routine du cancer de la prostate.

Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase ont du potentiel en tant qu'agents chimiopréventifs. La diminution des cas de cancer de la prostate était similaire entre les groupes raciaux, les groupes d'âge (65 ans ou plus par rapport aux groupes d'âge plus jeune) et ceux avec ou sans antécédents familiaux de cancer de la prostate. Cette diminution du nombre de cancers de la prostate se limitait aux hommes qui présentaient un taux initial d'antigène prostatique spécifique (APS) inférieur à 4,0 ng/ml. Toutefois, l'administration d'inhibiteurs de la 5-alpha réductase peut également accroître les risques de cancer de la prostate de haut grade chez les hommes faisant un dépistage du cancer de la prostate. D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer si l'administration d'inhibiteurs de la 5-alpha réductase peut réduire le cancer de la prostate chez les hommes ne faisant pas de dépistages réguliers du cancer de la prostate. D'autres études devront également déterminer si les inhibiteurs de la 5-alpha réductase peuvent diminuer le nombre de décès et de décès par cancer de la prostate et mieux évaluer les risques de développement d'un cancer de la prostate à haut grade.

Conclusions des auteurs : 

Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase réduisent les risques de cancer de la prostate, mais peuvent accroître les risques de maladie de grade élevé chez les hommes faisant un dépistage régulier du cancer de la prostate par le biais de l'antigène prostatique spécifique et d'un examen rectal numérique. Les effets sont homogènes quels que soient la race, les antécédents familiaux, l'âge et, éventuellement, les I5AR mais ils se limitaient aux hommes dont les valeurs initiales de l'APS étaient < 4,0 ng/ml. L'impact des I5AR sur les taux absolus ou relatifs du cancer de la prostate chez les hommes ne faisant pas un dépistage régulier reste indéterminé. Les informations disponibles sont inadéquates pour évaluer l'impact des I5AR sur la mortalité.

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Contexte : 

Les inhibiteurs de la 5-alpha réductase (I5AR) sont fréquemment administrés pour traiter les symptômes gênants des voies urinaires inférieures liés à une hyperplasie prostatique bénigne et à une alopécie androgénique masculine. Ils ont du potentiel en tant qu'agents chimiopréventifs.

Objectifs : 

Nous avons cherché à évaluer l'efficacité et les risques des I5AR dans la prévention du cancer de la prostate.

Stratégie de recherche documentaire : 

MEDLINE, PreMEDLINE et the Cochrane Collaboration Library ont fait l'objet de recherches jusqu'en avril 2007 afin d'identifier des essais randomisés.

Critères de sélection : 

En ce qui concerne les résultats du cancer de la prostate, nous avons inclus des essais contrôlés randomisés d'une durée minimale d'1 an et publiés après 1984. En ce qui concerne les résultats des cancers autres que de la prostate, des essais randomisés ont été inclus, à condition : que leur durée s'étende sur au moins 6 mois et qu'ils aient été publiés après 1999.

Recueil et analyse des données : 

Le critère de jugement principal était la période de prévalence du cancer de la prostate « par cause ». « Par cause » correspond à un cancer de la prostate cliniquement détecté à partir de symptômes, d'un examen rectal numérique anormal ou détecté suite à une valeur anormale de l'antigène prostatique spécifique. Les essais étaient classés du long (> 2 ans), au moyen (1 à 2 ans) et court (< 1 an) terme.

Résultats principaux : 

Neuf essais rapportaient la période de prévalence du cancer de la prostate. Trois essais utilisant le finastéride s'étendaient sur une durée de quatre ans ou plus, mais un seul (l'essai de prévention du cancer de la prostate) était spécifiquement conçu pour évaluer l'impact des I5AR pendant la période de prévalence du cancer de la prostate. L'âge moyen des personnes recrutées était de 64,6 ans, 91 % étaient caucasiens et l'APS moyen était de 2,1 ng/ml. Les cancers de la prostate par cause représentaient 54 % de l'ensemble des cancers détectés. Le finastéride était associé à une diminution du risque relatif de 26 % des cancers de la prostate détecté par cause parmi l'ensemble des sujets randomisés (risque relatif 0,74 (IC à 95 % 0,67 à 0,83) ; réduction absolue du risque = 1,4 % (3,5 % contre 4,9 %). Six essais évaluaient les cancers de la prostate généralement détectés avec une réduction relative groupée de 26 % en faveur des I5AR (risque relatif 0,74 (IC à 95 % 0,55 à 1,00) ; réduction absolue de 2,9 % (6,3 % contre 9,2 %). Des réductions étaient observées quel que soit l'âge, la race ou les antécédents familiaux de cancer de la prostate, mais pas chez les hommes avec un APS initial > 4,0 ng/ml. Davantage de tumeurs avec un score de Gleason élevé (7 à 10 ou 8 à 10) apparaissaient chez les hommes prenant du finastéride dans l'essai de prévention du cancer de la prostate. Les troubles de la fonction sexuelle ou érectile ou les effets endocriniens étaient plus fréquents avec le finastéride par rapport à un placebo.

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