Urate oxydase pour la prévention et le traitement de complications dues à une lyse massive (destruction) de cellules tumorales chez des enfants atteints d'un cancer

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Le syndrome de lyse tumorale se produit lorsque de l'acide urique et d'autres substances cellulaires sont rapidement libérés dans le système circulatoire en cas de destruction spontanée de cellules tumorales ou pendant le traitement. La solubilité de l'acide urique est faible (se dissout difficilement). Par conséquent, il peut se précipiter dans les reins et provoquer une insuffisance rénale, voire la mort. L'urate oxydase est une enzyme pouvant être administrée à des patients susceptibles de contracter un syndrome de lyse tumorale afin de transformer l'acide urique en un produit plus soluble, l'allantoïne, qui peut être excrété plus facilement par les reins. Par conséquent, l'urate oxydase peut aider à prévenir ou à traiter le syndrome de lyse tumorale chez des patients présentant des tumeurs malignes. Toutefois, la revue systématique actuelle d'essais cliniques contrôlés (randomisés) a trouvé que malgré l'efficacité de l'urate oxydase à réduire les niveaux d'acide urique sérique, il n'a pas diminué l'insuffisance rénale ou la mortalité liée au syndrome de lyse tumorale chez des enfants atteints d'un cancer.

Conclusions des auteurs : 

Bien que l'urate oxydase soit efficace à réduire l'acide urique sérique, on ignore toujours s'il entraîne une baisse de la mortalité ou de l'insuffisance rénale. Les cliniciens devront peser les effets bénéfiques éventuels liés à la diminution de l'acide urique et les éventuels effets bénéfiques liés à la prévention de l'insuffisance rénale ou de la mortalité due au SLT au regard des risques d'effets indésirables potentiels.

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Contexte : 

Le syndrome de lyse tumorale (SLT) est une complication grave de tumeurs malignes et peut entraîner une insuffisance rénale ou la mort. Des rapports préliminaires suggèrent que l'urate oxydase est très efficace à réduire l'acide urique sérique. On ignore s'il existe des preuves probantes pour recommander son utilisation systématique chez des enfants présentant des malignités.

Objectifs : 

Nous avions pour objectif de déterminer l'efficacité et l'innocuité de l'urate oxydase dans la prévention et dans le traitement du SLT chez des enfants présentant des malignités.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches exhaustives dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library numéro 2, 2009), MEDLINE (de 1966 à 2009), EMBASE (de 1980 à 2009) et CINAHL (de 1982 à 2009).

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) et des essais cliniques contrôlés (ECC) évaluant l'urate oxydase pour la prévention ou le traitement du SLT chez des enfants âgés de moins de 18 ans présentant des tumeurs malignes.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait des données des essais et évalué la qualité méthodologique des essais individuels. Nous avons utilisé le risque relatif (RR) pour les données binaires et la différence moyenne (DM) pour les données continues.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus cinq essais, impliquant 336 patients, dans les groupes de traitement et 458 patients dans les groupes témoins. Un ECR et trois ECC comparaient l'urate oxydase et l'allopurinol. Deux essais testaient l'Uricozyme et deux autres testaient la rasburicase pour la prévention du SLT. L'ECR ne montrait aucune différence significative au niveau de la mortalité ou de l'insuffisance rénale entre le traitement et les groupes témoins. La fréquence de normalisation de l'acide urique (RR 19,09, IC à 95 % 1,28 à 285,41) et l'aire sous la courbe de l'acide urique (DM - 201, IC à 95 % - 258,05 à - 143.95) montraient une amélioration significative dans le groupe de traitement. Un patient a développé une hémolyse. Un ECC a signalé une baisse significative de la mortalité due au SLT (RR 0,05, IC à 95 % 0,00 à 0,89) et une baisse de l'incidence de l'insuffisance rénale (RR 0,13, IC à 95 % 0,05 à 0,35) dans le groupe de traitement. Un autre ECC a trouvé une baisse significative de l'acide urique dans le groupe de traitement au bout de 72 heures (DM - 98,33, IC à 95 % - 170,66 à - 26) et 168 heures (DM - 103,67, IC à 95 % - 179,00 à - 28,34). Tous les essais inclus sont très susceptibles de biais.

Un autre ECR inclus, composé de 30 patients, comparait différentes doses de rasburicase (0,2 mg/kg contre 0,15 mg/kg) et démontrait une efficacité similaire à réduire l'acide urique. Des événements indésirables se sont produits chez 20 % des patients, notamment : une hémolyse, une hypersensibilité et une anémie.

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