Les programmes administrés à l'aide d'un téléphone mobile peuvent-ils aider à arrêter de fumer ?

Contexte

Le téléphone mobile est de plus en plus utilisé comme outil pour favoriser un mode de vie sain. Nous avons voulu déterminer s’il pouvait servir à aider les gens à arrêter de fumer. Nous avons examiné les données probantes sur l’effet des programmes de sevrage tabagique administrés par téléphone portable pour les personnes qui veulent arrêter de fumer.

Caractéristiques de l'étude

À la date d’avril 2015, nous avons trouvé 12 études que nous avons pu inclure dans notre revue. Ces études portaient sur 11 885 patients qui étaient suivis afin de déterminer s’ils parvenaient à arrêter de fumer et s’ils ne fumaient toujours pas six mois plus tard.

Principaux résultats

La combinaison des informations de toutes les études montre que les fumeurs participant aux programmes de soutien étaient environ 1,7 fois plus susceptibles de ne pas avoir repris que les fumeurs qui n’avaient pas bénéficié des programmes (9,3 % ont arrêté avec les programmes contre 5,6 % sans les programmes). La plupart des études concernaient des programmes fonctionnant principalement à l’aide de messages en texte (SMS).

Qualité et exhaustivité des preuves

Nous sommes modérément confiants dans les résultats de cette revue. Cependant, toutes les études ont été menées dans des pays à revenus élevés et utilisaient principalement des messages en texte, de sorte que ces résultats pourraient ne pas être confirmés dans des pays plus pauvres ou avec d’autres types de programmes utilisant le téléphone mobile. Il n’y avait pas d’essais publiés d’« applications » pour smartphone pour aider à arrêter de fumer qui remplissaient nos critères d’inclusion.

Conclusions des auteurs : 

Les données probantes actualisées suggèrent un effet bénéfique des interventions de sevrage tabagique par téléphone mobile sur les critères d’évaluation de l’abstinence à six mois. Bien que toutes les études aient été de bonne qualité, le fait que les études comportant une vérification biochimique aient mis en évidence une probabilité encore plus grande d’abstinence tend à confirmer les résultats positifs. Cependant, il convient de noter que la plupart des études incluses étaient des interventions par SMS dans des pays à revenus élevés, dotés de politiques bien conçues de lutte contre le tabagisme. La prudence est donc de mise si l’on veut généraliser leurs résultats en dehors de ce type d’intervention et de contexte.

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Contexte : 

La téléphonie mobile est de plus en plus accessible partout dans le monde, plus que les lignes de téléphonie fixe, les ordinateurs fixes et Internet. Le téléphone portable constitue donc un moyen approprié et efficace d'administrer l’aide au sevrage tabagique dans certains contextes. Cette revue met à jour les données probantes sur l’efficacité des interventions de sevrage tabagique par téléphone mobile.

Objectifs : 

Déterminer si les interventions de sevrage tabagique par téléphone mobile augmentent le taux de sevrage parmi les fumeurs qui veulent arrêter de fumer.

Stratégie de recherche documentaire : 

Pour la mise à jour la plus récente, nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme en avril 2015. Nous avons également consulté le UK Clinical Research Network Portfolio pour trouver des projets en cours au Royaume-Uni et le registre ClinicalTrials.gov pour identifier les études en cours ou récemment terminées. Nous avons effectué des recherches dans les références bibliographiques des études identifiées et tenté de contacter les auteurs d’études en cours. Nous n’avons appliqué aucune restriction concernant la langue ou la date de publication.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais randomisés ou quasi-randomisés. Les participants étaient des fumeurs de tout âge qui souhaitaient arrêter de fumer. Les études examinaient tous les types d’intervention de sevrage tabagique par téléphone mobile, autrement dit toutes les interventions destinées aux utilisateurs de téléphones portables, comportant une administration par téléphone mobile et utilisant des fonctions ou applications pouvant être utilisées ou transmises à l’aide d’un téléphone mobile.

Recueil et analyse des données : 

Les auteurs de la revue ont extrait les informations sur le risque de biais et les détails méthodologiques à l’aide d’un formulaire standardisé. Nous avons considéré que les participants ayant abandonné en cours d’essai ou perdus de vue avaient recommencé à fumer. Nous avons calculé les risques relatifs (RR) et les intervalles de confiance (IC) à 95 % pour chaque étude incluse. La méta-analyse des études incluses a été effectuée selon la méthode à effets fixes de Mantel-Haenszel. Lorsqu’une méta-analyse n’était pas possible, nous avons présenté un résumé narratif et des statistiques descriptives.

Résultats principaux : 

Cette mise à jour de recherche a identifié 12 études avec des critères de sevrage tabagique à six mois, dont sept études terminées depuis la précédente revue. Les interventions consistaient principalement en l’envoi de messages de texte, mais plusieurs combinaient messages de texte et visites en personne ou bilan initial. Dans le cadre de deux études, des téléphones portables prépayés ont été remis à des personnes à faibles revenus positives pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ; dans un cas, l’intervention se limitait à un conseil par téléphone, dans l’autre elle comportait également des rappels par SMS. Une étude utilisait des messages en texte comportant un lien vers des messages en vidéo. Les programmes de contrôle variaient considérablement. Les études ont été regroupées selon les critères d’évaluation : certaines donnaient des critères de mesure de l’abstinence ou des mesures répétées de la prévalence ponctuelle, d’autres donnaient l’abstinence en termes de prévalence ponctuelle à 7 jours. Le regroupement des 12 études sur la base des mesures les plus rigoureuses à 26 semaines a donné un RR de 1,67 (IC à 95 % de 1,46 à 1,90 ; I2= 59 %). Dans six études, le sevrage était vérifié par des mesures biochimiques au bout de six mois (RR 1,83 ; IC à 95 % de 1,54 à 2,19).

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Suzanne Assénat et révisée par Cochrane France

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