Supplémentation précoce en nourriture et liquides pour les nourrissons allaités en bonne santé et nés à terme

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Le lait maternel fournit naturellement ce qui est nécessaire à la croissance, à la protection et au développement des bébés. Il est également important pour la santé et le bien-être de la mère. L'allaitement exclusif consiste en la consommation de lait maternel par le nourrisson sans supplémentation d'aucun type (eau, jus, lait non-humain ou autre aliment). La supplémentation précoce peut avoir pour effet de diminuer la production de lait en raison d'un moindre tirage de lait du sein, de rendre difficile la mise en place d'un allaitement efficace et de réduire la confiance de la mère dans sa capacité à allaiter avec succès par le renforcement d'une croyance négative que le lait humain ne serait pas suffisant pour un bébé. Malgré la vaste généralisation des recommandations en faveur d'un allaitement maternel exclusif pendant quatre, et plus récemment six mois, la pratique courante ne semble souvent pas refléter ces recommandations, suggérant ainsi que la supplémentation aurait des avantages perceptibles. Nous avons examiné des études qui portaient sur la supplémentation en liquides dans les premières semaines ou la supplémentation en aliments entre quatre à six mois d'âge. Nous avons identifié six études randomisées contrôlées, impliquant 814 femmes et leurs bébés et comparant l'allaitement maternel exclusif à l'allaitement maternel supplémenté en liquides ou en aliments.

Pour les études réalisés chez des enfants dans les premiers jours après la naissance, deux essais, incluant un total de 200 mamans, n’ont pas trouvé de bénéfice en faveur d’une supplémentation en eau ou en eau glucosée mais un risque plus élevé d’arrêter précocément l'allaitement maternel due à cette courte supplémentation en eau ou en eau glucosée. Pour les nourrissons recevant des suppléments de nourriture entre quatre à six mois, nous n'avons pas trouvé suffisamment de données de bonne qualité dans les deux essais identifiés pour conclure si une bénéfice existe à donner au nourrisson des aliments supplémentaires, ni s'il y a des risques provenant de changements au niveau de la morbidité ou du poids.

Les essais cliniques onté été conduits 1982 et 1999. Deux ont été réalisés au Honduras et un dans chacun des pays suivants : Espagne, Nigéria, États-Unis et Royaume-Uni. Il pourrait aujourd'hui être considéré comme non éthique de mener une étude dans laquelle des enfants choisis aléatoirement recevraient une supplémentation aux seules fins de l'étude..

Cette revue n'a trouvé aucune donnée s’opposant aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé et les autres associations internationales de santé qui préconisent , comme politique générale, un allaitement maternel exclusif sans supplémentation de liquides ou d'aliments pendant les six premiers mois suivant la naissance.

Conclusions des auteurs : 

Nous n'avons pas été capables d'évaluer pleinement les bénéfices et les inconvénients de la supplémentation ou de déterminer l'impact du calendrier et du type de supplémentation. .

Nous n'avons pas trouvé de bénéfice pour les nouveau-nés mais de possibles effets négatifs sur la durée de l'allaitement, du fait d'une brève supplémentation en eau ou en eau glucosée. Pour les nourrissons de quatre à six mois, nous n'avons trouvé aucun bénéfice de la supplémentation en aliments, ni aucun risque lié à des changements de la morbidité ou du poids. Des études futures devraient examiner les effets à plus long terme sur les nourrissons et les mères, bien que la randomisation de la supplémentation pour des nourrissons sans nécessité médicale puisse être considérée comme contraire à l'éthique.

Nous n'avons trouvé aucune donnée s’opposant aux recommandations d’associations internationales de santé qui préconisent un allaitement maternel exclusif pour les nourrissons sains pendant les six premiers mois.

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Contexte : 

Les organismes de santé encouragent de manière généralisée l'allaitement exclusif pendant six mois. Cependant, l'ajout d'autres liquides ou aliments avant six mois est une pratique courante dans de nombreux pays et milieux. Cette pratique suggère que la supplémentation précoce a des avantages perceptibles ou qu'il y a un manque de conscience sur ses possibles risques.

Objectifs : 

Évaluer les bénéfices et les inconvénients de la supplémentation chez les nourrissons allaités, en bonne santé et nés à terme, et examiner le calendrier et le type de supplémentation.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais du groupe Cochrane sur la grossesse et l'accouchement (1er mars 2011) et dans les bibliographies de tous les articles pertinents trouvés.

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés portant sur des nourrissons âgés de moins de six mois et comparant l'allaitement exclusif à un allaitement supplémenté en aliments ou en liquides

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont sélectionné les essais de manière indépendante ; trois ont extrait les données et évalué les risques de biais.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus six essais (814 enfants). Deux essais ayant présenté des données sur les premiers jours après la naissance n'ont pas montré de bénéfice à la supplémentation en boissons. Pour ce qui concerne la durée de l'allaitement maternel, on a observé une différence significative en faveur d'un allaitement exclusif jusqu'à la 20ème semaine comprise (risque relatif (RR) 1,45 ; intervalle de confiance (IC) à 95% 1,05 à 1,99), indiquant que la supplémentation pouvait contribuer à réduire la durée.

Concernant la morbidité infantile (trois essais), un essai incluant des nouveau-nés a trouvé une différence statistiquement, mais non cliniquement, significative au niveau de la température à 72 heures (DM 0,10 degrés ; IC 95% 0,01 à 0,19) et aussi que les niveaux de glucose sériques étaient plus élevés chez les nourrissons supplémentés en glucose dans les premières 24 heures, mais pas à 48 heures (DM -0,24 mmol/l ; IC 95% -0,51 à 0,03). Deux essais sur des nourrissons âgés de quatre à six mois n'ont révélé aucun bénéfice de la supplémentation jusqu'à 26 semaines, ni aucun risque lié à des changements au niveau de la morbidité ou du poids.

Aucun des essais n'a fourni de données sur les autres critères principaux que sont la mortalité infantile ou l'ictère physiologique

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