Traitement de l'amblyopie (œil paresseux) au moyen d'un bandeau ou de gouttes / médicaments

L'amblyopie (appelée « œil paresseux ») est un problème courant dans l'enfance, défini comme une acuité visuelle déficiente dans l'un ou les deux yeux, sans présence démontrable d'une anomalie sur la voie optique et non corrigeable de manière instantanée par le port de lunettes. Le traitement de l'amblyopie commence généralement par la prescription de lunettes nécessaires pour la correction des erreurs de réfraction visuellement importantes, suivie par l'encouragement à utiliser l'œil amblyope. Cette revue systématique visait à faire la synthèse des meilleures données disponibles concernant l'efficacité et l'innocuité de deux options de traitement différentes utilisées pour forcer l'utilisation de l'œil amblyope : l'occlusion classique (patch) et la pénalisation par atropine (gouttes). L'occlusion classique consiste à cacher l'œil non amblyope au moyen d'un patch opaque pendant un certain nombre d'heures par jour. La pénalisation à l'atropine implique l'instillation de sulfate d'atropine pour brouiller la vision de l'œil voyant le mieux.

Nous avons inclus trois essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés totalisant 525 yeux amblyopes. Les résultats de trois essais (dont un de bonne qualité méthodologique) laissent apparaître que tant l'occlusion classique que la pénalisation par atropine améliorent l'acuité visuelle à court terme (six mois) et à long terme (24 mois) dans l'œil amblyope après démarrage du traitement. Les résultats de cette revue montrent que la pénalisation par atropine est aussi efficace que l'occlusion classique, bien que le degré d'amélioration obtenu différait entre les trois essais. Bien que les deux traitements aient été bien tolérés, l'observance était meilleure avec la pénalisation par atropine. La pénalisation par atropine peut être utilisée comme traitement de première ligne de l'amblyopie.

Conclusions des auteurs : 

L'occlusion classique et la pénalisation par atropine génèrent toutes deux une amélioration de l'acuité visuelle de l'œil amblyope. La pénalisation par atropine s'avère aussi efficace que l'occlusion classique, bien que l'ampleur de l'amélioration obtenue différait entre les trois essais. La pénalisation par atropine peut être utilisée comme traitement de première ligne de l'amblyopie.

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Contexte : 

L'amblyopie est définie comme une acuité visuelle déficiente dans l'un ou les deux yeux, sans présence démontrable d'une anomalie sur la voie optique et non corrigeable de manière instantanée par le port de lunettes.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'occlusion classique versus la pénalisation par atropine pour l'amblyopie.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, LILACS, le système d’enregistrement international des essais cliniques de l’OMS, des listes de préférences, le Science Citation Index et les essais en cours jusqu'à juin 2009.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés ayant comparé l'occlusion classique à la pénalisation par atropine pour l'amblyopie.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont indépendamment passé au crible les résumés et les textes intégraux des publications, extrait les données et évalué les risques de biais.

Résultats principaux : 

Trois essais totalisant 525 yeux amblyopiques ont été inclus. Un de ces essais a été jugé à faible risque de biais et un autre a été considéré comme présentant un risque de biais élevé.

Les résultats de trois essais suggèrent que la pénalisation par atropine est aussi efficace que l'occlusion classique. Un essai avait constaté une amélioration similaire de la vision à six et 24 mois. À six mois, l'acuité visuelle de l'œil amblyope s'était améliorée de 3,16 lignes dans le groupe à occlusion et de 2,84 lignes dans celui à atropine (différence moyenne 0,034 logMAR ; intervalle de confiance (IC) à 95% 0,005 à 0,064 logMAR). À 24 mois, une amélioration supplémentaire avait été observée dans les deux groupes, mais il n'y avait toujours pas de différence significative (différence moyenne 0,01 logMAR ; IC à 95% -0,02 à 0,04 logMAR). Le second essai avait rendu compte que l'atropine était plus efficace que l'occlusion. À six mois, l'acuité visuelle s'était améliorée de 1,8 lignes dans le groupe à patch et de 3,4 lignes dans le groupe à pénalisation par atropine, avec avantage donc à l'atropine (différence moyenne -0,16 logMAR ; IC à 95% -0,23 à -0,09 logMAR). Des modalités d'occlusion différentes avaient été utilisées dans ces deux essais. Le troisième essai était entaché de défauts méthodologiques inhérents et il n'a été possible d'en tirer que des conclusions limitées.

Aucune différence au niveau de l'alignement oculaire, de l'acuité stéréo et de l'acuité visuelle de l'œil sain n'avait été observée entre l'occlusion et la pénalisation par atropine. Bien que les deux traitements aient été bien tolérés, l'observance était meilleure avec l'atropine. La pénalisation par atropine coûte moins cher que l'occlusion classique. Les résultats indiquent que la pénalisation par atropine est aussi efficace que l'occlusion classique.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.