Palipéridone orale dans le traitement de la schizophrénie

La palipéridone, 9-hydroxy-rispéridone, est un métabolite actif de la rispéridone qui est aujourd’hui disponible dans le commerce en formulation orale. Nous avons évalué l'efficacité, les effets indésirables et l’innocuité de la palipéridone orale dans le traitement des patients schizophrènes et atteints de troubles schizophréniformes. Dans les études à court terme, la palipéridone est un antipsychotique plus efficace que le placebo. Les effets indésirables de la palipéridone sont similaires à ceux de la rispéridone. Aucune donnée comparant l'efficacité de la palipéridone à celle de la rispéridone sur une période de temps significative n'était disponible dans le cadre de cette revue ; dans un essai d’une durée de six jours qui comparait la palipéridone à la rispéridone, nous n'avons identifié aucune différence en termes de récurrence des symptômes psychotiques ou d’effets indésirables. Le fabricant développe également une formulation intramusculaire à action prolongée, mais elle n'est pas encore commercialisée ; son utilisation dans le traitement de la schizophrénie sera évaluée dans une revue séparée.

Conclusions des auteurs : 

Dans les études à court terme, la palipéridone orale est un antipsychotique plus efficace que le placebo. Ses effets indésirables semblent similaires à son composé apparenté, la rispéridone, avec des troubles du mouvement, une prise de poids et une tachycardie plus fréquents sous palipéridone que sous placebo. Bien qu’aucune différence n’ait été observée en termes d’incidence des résultats sexuels indésirables, la palipéridone est associée à une augmentation substantielle de la prolactine sérique. Lorsqu’elle est utilisée à des doses de 6 mg par jour ou plus, la palipéridone orale semble comparable en termes d'efficacité à l'olanzapine 10 mg/jour. Une seule étude d'une durée de six jours ne rapportait ni avantage ni désavantage de la palipéridone par rapport à la rispéridone. Lorsqu'elle est administrée en doses flexibles avec d'autres psychotropes disponibles, elle semble être comparable en efficacité à des doses flexibles de quétiapine avec d'autres psychotropes disponibles.

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Contexte : 

La palipéridone, un métabolite actif de la rispéridone, est aujourd’hui disponible en formulation orale pour un usage quotidien ; une formulation intramusculaire pour une administration mensuelle est attendue dans un avenir proche. La palipéridone orale n’est disponible commercialement qu’en formulation à libération prolongée, qui a été utilisée dans tous les essais cliniques que nous avons examinés dans cette revue.

Objectifs : 

Comparer les effets de la palipéridone orale par rapport à d'autres traitements chez les patients atteints de schizophrénie ou de troubles schizophréniformes.

Stratégie de recherche documentaire : 

Le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (novembre 2008) a été examiné, et les références bibliographiques des études identifiées ont été inspectées afin d’identifier d'autres essais. Nous avons contacté les fabricants de la palipéridone, la Food and Drug Administration et les auteurs des essais pertinents afin d’obtenir des informations supplémentaires.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons sélectionné les études indépendamment, les avons évaluées de manière critique, avons extrait les données et les avons analysées sur une base d'intention de traiter. Lorsque cela était possible et approprié, nous avons calculé les risques relatifs (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % avec le nombre de sujets à traiter (NST). Nous avons calculé les différences moyennes pondérées (DMP) pour les données continues.

Résultats principaux : 

Huit études incluant 2 567 participants comparaient de la palipéridone à un placebo. Moins de patients abandonnaient l'étude prématurément lorsqu'ils étaient randomisés pour de la palipéridone (n = 1 926, 7 ECR, RR de 0,68, IC entre 0,61 et 0,75, NST de 7, IC entre 6 et 10), et ceux qui recevaient n’importe quelle dose de palipéridone étaient plus susceptibles de ressentir une amélioration de leur état global (n = 1 420, 4 ECR, RR de 0,69, IC entre 0,63 et 0,75, NST de 5, IC entre 4 et 6). Les patients randomisés pour de la palipéridone étaient moins susceptibles de présenter une récurrence de la psychose (n = 1 918, 7 ECR, RR de 0,47, IC entre 0,34 et 0,66, NST de 17, IC entre 14 et 26) que ceux sous placebo. La palipéridone était associée à une incidence supérieure de la tachycardie par rapport au placebo (n = 1 638, 5 ECR, RR de 1,88, IC entre 1,28 et 2,76, NNN de 21, IC entre 11 et 90) et à une élévation homogène et significative de la prolactine sérique (ng/ml) tant chez les hommes (n = 413, 4 ECR, DMP de 27,68, IC entre 23,66 et 31,69) que chez les femmes (n = 252, 4 ECR, DMP de 87,39, IC entre 74,27 et 100,51). Les patients sous palipéridone étaient plus susceptibles de présenter des troubles extrapyramidaux (n = 1 680, 6 ECR, RR de 2,27, IC entre 1,31 et 3,95, NNN de 28, IC entre 12 et 111) et une prise de poids (n = 769, 4 ECR, DMP 1,07, IC entre 0,65 et 1,49, I2 de 78 %) par rapport à ceux sous placebo.

Trois études incluant 1 692 participants comparaient de la palipéridone à de l’olanzapine 10 mg/jour. Aucune différence n’était observée entre la palipéridone et l'olanzapine concernant les arrêts prématurés (n = 1 332, 3 ECR, RR de 1,04, IC entre 0,89 et 1,21 ; ~40 % des participants des deux groupes abandonnaient l’étude dans les six semaines). Les patients recevant n’importe quelle dose de palipéridone n'étaient pas plus susceptibles de présenter une récurrence des symptômes psychotiques que ceux sous olanzapine (n = 1 327, 3 ECR, RR de 1,07, IC entre 0,64 et 1,76). Les données de ces trois études indiquaient que la palipéridone était associée à moins de variation de poids que l'olanzapine (n = 660, 3 ECR, DMP de -0,88, IC entre -1,38 et -0,37). Les résultats des différents troubles du mouvement étaient tous favorables à l'olanzapine.

Une étude d'une durée inférieure à une semaine comparait de la palipéridone à de la rispéridone. Lorsque les participants sous palipéridone étaient comparés aux participants recevant 4 mg/jour de rispéridone dans cette étude de courte durée, nous n'avons observé aucune différence significative en termes de récurrence des symptômes psychotiques ou d’incidences des effets indésirables.

Une étude comparait de la palipéridone, à une dose moyenne de 9,8 mg par jour, à de la quétiapine à une dose moyenne de 599,1 mg par jour pendant six semaines. Les patients sous palipéridone étaient moins susceptibles de quitter l'étude prématurément (n = 314, 1 ECR, RR de 0,64, IC entre 0,44 et 0,93, NST de 9, IC entre 6 et 43). Aucune différence significative n’était observée en termes de récurrence des symptômes psychotiques (n = 317, 1 ECR, RR de 0,65, IC entre 0,29 et 1,45, NST de 52, IC non significatif). Les participants sous palipéridone étaient plus susceptibles de présenter une hypertonie (n = 317, 1 ECR, RR de 3,19, IC entre 1,31 et 7,77, NNN de 13, IC entre 4 et 86) et des tremblements (n = 317, 1 ECR, RR de 2,60, IC entre 1,39 et 4,88, NNN de 9, IC entre 4 et 34).

Il n'existe aucune information claire concernant la palipéridone orale en termes de fonctionnement social, d’utilisation des services, de qualité de vie, de satisfaction des patients ou de coût.

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