Comparaison de l'oxygénothérapie à l'air ambiant pour les femmes enceintes à faible risque subissant une césarienne de convenance sous anesthésie locale

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L'administration d'une oxygénothérapie aux femmes enceintes durant une césarienne planifiée sous anesthésie péridurale ou rachianesthésie a été recommandée dans la pratique clinique pour des raisons liées au fœtus (bébé à naître). On pensait qu'elle apportait au fœtus une réserve supplémentaire d'oxygène qui l'aiderait à supporter une privation d'oxygène peropératoire ou postnatale imprévue. Des études précédentes ont montré que cela apportait une meilleure oxygénation de la mère et du fœtus en termes de saturation en oxygène (une mesure de la quantité d'oxygène contenue dans le sang), de PaO2 (pression d'oxygène dans le sang) et de pH (une mesure de l'acidité ou de l'alcalinité), mais aucune preuve claire concernant les critères d'évaluation cliniques pour le fœtus n'a été obtenue.

Cette revue Cochrane a examiné les résultats de 10 études ayant porté sur 683 femmes enceintes en bonne santé arrivées à terme et programmées pour recevoir une césarienne de convenance sous anesthésie locale. Les études comparaient des critères d'évaluation chez la mère et le nouveau-né lorsque les femmes enceintes recevaient une oxygénothérapie versus de l'air ambiant. L'oxygène a été administré aux femmes de différentes manières. Les dispositifs d'apport d'oxygène comprenaient une canule nasale, de simples masques faciaux, un masque pourvu d'un ballon réservoir et des dispositifs d'oxygénothérapie à haut débit. La concentration en oxygène administrée à chaque femme variait d'environ 20 % à 100 %, selon le débit d'oxygène.

Aucun cas de faibles taux d'oxygène problématiques chez la mère ou le nouveau-né n'a été rapporté, bien qu'aucune des 10 études ne se concentrait sur les changements de saturation en oxygène chez la mère.

Globalement, les résultats de notre revue suggèrent que les femmes enceintes recevant une oxygénothérapie comparée à de l'air ambiant avaient une saturation en oxygène (trois essais) et une pression partielle en oxygène dans le sang artériel (cinq essais) significativement supérieures, ainsi qu'une pression partielle en oxygène dans l'artère ombilicale et la veine ombilicale significativement supérieure (huit et dix essais, respectivement). Cependant, il n'a été constaté aucune différence en termes de mesures systématiques du bien-être du fœtus (scores Apgar) lorsque les mères qui recevaient une oxygénothérapie étaient comparées à celles n'en recevant pas. Deux essais ont rapporté un plus grand nombre de marqueurs de radicaux libres (indiquant peut-être un stress dû à un excès d'oxygène) chez les mères et les fœtus lorsqu'une oxygénothérapie était administrée, mais on en ignore l'importance. Globalement, nous n'avons trouvé aucune preuve convaincante confirmant que l'administration d'oxygène dans cette situation était bénéfique ou nocive pour la mère ou le fœtus.

Conclusions des auteurs : 

Les preuves actuelles suggèrent qu'une oxygénothérapie administrée à des femmes enceintes en bonne santé arrivées à terme durant une césarienne de convenance sous anesthésie locale est associée à de plus fortes concentrations en oxygène chez la mère et le nouveau-né (SpO2, PaO2, UaPO2 et UvPO2 de la mère) et à des taux supérieurs de radicaux libres oxygénés. Cependant, l'intervention n'a été ni bénéfique ni nocive concernant les critères de jugement cliniques à court terme des nouveau-nés, tels qu'évalués par les scores Apgar.

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Contexte : 

L'oxygénothérapie est administrée systématiquement aux femmes enceintes à faible risque lors d'une césarienne de convenance sous anesthésie locale ; cependant, les critères de jugement maternels et fœtaux n'ont pas été établis correctement.

Objectifs : 

L'objectif principal était de déterminer si une oxygénothérapie administrée aux femmes enceintes à faible risque, arrivées à terme, subissant une césarienne de convenant sous anesthésie locale pouvait prévenir la désaturation de la mère et du nouveau-né. L'objectif secondaire était de comparer les valeurs moyennes des taux de gaz dans le sang de la mère et du nouveau-né entre les mères ayant reçu une oxygénothérapie et celles n'en ayant pas reçu (groupe témoin).

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library, numéro 2, 2012), les bases de données MEDLINE (de 1948 à février 2012) et EMBASE (de 1980 à février 2012). Nous n’avons imposé aucune restriction concernant la langue.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés portant sur des femmes enceintes à faible risque subissant une césarienne de convenance sous anesthésie locale et avons comparé les critères de jugement avec et sans oxygénothérapie.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont extrait les données, évalué la qualité méthodologique et procédé à des analyses en sous-groupe et à des analyses de sensibilité de façon indépendante.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 10 essais totalisant 683 participants. L'administration d'une oxygénothérapie a varié de façon importante entre les essais en termes de dose et de durée. Il n'a été rapporté aucun cas de désaturation de la mère, bien qu'aucune des 10 études ne se concentrait sur ce critère. Des différences significatives ont été constatées en termes de saturation en oxygène de la mère (supérieure avec l'oxygène, N = trois essais ; différence moyenne (DM) 1,6 %, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,8 à 2,3, P < 0,0001), de PaO2 de la mère (pression d'oxygène dans le sang ; supérieure avec l'oxygène, N = six essais ; DM 141,8 mm Hg, IC à 95 % 109,3 à 174,3, P < 0,00001), de UaPO2 du nouveau-né (sang de l'artère ombilicale du fœtus ; supérieur avec l'oxygène, N = huit essais ; DM 3,3 mm Hg, IC à 95 % 1,8 à 4,9, P < 0,0001) et de UvPO2 (sang de la veine ombilicale du fœtus ; supérieur avec l'oxygène, N = 10 essais ; DM 5,9 mm Hg, IC à 95 % 3,2 à 8,5, P < 0,0001). Aucune différence significative n'a été rapportée en termes de UapH du nouveau-né (N = huit essais ; DM 0,00, IC à 95 % -0,01 à 0,00, P = 0,26) et de scores Apgar moyens à une minute (N = cinq essais ; DM 0,07, IC à 95 % -0,20 à 0,34, P = 0,6) et à cinq minutes (N = cinq essais ; DM 0,00, IC à 95 % -0,06 à 0,05, P = 0,91).

Seuls deux essais sur 10 présentaient de faibles risques de biais dans toutes les catégories. Lorsque nous avons séparé les études selon qu'elles présentaient des risques de biais faibles ou élevés, nous avons trouvé une hétérogénéité statistique substantielle. Aucune des études à faible risque n'a montré de différence significative en termes de UaPO2 du nouveau-né entre les deux groupes d'intervention, tandis que les études à haut risque ont montré un bénéfice pour le groupe sous oxygène pour les nouveau-nés.

La concentration en radicaux libres oxygénés (malondialdéhyde (MDA) et 8-isoprostane) a été supérieure chez les participantes qui recevaient une oxygénothérapie (N = deux essais ; DM 0,2 µmol/L, IC à 95 % 0,1 à 0,4, P = 0,0002 ; DM 64,3 pg/mL, IC à 95 % 51,7 à 76,8, P < 0,00001, respectivement).

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