Metformine chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques pour améliorer la fertilité

Objectif de la revue : Le but de cette revue Cochrane était de déterminer l'efficacité et la sécurité de la metformine, un agent insulino-sensibilisant, pour améliorer les résultats de la procréation médicalement assistée (PMA), en particulier, les taux de naissances vivantes et de grossesses cliniques, chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) subissant un traitement de fécondation in vitro (FIV).

Contexte : Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) se caractérise par une anomalie chronique ou une absence d'ovulation (anovulation) et une production excessive d'hormones mâles (hyperandrogénisme). Les principaux symptômes de ce trouble sont des cycles menstruels irréguliers, l'infertilité, l'hirsutisme et l'acné. Cette affection est l'endocrinopathie la plus courante chez les femmes, et touche environ 5 à 10 % des femmes en âge de procréer.

Caractéristiques des études : Cette revue inclut neuf essais contrôlés randomisés portant sur un total de 816 femmes qui ont été randomisées pour recevoir la metformine (411) ou un placebo/aucun traitement (405). Les essais ont été réalisés dans la République tchèque, l'Italie, la Jordanie, la Norvège, la Turquie et le Royaume-Uni. Les preuves sont à jour jusqu'à octobre 2014.

Principaux résultats : Lorsque la metformine a été comparée à un placebo ou à l'absence de traitement, aucune preuve concluante n'a été trouvée d'une différence entre les groupes dans les taux de naissances vivantes, mais les taux de grossesse étaient plus élevés dans le groupe sous metformine et le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO) était inférieur. Nous avons estimé que pour une femme ayant une chance de 32 % de parvenir à une naissance vivante en utilisant un placebo ou un autre traitement, les chances avec la metformine seraient entre 28 % et 53 %. Pour une femme ayant une chance de 31 % de parvenir à une grossesse clinique sans metformine, les chances avec la metformine se situeraient entre 32 % et 49 %. Pour une femme avec un risque de 27 % de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO) sans metformine, le risque correspondant avec la metformine serait entre 6 % et 15 %. Les effets secondaires (surtout gastro-intestinaux) étaient plus fréquents dans le groupe sous metformine, bien que seulement quatre études aient rapporté ce résultat.

Qualité des preuves : La qualité globale des preuves était modérée pour les critères de grossesse clinique, SHSO et fausse couche, et faible pour les autres critères. Ces preuves étaient limitées principalement par l'imprécision et l'incohérence.

Conclusion : Nous n'avons trouvé aucune preuve concluante que le traitement par metformine avant ou pendant les cycles de PMA ait amélioré les taux de naissances vivantes chez les femmes atteintes de SOPK. Cependant, l'utilisation de cet agent insulino-sensibilisant a augmenté les taux de grossesses cliniques et diminué le risque de SHSO.

Conclusions des auteurs : 

Cette revue n'a trouvé aucune preuve concluante que le traitement par metformine avant ou pendant les cycles de PMA ait amélioré les taux de naissances vivantes chez les femmes atteintes de SOPK. Cependant, l'utilisation de cet agent insulino-sensibilisant a augmenté les taux de grossesses cliniques et diminué le risque de SHSO.

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Contexte : 

L'utilisation d'agents insulino-sensibilisants, comme la metformine, chez les femmes atteintes du syndrome ovarien polykystique (SOPK) faisant l'objet d'une induction médicale de l'ovulation ou de cycles de fécondation in vitro (FIV) a été largement étudiée. La metformine réduit l'hyperinsulinémie et supprime la production ovarienne excessive d'androgènes. En conséquence, il a été suggéré que la metformine pourrait améliorer les résultats des techniques de procréation médicalement assistée (PMA), tels que le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO) ou les taux de grossesse et de naissances vivantes.

Objectifs : 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité de la metformine, en tant que traitement associé dans le cadre d'une FIV ou d'une injection intracytoplasmique de sperme (IICS), dans l'obtention d'une grossesse ou d'une naissance vivante chez les femmes atteintes du SOPK.

Stratégie de recherche documentaire : 

Le registre d'essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane), MEDLINE, EMBASE, LILACS, le méta-registre des essais contrôlés et les listes bibliographiques des articles ont fait l'objet de recherches (jusqu'au 15 octobre 2014).

Critères de sélection : 

Types d'études : essais contrôlés randomisés (ECR) comparant un traitement par metformine à un placebo ou à l'absence de traitement chez des femmes atteintes du SOPK ayant suivi un traitement par FIV ou IICS.

Types de participants : femmes en âge de procréer présentant une anovulation due au SOPK avec ou sans facteurs de stérilité coexistants.

Types d'interventions : metformine administrée avant et pendant un traitement par FIV et IICS.

Types de mesures de résultats : taux de naissances vivantes, taux de grossesses cliniques, taux de fausses couches, incidence du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHSO), incidence d'effets secondaires signalés par les participantes, taux d'estradiol sérique le jour du déclenchement, taux d'androgènes sériques et taux d'insuline et de glucose à jeun.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les études, extrait les données en suivant le protocole et évalué la qualité méthodologique des études. La qualité globale des données a été évaluée au moyen de méthodes GRADE.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus neuf essais contrôlés randomisés portant sur un total de 816 femmes atteintes de SOPK. Lorsque la metformine a été comparée à un placebo, aucune preuve claire n'a été trouvée d'une différence entre les groupes dans les taux de naissances vivantes (RC 1,39, IC à 95 % de 0,81 à 2,40, cinq ECR, 551 femmes, I2 = 52 %, preuves de faible qualité). Nos résultats suggèrent que pour une femme avec une chance de 32 % de parvenir à une naissance vivante en utilisant un placebo ou un autre traitement, les chances avec le traitement par metformine seraient entre 28 % et 53 %.

Lorsque la metformine a été comparée à un placebo ou à l'absence de traitement, les taux de grossesses cliniques étaient plus élevés dans le groupe sous metformine (RC 1,52 ; IC à 95 % de 1,07 à 2,15 ; huit ECR, 775 femmes, I2 = 18 %, preuves de qualité modérée). Cela suggère que pour une femme avec une chance de 31 % de parvenir à une grossesse clinique en utilisant un placebo ou aucun traitement, les chances avec un traitement par metformine seraient entre 32 % et 49 %.

Le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne était inférieur dans le groupe sous metformine (RC 0,29 ; IC à 95 % de 0,18 à 0,49, huit ECR, 798 femmes, I2 = 11 %, preuves de qualité modérée). Cela suggère que pour une femme avec un risque de SHSO de 27 % sans metformine, le risque correspondant avec un traitement par metformine serait entre 6 % et 15 % .

Les effets secondaires (surtout gastro-intestinaux) étaient plus fréquents dans le groupe sous metformine (RC 4,49, IC à 95 % de 1,88 à 10,72, quatre ECR, 431 femmes, I2 = 57 %, preuves de faible qualité).

La qualité globale des preuves était modérée pour les critères de grossesse clinique, SHSO et fausse couche, et faible pour les autres critères. Ces preuves étaient limitées principalement par l'imprécision et l'incohérence.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Cochrane France

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