Les lois interdisant de fumer réduisent-elles l'exposition au tabagisme passif et le tabagisme ?

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On constate une augmentation du nombre de pays et d'États instaurant des mesures anti-tabac, qui interdisent de fumer ou limitent l'autorisation de fumer dans les lieux publics et professionnels. La raison principale concernant l'adoption de ces mesures consiste à protéger les non-fumeurs des effets nocifs sur la santé liés à l'exposition au tabagisme passif. Une autre raison consiste à fournir un environnement propice aux personnes qui souhaitent arrêter de fumer. Cinquante études ont été incluses dans cette revue. Les lois d'interdiction de fumer ont réduit l'exposition au tabagisme passif. Il n'y avait aucun changement au niveau de l'exposition au tabagisme passif dans les voitures particulières après l'application des lois d'interdiction de fumer. Il n'y avait aucun changement au niveau de l'exposition au tabagisme passif (TP) signalé au domicile. Il y a moins de données mesurant la prévalence du tabagisme et le comportement des fumeurs, celles-ci rapportant une absence de changement ou une tendance en baisse. Il existe des preuves rapportant une amélioration de la santé des personnes concernées par la loi d'interdiction de fumer suite à son application, surtout en termes d'hospitalisation pour crise cardiaque.

Conclusions des auteurs : 

L'introduction d'une loi d'interdiction de fumer diminue l'exposition au tabagisme passif. Les travailleurs du secteur de l'hôtellerie et de la restauration constataient une diminution accrue de l'exposition au TP après l'application de l'interdiction par rapport à la population générale. Il existe des preuves limitées concernant l'impact sur le tabagisme actif, mais la tendance est à la baisse. Il existe des preuves concernant une amélioration des résultats sur la santé. Les preuves les plus probantes concernent une diminution du nombre d'hospitalisations pour le traitement du syndrome coronaire aigu. On constate une augmentation du soutien à l'interdiction et à son respect après la mise en place de la législation.

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Contexte : 

Les lois d'interdiction de fumer sont appliquées dans des environnements variés et font partie du cadre légal de nombreux pays afin de protéger le public et les salariés des effets nocifs du tabagisme passif (TP). Elles permettent également d'influencer les normes sociales et le comportement des fumeurs au sein des populations concernées.

Objectifs : 

Évaluer dans quelle mesure les lois interdisant de fumer ou restreignant l'autorisation de fumer réduisent l'exposition au TP, aident les fumeurs à réduire leur consommation de tabac ou à diminuer la prévalence tabagique et ont un effet sur la santé de ceux situés dans des zones où une loi d'interdiction ou de restriction est en vigueur.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme, MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, CINAHL, Conference Paper Index, ainsi que dans les listes de références et les bibliographies des études incluses. Nous avons également consulté les sites Internet de plusieurs organisations. Date des recherches les plus récentes : 1er juillet 2009.

Critères de sélection : 

Nous avons pris en compte les études signalant des lois d'interdiction de fumer et de restrictions d'autorisation de fumer appliquées à la population. Ces études devaient explicitement inclure une interdiction et un suivi de six mois au minimum afin d'évaluer le tabagisme. Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés, des études quasi-expérimentales (études contrôlées non randomisées), des études contrôlées avant - après, des séries temporelles interrompues comme définies par le groupe Cochrane sur l'efficacité des pratiques et l'organisation des soins, ainsi que des données non contrôlées avant et après l'interdiction.

Recueil et analyse des données : 

Les caractéristiques et le contenu des interventions, les participants, les résultats et les méthodes des études incluses ont été extraits par un auteur et vérifiés par un deuxième. Étant donné l'hétérogénéité du plan et du contenu des études, nous n'avons pas réalisé de méta-analyse. Nous avons évalué les études à l'aide d'une synthèse narrative qualitative.

Résultats principaux : 

Cinquante études étaient incluses dans cette revue. Trente-et-une études examinaient l'exposition au tabagisme passif (TP) qui était mesurée à l'aide de biomarqueurs dans 19 d'entre elles. Il y avait des preuves probantes selon lesquelles les lois d'interdiction de fumer réduisaient l'exposition au TP dans les lieux de travail, les restaurants, les cafés, ainsi que dans les lieux publics. Il y avait une diminution significative de l'exposition au TP chez les travailleurs du secteur de l'hôtellerie et de la restauration par rapport à la population générale. Nous n'avons pas détecté de différence au niveau de l'exposition au TP signalé dans les voitures. Il n'y avait aucun changement au niveau de la prévalence ou de la durée de l'exposition au TP signalées au domicile suite à l'application des lois d'interdiction de fumer. Vingt-trois études rapportaient des mesures du tabagisme actif, souvent sous la forme d'une covariable plutôt qu'un critère de jugement en soi, sans aucune preuve probante d'une diminution de la prévalence du tabagisme attribuable à l'interdiction. La consommation totale de tabac était en baisse dans les études où la prévalence déclinait. Vingt-cinq études signalaient des indicateurs sanitaires comme critère de jugement. Des symptômes respiratoires et sensoriels signalés étaient mesurés dans 12 études, dont cinq d'entre elles mesuraient la fonction pulmonaire. Il y avait des preuves probantes concernant une diminution du nombre d'hospitalisations pour des événements cardiaques, ainsi que l'amélioration d'un certain nombre d'indicateurs sanitaires après l'application de l'interdiction.

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