L'artésunate réduit la mortalité du paludisme grave

Le paludisme grave survient lorsque l'infection par le parasite du paludisme est compliquée par une insuffisance grave des principaux organes du corps ; il est responsable de plus d'un million de décès chaque année. Le paludisme grave est parfois associé à un coma ; on parle alors de paludisme cérébral. Suite à un paludisme cérébral, une petite proportion d'enfants souffriront à long terme d'invalidité neurologique.

Cette revue d'essais cliniques a évalué l'efficacité de l'artésunate en comparaison avec le traitement standard à la quinine. Huit essais portant sur 1 664 adultes et 5 765 enfants ont été identifiés, provenant de sites d'étude en Asie et en Afrique.

En Asie, le traitement des adultes à l'artésunate plutôt qu'à la quinine éviterait environ 94 décès supplémentaires pour 1 000 patients traités. Dans les essais portant sur des enfants, la proportion de décès était plus faible que dans les essais impliquant des adultes. Ce plus faible risque de décès a pour conséquence un plus petit bénéfice chez les enfants que chez les adultes, mais permettrait encore de sauver 26 vies supplémentaires pour 1 000 enfants traités.

Chez les enfants ayant survécu à la maladie, il y avait plus de problèmes neurologiques au moment de la sortie de l'hôpital chez les patients traités par artésunate que chez ceux traités à la quinine. Cependant, la majorité de ces problèmes neurologiques avaient disparu lors de l'examen effectué 28 jours plus tard, et il n'y avait alors aucune différence entre les deux groupes de traitement.

L'artésunate doit être le médicament de choix dans le monde entier pour les adultes et les enfants atteints de paludisme grave.

Conclusions des auteurs : 

Les données étayent clairement la supériorité de l'artésunate parentérale sur la quinine pour le traitement du paludisme grave tant chez l'adulte que chez l'enfant et dans différentes régions du monde.

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Contexte : 

Le paludisme grave est à l'origine de plus d'un million de décès chaque année, la plupart parmi les enfants de moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne. Cette revue examine si un traitement par artésunate, à la place du traitement standard à la quinine, se traduirait par une moindre mortalité et de meilleurs résultats de traitement.

Objectifs : 

Comparer l'artésunate à la quinine pour le traitement du paludisme grave.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies infectieuses, ainsi que dans CENTRAL (The Cochrane Library), MEDLINE, EMBASE, LILACS, ISI Web of Science, le metaRegister of Controlled trials (mRCT), des actes de conférences et les références bibliographiques d'articles jusqu'à novembre 2010.

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés comparant l'artésunate par voie intraveineuse, intramusculaire ou rectale avec la quinine par voie intraveineuse ou intramusculaire pour le traitement des adultes et des enfants atteints de paludisme grave qui ne sont pas capables de prendre des médicaments par la bouche.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont, de manière indépendante, évalué l'éligibilité et le risque de biais des essais, et ont extrait les données. Le principal critère de jugement était la mortalité toutes causes. Les résultats dichotomiques ont été synthétisés sous la forme du risque relatif (RR) et les résultats continus par la différence moyenne (DM). Lorsque cela était approprié, nous avons synthétisé les données dans des méta-analyses.

Résultats principaux : 

Huit essais impliquant 1 664 adultes et 5 765 enfants sont inclus dans cette revue.

Le traitement par artésunate réduisait significativement le risque de décès tant chez l'adulte (RR 0,61 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,50 à 0,75 ; 1 664 participants ; cinq essais) que chez l'enfant (RR 0,76 ; IC à 95 % 0,65 à 0,90 ; 5 765 participants ; quatre essais).

Chez l'enfant, le traitement par artésunate accroissait l'incidence des séquelles neurologiques au moment de la sortie de l'hôpital. La majorité de ces séquelles étaient transitoires et aucune différence significative entre les traitements n'était observée lors du suivi ultérieur.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.