Protocoles de stimulation ovarienne (anti-œstrogènes, gonadotrophines avec et sans agonistes/antagonistes de la GnRH) dans une insémination intra-utérine (IIU) chez les femmes hypofertiles

Une insémination intra-utérine (IIU) est une procédure de procréation médicalement assistée consistant à introduire du sperme directement dans l'utérus. Des médicaments (hormones) sont également administrés pour favoriser l'hyperstimulation ovarienne, ce qui provoque généralement la libération de plusieurs œufs fécondables qui permettent ainsi, à leur tour, d'augmenter les taux de grossesses, mais aussi d'accroitre le nombre de grossesses multiples.
Quarante-trois essais, impliquant 3 957 femmes, ont été inclus. La présente revue a comparé différents médicaments destinés à l'hyperstimulation ovarienne, démontrant que les injections augmentent les taux de grossesses par rapport à la prise orale de médicaments. Toutefois, les preuves corroborant ce résultat ne sont pas très probantes. D'autre part, ces études montraient qu'en cas de recours à la stimulation, des injections à faible dose pouraient suffire puisque les taux de grossesses multiples augmentaient avec des injections à doses élevées, sans augmenter le nombre de grossesses. La présente revue n'indique pas le type d'injection à pratiquer, étant donné qu'il n'existe aucune preuve probante d'une différence. Pour finir, cette revue ne répond pas à la question de savoir si l'ajout d'un agoniste ou d'un antagoniste de la GnRH est utile ou pas.

Conclusions des auteurs : 

Il manque des preuves suffisamment probantes mais en se basant sur les résultats disponibles, les gonadotrophines pourraient être les médicaments les plus efficaces lorsqu'une IIU est combinée à une hyperstimulation ovarienne. Les gonadotrophines peuvent être appliquées quotidiennement. Lorsque les gonadotrophines sont utilisées pour la stimulation ovarienne, des protocoles à faibles doses sont recommandés étant donné que les taux de grossesses ne diffèrent pas de ceux résultant d'un schéma posologique à doses élevées, alors que les risques d'effets indésirables dus à la stimulation ovarienne, comme des grossesses multiples et le SHO sont limités avec de faibles doses de gonadotrophines. D'autres recherches seront nécessaires pour chaque comparaison réalisée.

Lire le résumé complet...
Contexte : 

L'insémination intra-utérine (IIU) combinée à une hyperstimulation ovarienne (HO) se révèle être une forme de traitement efficace chez les couples hypofertiles. Plusieurs protocoles de stimulation ovarienne combinés à une IIU ont été proposés, mais nous ignorons quel protocole et quelle dose sont les plus efficaces et économiques.

Objectifs : 

Évaluer les protocoles de stimulation ovarienne dans l'insémination intra-utérine pour toutes les indications.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans l'ensemble des publications qui décrivaient des essais contrôlés randomisés comparant différents protocoles de stimulation ovarienne suivis d'une IIU. Nous avons examiné le registre d'essais contrôlés du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité (CENTRAL). Nous avons consulté les bases de données de MEDLINE (de janvier 1966 jusqu'à la date actuelle) et d'EMBASE (de 1980 jusqu'à la date actuelle).

Critères de sélection : 

Seuls les essais contrôlés randomisés étaient pris en compte pour l'inclusion dans cette revue. Les essais comparant différents protocoles de stimulation ovarienne combinés à une IIU étaient sélectionnés et examinés en détail.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs indépendants de la revue ont indépendamment évalué la qualité méthodologique des essais et extrait des données.

Résultats principaux : 

Quarante-trois essais, impliquant 3 957 femmes, ont été inclus. Il y avait 11 comparaisons dans cette revue. En l'absence de résultat concernant les taux de naissance, seuls les taux de grossesse sont rapportés ici.
Sept études (n = 556) comparant des gonadotrophines à des anti-œstrogènes ont été groupées, révélant une hausse significative des taux de grossesses avec les gonadotrophines (OR 1,8, IC à 95 % 1,2 à 2,7). Cinq études (n = 313) comparaient des anti-œstrogènes à des inhibiteurs de l'aromatase et ne rapportaient aucune différence significative (OR 1,2, IC à 95 % 0,64 à 2,1). Cette conclusion était identique dans la comparaison de différents types de gonadotrophines (9 études incluses, n = 576). Quatre études (n = 415) rapportaient que les gonadotrophines seules sont plus efficaces qu'avec l'ajout d'un agoniste de la GnRH (OR 1,8, IC à 95 % 1,1 à 3,0). Les données de trois études (n = 299) ne fournissaient aucune preuve probante concernant l'ajout d'un antagoniste de la GnRH à des gonadotrophines (OR 1,5, IC à 95 % 0,83 à 2,8). Les résultats de deux études (n = 297) ne rapportaient aucune preuve d'un bénéfice du doublement de la dose de gonadotrophines (OR 1,2, IC à 95 % 0,67 à 1,9), malgré une hausse des taux de grossesses multiples et des taux de SHO. Pour les cinq comparaisons restantes, une seule ou aucune des études n'a été incluse.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.