Cache-œil pour le traitement de l'amblyopie (paresse de l'œil) provoquée par le besoin de porter des lunettes de vue

Le besoin de traitement à l'aide d'un cache-œil de l'amblyopie (paresse de l'œil) est dû à un besoin inégal de porter des lunettes de vue pour l'un ou l'autre des yeux lorsque l'œil le plus touché (généralement) risque de ne pas parvenir à développer une vision optimale. L'amblyopie est une maladie dans laquelle la vision d'un œil (ou plus rarement des deux yeux) baisse parce que la partie du cerveau responsable de la vision ne se développe pas normalement. L'amblyopie survient parce que le cerveau reçoit une image affaiblie depuis l'œil avec les erreurs optiques plus importantes et il lui préfère l'œil qui lui envoie une image plus nette. Les enfants qui sont atteints d'amblyopie à cause des erreurs optiques reçoivent souvent un cache-œil pour recouvrir le bon œil en plus de leur correction par lunettes de vue pour améliorer leur vision. Cette revue a constaté que pour certains enfants atteints de ce type d'amblyopie, une période de port de lunettes de vue peut rétablir une vision normale. À présent, il n'est pas possible de déterminer au début du traitement quels enfants auront simplement besoin de lunettes de vue et lesquels auront également besoin d'un cache-œil. Pour les enfants qui ont encore une vision affaiblie même après qu'ils aient porté leurs lunettes de vue pendant un certain temps, il existe des preuves que la thérapie des cache-œils améliore davantage leur vision. La quantité de cache-œils qui seront nécessaires pour un enfant particulier ne peut pas encore être prédite. Ceci parce que les effets de facteurs tels que l'âge ne sont pas complètement compris. Ces conclusions sont fondées sur les résultats de huit essais de grande qualité. Aucun essai examinant le traitement des enfants qui avaient une vision affaiblie dans les deux yeux n'a été trouvé.

Conclusions des auteurs : 

Dans certains cas d'amblyopie de réfraction unilatérale, il semble qu'il existe un bénéfice du traitement par rapport à la correction de la réfraction seule. Dans les cas où l'amblyopie persiste, il existe des preuves indiquant que l'ajout de l'occlusion améliore davantage la vision. Malgré les progrès réalisés dans la compréhension du traitement de l'amblyopie, il n'est toujours pas possible actuellement d'adapter des plans de traitement individuels pour l'amblyopie. La nature d'un effet dose-réponse de l'occlusion a encore besoin d'être élucidée. L'occlusion partielle semble avoir le même effet de traitement que les lunettes de vue seules quand on les commence simultanément pour le traitement de l'amblyopie de réfraction unilatérale. Les schémas thérapeutiques pour l'amblyopie de réfraction unilatérale et bilatérale doivent être davantage étudiés.

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Contexte : 

L'amblyopie de réfraction est une cause courante de la baisse d'acuité visuelle de l'enfance, mais le traitement optimal n'est pas bien défini. Cette revue a examiné l'effet du traitement par lunettes de vue et occlusion classique.

Objectifs : 

Évaluation des preuves de l'efficacité des lunettes de vue, de l'occlusion ou des deux pour le traitement de l'amblyopie de réfraction unilatérale et bilatérale.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre des essais du groupe Cochrane sur l'œil et la vision) (The Cochrane Library 2011, numéro 1), MEDLINE (de janvier 1950 à janvier 2012), EMBASE (de janvier 1980 à janvier 2012), Latin American and Caribbean Literature on Health Sciences (LILACS) (de janvier 1982 à janvier 2012), le méta-registre des essais contrôlés (mREC) (www.controlled-trials.com), ClinicalTrials.gov (www.clinicaltrials.gov) et le système d'enregistrement international des essais cliniques de l'OMS (ICTRP pour International Clinical Trials Registry Platform) (www.who.int/ictrp/search/fr). Aucune restriction concernant la langue ou la date n'a été appliquée aux recherches électroniques d'essais. Nous avons effectué les dernières recherches dans les bases de données électroniques le 24 janvier 2012. Nous avons recherché manuellement dans les résumés de conférences pertinents.

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés portant sur le traitement de l'amblyopie de réfraction unilatérale et bilatérale par des lunettes de vue, avec ou sans occlusion, étaient éligibles. Nous avons inclus des études avec des participants de tout âge.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont évalué de façon indépendante les résumés identifiés par les chercheurs. Nous avons obtenu des copies intégrales et contacté les auteurs des études lorsque cela était nécessaire. Onze essais pouvaient être inclus. Nous avons extrait les données à partir de huit d'entre eux. Les données disponibles étaient insuffisantes pour les trois essais restants, il n'a donc pas été possible d'extraire les données. Nous n'avons identifié aucun essai concernant des participants atteints d'amblyopie bilatérale. Nous n'avons pas réalisé de méta-analyse car le nombre d'essais était insuffisant pour chaque critère de jugement.

Résultats principaux : 

Pour toutes les études, l'acuité moyenne (écart type (SD)) dans l'œil amblyope après le traitement était rapportée. Tous les essais inclus faisaient état d'un traitement de l'amblyopie de réfraction unilatérale.

Une étude avait randomisé les participants dans un groupe de lunettes de vue seules comparé à un groupe sans traitement, un groupe de lunettes de vue plus occlusion comparé à un groupe sans traitement et un groupe de lunettes de vue plus occlusion par rapport à un groupe de lunettes de vue seules. Pour le groupe de lunettes de vue seules comparé à un groupe sans traitement, l'acuité visuelle moyenne (SD) était : pour le groupe de lunettes de vue de 0,31 (0,17) ; pour le groupe sans traitement de 0,42 (0,19) et la différence moyenne (DM) entre les groupes était de -0,11 (signification statistique limite : intervalle de confiance à 95 % (IC) -0,22 à 0,00). Pour le groupe de lunettes de vue plus occlusion comparé à un groupe sans traitement, l'acuité visuelle moyenne (SD) était : pour le groupe de traitement complet de 0,22 (0,13) ; pour le groupe sans traitement de 0,42 (0,19). La différence moyenne (DM) entre les groupes était de -0,20 (signification statistique : IC à 95 % -0,30 à -0,10). Pour le groupe de lunettes de vue plus occlusion comparé à un groupe de lunettes de vue seules, la DM était de -0,09 (signification statistique limite : IC à 95 % -0,18 à 0,00). Pour deux autres essais qui avaient aussi examiné cette comparaison, la DM était de -0,15 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,32 à 0,02) pour un essai et la DM était de 0,01 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,08 à 0,10) pour le second essai.

Trois essais avaient étudié les schémas d'occlusion. Un essai avait examiné un schéma de deux heures comparé à un schéma de six heures pour l'amblyopie modérée : DM de 0.01 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,06 à 0,08) ; un second essai 2003b avait étudié un schéma de six heures comparé à un schéma permanent pour l'amblyopie grave : DM de 0,03 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,08 à 0,14) et un troisième essai avait examiné une occlusion de six heures comparée à une occlusion permanente : DM de -0,12 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,27 à 0,03). Un essai avait examiné l'occlusion complétée par des activités proches ou à distance : DM de -0,03 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,09 à 0,03). Un essai avait examiné l'occlusion partielle et les lunettes de vue comparées aux lunettes de vue seules : DM de -0,01 (pas de signification statistique : IC à 95 % -0,05 à 0,03).

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