L'utilisation d'antibiotiques pour des rages de dents sévères (pulpite irréversible)

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Question de la revue
Les antibiotiques oraux sont-ils efficaces et sûrs pour le traitement de la douleur lors d’une pulpite irréversible (inflammation du nerf à l'intérieur de la dent/lésion nerveuse) ?

Contexte
Une pulpite irréversible se produit lorsque la pulpe dentaire (tissu à l'intérieur de la dent qui contient le nerf) a été endommagée au-delà de la réparation. Elle est caractérisée par l'intensité de la douleur (rage de dents), suffisante pour réveiller une personne durant la nuit et est considérée comme l'une des raisons les plus fréquentes pour laquelle les patients se présentent en soins dentaires d'urgence. N’importe quelle dent peut être affectée, cela n'est pas restreint à certains groupes d'âge et cela se produit généralement suite à la formation de caries dentaires, un syndrome de la dent fissurée ou un traumatisme et donc tend à se produire plus fréquemment chez les patients âgés.

Le « soin standard » pour une pulpite irréversible - ablation immédiate de la pulpe de la dent affectée - est aujourd'hui largement accepté. Cependant, certaines parties du monde continuent de prescrire des antibiotiques.

Les caractéristiques de l'étude
Les preuves sur lesquelles cette revue est basée étaient à jour le 5 septembre 2013. Une étude portant sur 40 personnes souffrant d'une pulpite irréversible (lésion nerveuse) a été inclue. Il y avait deux groupes de 20 personnes, un groupe a été traité à la pénicilline 500 mg, l'autre au placebo (sans substance active), toutes les six heures et au cours d'une période de sept jours. De plus, tous les participants recevaient des analgésiques (ibuprofène et paracétamol (acétaminophène) combinées avec la codéine).

Résultats principaux
Les antibiotiques ne semblent pas réduire significativement la douleur dentaire causée par une pulpite irréversible. En outre, il n'y avait aucune différence dans le nombre total d'ibuprofène ou de Tylenol utilisés pendant la période d'étude entre les deux groupes. L'administration de pénicilline ne réduit pas significativement la perception de la douleur, la percussion (tapotement sur la dent) ou la quantité de médicaments contre la douleur nécessaires chez les patients atteints d’une pulpite irréversible. Aucun effet indésirable, ni aucun réaction, n’ont été rapportés.

Qualité des preuves
Il s’agissait d’une étude portant sur un petit nombre de participants et la qualité des preuves pour les différents critères de jugement était faible. Il n'existe actuellement pas suffisamment de preuves permettant d’approuver les antibiotiques pour cette condition. Cette revue souligne la nécessité de réaliser davantage d’études et de meilleure qualité sur l'utilisation d'antibiotiques pour une pulpite irréversible.

Conclusions des auteurs : 

Cette revue systématique, qui était basée sur un seul essai de petite taille, de faible puissance et évalué avec un faible risque de biais, illustre le fait qu'il n'existe pas suffisamment de preuves pour déterminer si les antibiotiques réduisent ou non la douleur par rapport à l’absence d'antibiotiques. Les résultats de cette revue confirment la nécessité de réaliser d'autres essais rigoureux du point de vue méthodologique et avec des échantillons à plus grande échelle fournissant des preuves supplémentaires afin de déterminer si les antibiotiques, prescrits dans la phase préopératoire, peuvent affecter les résultats de traitements pour une pulpite irréversible.

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Contexte : 

Une pulpite irréversible, qui se caractérise par une douleur aiguë et intense, est l'une des raisons les plus fréquentes pour laquelle les patients se présentent en soins dentaires d'urgence. À l'exception de l'extraction de la dent, la manière habituelle de soulager la douleur engendrée par une pulpite irréversible est par la perforation dans la dent, l'élimination de l'inflammation de la pulpe (nerf) et le nettoyage du canal radiculaire. Cependant, un nombre significatif de dentistes continuent de prescrire des antibiotiques pour arrêter la douleur engendrée par une pulpite irréversible.

Objectifs : 

Évaluer les effets des antibiotiques systémiques pour une pulpite irréversible.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur la santé bucco-dentaire (jusqu'au 5 septembre 2013) ; le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (la bibliothèque Cochrane 2013, numéro 9) ; MEDLINE via OVID (de 1946 au 5 septembre 2013) ; EMBASE via OVID (de 1980 au 5 septembre 2013) et le registre d'essais des instituts nationaux de la santé des Etats-Unis ((http://clinicaltrials.gov). Aucune restriction concernant la langue n’a été appliquée lors des recherches dans les bases de données électroniques.

Critères de sélection : 

Essais contrôlés randomisés qui comparaient un soulagement de la douleur avec des antibiotiques systémiques et des analgésiques, par rapport à un placebo et des analgésiques préopératoires dans la phase aiguë d'une pulpite irréversible.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont examiné des études et extrait les données de manière indépendante. Nous avons évalué la qualité des données des études incluses à l'aide du logiciel GRADEPro. Le regroupement des données n'a pas été possible et un résumé descriptif est présenté.

Résultats principaux : 

Un essai, évalué à faible risque de biais et impliquant 40 participants, a été inclus dans cette mise à jour de la revue. La qualité de l'ensemble des preuves était faible pour les différents critères de jugement. Il y avait une distribution parallèle étroite pour les scores de douleur dans les groupes d'intervention et les groupes recevant un placebo pendant la période d'étude de sept jours. Il n'y avait pas suffisamment de preuves pour revendiquer ou réfuter un bénéfice de la pénicilline pour l'intensité de la douleur. Il n'y avait aucune différence significative dans la moyenne du nombre total d'ibuprofène pendant la période d'étude : 9,2 (écart type (SD) 6,02) dans le groupe de la pénicilline versus 9,6 (SD 6,34) dans le groupe sous placebo ; différence moyenne de -0,40 (intervalle de confiance (IC) à 95 % -4,23 à 3,43 ; valeur P = 0,84). De même pour la moyenne du nombre total de Tylenol : 6,9 (SD 6,87) dans le groupe de la pénicilline versus 4,45 (SD 4,82) dans le groupe sous placebo ; différence moyenne 2,45 (IC à 95 % -1,23 à 6,13 ; valeur P = 0,19). Notre critère de jugement secondaire sur le compte-rendu des effets indésirables n'était pas traité dans cette étude.

Notes de traduction : 
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