Sulfate de magnésium pour la neuroprotection du fœtus chez la femme présentant un risque d'accouchement prématuré

L'administration avant l'accouchement de sulfate de magnésium aux femmes présentant un risque d'accouchement prématuré réduit le risque de troubles neurologiques chez leur nouveau-né.

Les bébés nés trop tôt (prématurés) sont plus susceptibles de mourir dans les premières semaines de leur vie que ceux nés à terme, et ceux qui survivent souffrent souvent d'infirmité motrice cérébrale (un trouble réduisant la capacité à bouger normalement les bras ou les jambes), de cécité, de surdité ou de handicaps phyisques. Cette situation peut entraîner une grande souffrance pour les parents. Le magnésium est un élément important, essentiel pour le fonctionnement normal du corps. Le sulfate de magnésium peut aider à réduire les lésions cérébrales d'un bébé prématuré. Toutefois, il produits des effets indésirables chez la mère : rougeurs, transpiration, nausées, vomissement, maux de tête et accélération du rythme cardiaque (palpitations). Cette revue a identifié cinq études portant sur 6 145 nouveau-nés et a montré qu'un traitement au sulfate de magnésium protègeait le cerveau d'un bébé prématuré contre l'infirmité motrice cérébrale.

Conclusions des auteurs : 

Le rôle neuroprotecteur pour le fœtus d'un traitement prénatal par sulfate de magnésium administré aux femmes présentant un risque d'accouchement prématuré est désormais établi. Le nombre de femmes devant être traitées pour qu'un bébé évite l'infirmité motrice cérébrale est 63 (intervalle de confiance à 95 % 43 à 155). Si l'on considère les effets bénéfiques du sulfate de magnésium sur la fonction motrice globale lors de la petite enfance, les résultats doivent être évalués plus tard dans l'enfance pour déterminer la présence ou l'absence d'effets neurologiques ultérieurs potentiellement importants, notamment sur la fonction motrice ou cognitive.

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Contexte : 

Des preuves épidémiologiques et scientifiques de base suggèrent que l'administration de sulfate de magnésium avant la naissance peut jouer un rôle neuroprotecteur pour le fœtus.

Objectifs : 

Évaler les effets du sulfate de magnésium en tant que neuroprotecteur chez les femmes considérées comme présentant un risque d'accouchement prématuré.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (31 août 2008).

Critères de sélection : 

Essais contrôlés randomisés portant sur l'administration prénatale de sulphate de magnésium aux femmes menaçant ou susceptibles d'accoucher avant la 37ème semaine de grossesse. Pour une analyse en sous-groupes, les essais ont été classés en fonction de leur objectif principal dans la catégorie Objectif neuroprotecteur, Autre objectif (neuroprotection maternelle - prééclampsie) ou Autre objectif (tocolytique).

Recueil et analyse des données : 

Au moins deux auteurs ont évalué l'admissibilité et la qualité des essais et extrait les données.

Résultats principaux : 

Cinq essais (6 145 bébés) ont été jugés admissibles pour l'inclusion dans cette revue. Le traitement prénatal par sulfate de magnésium administré aux femmes présentant un risque d'accouchement prématuré était associé à une réduction du risque d'infirmité motrice cérébrale chez les nouveau-nés (risque relatif (RR) = 0,68, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,54 à 0,87 ; cinq essais ; 6 145 nouveau-nés). Une baisse significative du taux de troubles moteurs importants (RR = 0,61 IC à 95 % 0,44 à 0,85 ; quatre essais ; 5 980 nouveau-nés) a également été observée. Le traitement prénatal par sulfate de magnésium n'avait pas d'effet statistiquement significatif au niveau de la mortalité pédiatrique (RR = 1,04 ; IC à 95 % 0,92 à 1,17 ; cinq essais ; 6 145 nouveau-nés) ou d'autres troubles ou handicaps neurologiques dans les premières années de la vie. Globalement, le traitement prénatal par magnésium n'avait pas d'effets significatifs sur les taux combinés de mortalité et d'infirmité motrice cérébrale, bien qu'il y ait eu une réduction significative pour les groupes neuroprotecteurs (RR = 0,85 ; IC à 95 % 0,74 à 0,98 ; quatre essais; 4 446 nouveau-nés), mais par pour les autres sous-groupes. Les taux d'effets indésirables maternels mineurs étaient plus élevés dans le groupe du traitement par sulfate de magnésium, mais aucune augmentation significative n'a été observée sur les complications maternelles majeures.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.