L'exercice physique contre la dépression

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La dépression est une maladie courante et invalidante qui touche environ 121 millions d'adultes dans le monde. Si la dépression se traite couramment par des antidépresseurs ou une psychothérapie, l'effet des traitements alternatifs fait l'objet d'un intérêt croissant. L'exercice physique est préconisé comme traitement de la dépression et fait l'objet de recherches depuis plusieurs dizaines d'années. Dans notre précédente revue Cochrane, nous avons découvert que l'exercice physique semblait améliorer les symptômes dépressifs chez les personnes diagnostiquées comme dépressives, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires. Depuis, plusieurs nouveaux essais ont été publiés. Cette revue mise à jour a identifié tous les essais randomisés disponibles qui comparaient l'exercice physique à l'absence de traitement ou à un traitement établi (par exemple, la thérapie par la parole) pour les personnes diagnostiquées comme dépressives. Nous avons combiné les données à partir de 30 essais. Des problèmes méthodologiques ont été relevés dans certains des essais, ce qui limite notre confiance dans les conclusions tirées. Nous avons identifié 28 essais (1 101 participants) qui incluaient une comparaison de l'exercice physique avec une liste d'attente ou un placebo ; globalement, nous avons découvert que l'exercice physique semblait améliorer les symptômes de la dépression. Cependant, lorsque seuls les essais de grande qualité ont été inclus, l'effet sur la dépression a été faible. Des recherches supplémentaires doivent être effectuées pour confirmer ces résultats.

Conclusions des auteurs : 

L'exercice physique semble améliorer les symptômes dépressifs chez les personnes diagnostiquées comme dépressives lorsqu'il est comparé à une absence de traitement ou à une intervention de contrôle, cependant, du fait que les analyses d'essais à la méthodologie fiable démontrent un effet bien plus faible en faveur de l'exercice physique, une certaine prudence est requise dans l'interprétation de ces résultats.

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Contexte : 

La dépression est une cause courante et importante de morbidité et de mortalité dans le monde. La dépression est généralement traitée par des antidépresseurs et/ou une psychothérapie, mais certaines personnes peuvent préférer des approches alternatives, telles que l'exercice physique. Il existe un certain nombre de raisons théoriques qui expliquent que l'exercice physique peut améliorer la dépression. Ceci est une mise à jour d’une revue antérieure publiée pour la première fois en 2009.

Objectifs : 

Déterminer l'efficacité de l'exercice physique pour le traitement de la dépression. Nos critères de jugement secondaires comprenaient les sorties des groupes avec exercice physique et des groupes témoins, les frais, la qualité de vie et les événements indésirables.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons recherché des études éligibles dans le registre spécialisé du groupe thématique Cochrane sur la dépression, l'anxiété et la névrose (CCDANCTR), CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, Sports Discus et PsycINFO (jusqu'en février 2010). Nous avons également effectué des recherches sur www.controlled-trials.com en novembre 2010. Le groupe thématique Cochrane sur la dépression, l'anxiété et la névrose (CCDAN) a effectué des recherches dans son registre spécialisé en juin 2011 et les essais potentiellement éligibles ont été répertoriés comme étant « en attente d'évaluation ».

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés dans lesquels l'exercice physique était comparé à un traitement standard, à l'absence de traitement ou à un traitement par placebo chez des adultes (de 18 ans et plus) souffrant de dépression, selon la définition des auteurs des essais. Nous avons exclu les essais portant sur la dépression postnatale.

Recueil et analyse des données : 

Pour cette mise à jour, deux auteurs de la revue ont extrait les données concernant les critères de jugement à la fin de l'essai. Nous avons utilisé ces données pour calculer l'ampleur des effets pour chaque essai à l'aide de la méthode du g de Hedges et avons utilisé une différence moyenne standardisée (DMS) pour le calcul de l'effet groupé global au moyen d'un modèle à effets aléatoires. Lorsque les essais utilisaient un certain nombre d'outils différents pour évaluer la dépression, nous n'avons inclus le principal critère de jugement que dans la méta-analyse. Nous avons systématiquement extrait les données concernant les effets indésirables et deux auteurs ont procédé aux évaluations du « risque de biais ».

Résultats principaux : 

Trente-deux essais (1 858 participants) ont répondu à nos critères d'inclusion, sur lesquels 30 ont fourni des données pour les méta-analyses. La randomisation a été tenue secrète de manière adéquate dans 11 études, 12 ont utilisé des analyses en intention de traiter et neuf ont utilisé des évaluateurs de critères de jugement en aveugle. Pour les 28 essais (1 101 participants) comparant l'exercice physique à l'absence de traitement ou à une intervention de contrôle, lors de l'analyse après le traitement, la DMS combinée a été de -0,67 (intervalle de confiance (IC) à 95 % -0,90 à -0,43), indiquant un effet clinique modéré. 

Cependant, lorsque nous n'avons inclus que les quatre essais (326 participants) avec une assignation secrète adéquate, l'analyse en intention de traiter et l'évaluation des critères de jugement en aveugle, la DMS combinée a été de -0,31 (IC à 95 % -0,63 à 0,01) indiquant un petit effet en faveur de l'exercice physique. Aucune différence n'a été constatée en termes de sorties d'étude entre les groupes avec exercice physique et les groupes témoins. Les données combinées des sept essais (373 participants) qui ont fourni des données de suivi à long terme ont également révélé un petit effet en faveur de l'exercice physique (DMS -0,39, IC à 95 % -0,69 à -0,09). Sur les six essais comparant l'exercice physique à la thérapie comportementale cognitive (152 participants), l'effet de l'exercice physique n'a pas été significativement différent de celui de la thérapie cognitive. Les données ont été insuffisantes pour déterminer les risques, les coûts et la qualité de vie.

Cinq études potentiellement éligibles identifiées par les recherches dans le registre spécialisé du CCDAN en 2011 sont répertoriées comme « en attente de classement » et seront incluses dans la prochaine mise à jour de cette revue.

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