Méthodes visant à améliorer l'utilisation de la contraception hormonale

Les méthodes de contraception hormonale sont utilisées par de nombreuses femmes dans le monde. Les méthodes hormonales les plus courantes sont les pilules contraceptives et les injections. Ces méthodes ne fonctionnent souvent pas aussi bien qu'elles le pourraient. Les femmes peuvent rencontrer des problèmes en utilisant la contraception prescrite. Elles peuvent parfois oublier de prendre la pilule. D'autres femmes peuvent arrêter d'utiliser une méthode en raison de troubles menstruels. Cette revue a examiné si un plus grand nombre de conseils ou de rappels aidait les femmes à utiliser ces méthodes de contraception.

En août 2013, nous avons effectué des recherches informatisées pour trouver des essais randomisés comparant le conseil spécialisé au conseil traditionnel. De plus, nous avons examiné les références bibliographiques pour trouver des essais. Nous avons également écrit aux chercheurs afin de trouver des études supplémentaires.

Nous avons trouvé neuf essais. Cinq études informaient les femmes sur la méthode et les effets secondaires. Quatre essais portaient sur les rappels de rendez-vous ou la prise des pilules, deux fournissaient également des informations sur la santé. Trois essais ont montré certains résultats positifs. Une étude offrait un conseil structuré sur la contraception par injection. Davantage de femmes ayant reçu le conseil structuré continuaient d’utiliser la contraception, comparées aux femmes ayant reçu le conseil classique. De plus, moins de femmes ayant reçu le conseil structuré arrêtaient la contraception en raison de troubles menstruels. Une autre étude offrait un conseil spécialisé avec ou sans suivi d’appels téléphoniques. À court terme, davantage de femmes ayant reçu un conseil et des appels téléphoniques indiquaient qu'elles prenaient les pilules contraceptives régulièrement par rapport à celles sans appels téléphoniques ou celles ayant reçu les soins habituels. La troisième étude envoyait des textes sur les téléphones portables qui notifiaient des pilules contraceptives et apportaient des informations supplémentaires sur la santé. A six mois, plus de femmes dans le groupe des textes continuaient de prendre la pilule que les femmes ayant reçu des soins standards.

Seules trois études ont montré de meilleurs résultats avec les conseils spécifiques ou les rappels. Quatre essais portaient sur un petit nombre de femmes et six ont perdu contact avec de nombreuses femmes au cours de l'étude. Les études présentaient des données de qualité modérée. Pour prévenir la grossesse, les femmes devraient utiliser la contraception comme prévu et sans interruption. D'autres essais de bonne qualité sont nécessaires pour aider les femmes à utiliser leur méthode contraceptive.

Conclusions des auteurs : 

Seuls trois essais ont montré certains effets bénéfiques des stratégies visant à améliorer l’adhérence et la persévérance. Cependant, plusieurs avaient de petits effectifs et six avaient des pertes de contact élevées durant le suivi. La qualité globale des preuves a été considérée comme étant modérée. Le type d'intervention et l'intensité variaient énormément entre les études. Une combinaison de conseil intensif, de multiples contacts et de rappels pourrait être nécessaire afin d’améliorer l'adhérence et l'acceptabilité de l'utilisation de contraceptifs. Des ECR de haute qualité avec des compétences adéquates et des interventions correctement structurées pourraient permettre d'identifier les moyens visant à améliorer l’adhérence et la poursuite des méthodes de contraception hormonale.

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Contexte : 

Dans le monde, les contraceptifs hormonaux figurent parmi les contraceptifs réversibles les plus populaires. Malgré leur grande efficacité théorique, leur utilisation entraîne une efficacité beaucoup plus faible. Cette disparité reflète en grande partie les difficultés à respecter le traitement contraceptif et les faibles taux de persévérance à long terme.

Objectifs : 

L'objectif était de déterminer l'efficacité des techniques de conseils secondaires pour améliorer l’adhérence et la poursuite de la prise de contraception hormonale.

Stratégie de recherche documentaire : 

En août 2013, nous avons effectué des recherches dans les bases de données informatisées pour trouver des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant les interventions de client-prestataire avec un conseil standard pour la planification familiale. Les sources incluaient CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, POPLINE, ClinicalTrials. gov et ICTRP. De précédentes recherches incluaient également LILACS, PsycINFO, Dissertation Abstracts, African Index Medicus et IMEMR.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des ECR comparant une technique de conseil ou autre intervention client-prestataire par rapport à un conseil standard pour la planification familiale. Les interventions comprenaient des groupes de motivation, des conseils structurés, pairs ou à composantes multiples et des conseils intensifs de rappels de rendez-vous ou de la prochaine prise. Les mesures des résultats portaient sur l'abandon, les raisons de l'abandon, le nombre de pilules ou les injections à la date recommandée et la grossesse.

Recueil et analyse des données : 

Un auteur a évalué les titres et résumés issus des recherches afin de déterminer leur éligibilité. Deux auteurs ont extrait les données des études incluses. Nous avons calculé le rapport de cotes de Mantel-Haenszel (RC) pour les résultats dichotomiques. Pour les variables continues, la différence moyenne (DM) était calculée ; RevMan utilise la méthode de l'inverse de la variance. Pour toutes les analyses, un intervalle de confiance (IC) à 95% a également été calculé. Puisque les études identifiées étaient différentes pour les interventions et les mesures de critères de jugement, nous n'avons pas effectué de méta-analyse.

Résultats principaux : 

Neuf ECR répondaient à nos critères d'inclusion. Cinq portaient sur des conseils directs ; parmi ceux -ci, deux fournissaient également de multiples contacts téléphoniques. Quatre autres essais ont fourni les rappels intensifs, dont deux ont également fourni des informations sur l’éducation à la santé. Trois essais ont montré certains effets bénéfiques de l'intervention expérimentale. Dans une intervention de conseil structuré, les femmes ayant reçu des informations sur le contraceptif injectable d'acétate de médroxyprogestérone (DMPA) étaient moins susceptibles d'interrompre la méthode à 12 mois (RC =0,27 ; IC à 95% 0,16 à 0,44) que les femmes ayant reçu un conseil de routine. Le groupe de l'intervention était également moins susceptible d'abandonner en raison de troubles menstruels (RC 0,20 ; IC à 95%, entre 0,11 et 0,37). Un autre essai a montré que le groupe avec le conseil spécialisé et les appels téléphoniques était plus fiable que le groupe avec uniquement le conseil spécialisé pour rapporter l'utilisation systématique de contraceptifs oraux (CO) à 3 mois (RC 1,41 ; IC à 95% 1,06 à 1,87), mais pas à 12 mois. Le groupe avec seulement le conseil spécialisé ne différait pas significativement de ceux avec des soins standards concernant tout critère de jugement. Le troisième essai comparait les rappels quotidiens par textes à propos des CO et des informations sur la santé par rapport aux soins standards. Les femmes dans le groupe des textes étaient plus susceptibles de poursuivre l'utilisation de CO que le groupe de soins standards, ceci à six mois (RC 1,54 ; IC à 95 % 1,14 à 2,10). Le groupe des textes était également plus susceptible d'éviter une interruption de l'utilisation de CO au-delà de sept jours (OR 1,53 ; IC à 95 % 1,13 à 2,07).

Notes de traduction : 
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