Traitement des cervicales précancéreuses (CIN) avec des agents anti-inflammatoires pour favoriser une régression et prévenir la progression du cancer du col de l'utérus

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Questions de la revue

Nous avons examiné les preuves sur l'effet des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) favorisant la régression et prévenant la progression de la néoplasie cervicale intraépithéliale (CIN) en un cancer du col de l'utérus. Nous avons seulement trouvé deux petites études.

Contexte

Les lésions précancéreuses du col de l'utérus (néoplasie cervicale intraépithéliale : CIN) peuvent se développer en cancer invasif du cervix (col de l'utérus). La CIN est identifiée par dépistage et peut être traitée par chirurgie au niveau du col de l'utérus, soit par la résection des cellules couvrant le col de l'utérus, au moyen du traitement au laser, du réchauffement ou de la congélation, soit par l'ablation au moyen d'une excision chirurgicale. Bien que cela soit efficace dans la majorité des cas, la chirurgie peut entraîner des effets indésirables immédiats, tels que des saignements et des infections ou des complications postérieures, notamment des problèmes de menstruation en raison des cicatrices du col de l'utérus et un accouchement prématuré.

Les AINS permettent de prévenir le développement du cancer du gros intestin et d'autres organes, mais ils provoquent certains effets secondaires indésirables, en particulier au niveau du cœur et des vaisseaux sanguins. Bien que le rofécoxib, utilisé dans l'une de ces études, ait été retiré du marché en 2004, il pourrait contribuer à éclairer la faisabilité de traitement avec d'autres AINS.

Nous avons voulu déterminer si l'utilisation des AINS chez les femmes atteintes de CIN pourrait favoriser la régression ou prévenir la progression du cancer du col de l'utérus sans risque excessif ou sans effet secondaire.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons identifié deux études randomisées, incluant 41 femmes âgées de plus de 18 ans et atteintes de CIN modérée ou sévère. Les essais ont été effectués entre juin 2002 et octobre 2003 et entre mai 2004 et octobre 2004. L'un d'entre eux a été interrompu avant d'être terminé. Les femmes avaient été administrées soit du célécoxib, soit du rofecoxib par rapport à un placebo (comprimé en sucre) administré quotidiennement par voie orale pendant une période de trois à six mois.

Résultats principaux

Un nombre insuffisant de femmes était impliqué dans les essais pour être en mesure de déterminer si les AINS avaient un effet utile pour favoriser la régression de la CIN. Aucun patient n'a développé de cancer cervical invasif, et aucun effet indésirable provenant des comprimés d'AINS n'a été rapporté, mais le nombre de femmes dans les études était trop restreint pour détecter un effet indésirable.

Qualité des preuves

Bien que les deux études semblent avoir été correctement menées, certaines questions subsistent concernant la qualité des données en en raison de la non-divulgation et des femmes abandonnant l'étude avant la fin de l'assignation des médicaments. Il n'y avait pas suffisamment d'informations pour évaluer la précision de la notification des informations. Il se peut que d'autres études incomplètes et non reportées n'aient pas été identifiées.

Conclusion

À l'heure actuelle, il n'existe pas suffisamment de données pour recommander l'utilisation des AINS afin de favoriser la régression ou de prévenir le développement de la CIN en un cancer du col de l'utérus.

Conclusions des auteurs : 

Il n'existe actuellement aucune donnée convaincante permettant de soutenir les AINS dans le traitement de la CIN (preuves de très faible qualité selon les critères GRADE). Les résultats d'une étude randomisée en cours et à grande échelle du célécoxib sont attendus.

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Contexte : 

La néoplasie cervicale intraépithéliale (CIN) précède le développement du carcinome invasif du col de l'utérus. Le traitement actuel de la CIN est très efficace, mais il existe une morbidité chez le patient liée à la douleur, aux saignements, aux infections, à la sténose cervicale et à la naissance prématurée lors de grossesse ultérieure. Un traitement efficace par médicaments, plutôt que par chirurgie, serait bénéfique.

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité d'agents anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), y compris les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase-2 (COX-2), pour favoriser une régression et prévenir la progression de la néoplasie cervicale intraépithéliale (CIN).

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (numéro 11, 2013), MEDLINE (novembre 2013) et EMBASE (semaine 48, novembre 2013). Nous avons également recherché les résumés de réunions scientifiques et les références bibliographiques des études incluses.

Critères de sélection : 

Essais contrôlés randomisés (ECR) ou essais contrôlés des AINS dans le traitement de la CIN.

Recueil et analyse des données : 

Trois auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et évalué les risques de biais. Les données des résultats ont été combinées à l'aide de méta-analyses à effets aléatoires.

Résultats principaux : 

Dans deux ECR, 41 femmes âgées de plus de 18 ans, en consultation externe, ont été randomisées pour recevoir 200 mg de célécoxib deux fois par jour par voie orale pendant six mois, par rapport au placebo (une étude, 25 participantes) ou 25 mg de rofécoxib une fois par jour par voie orale pendant trois mois, par rapport au placebo (une étude, 16 participantes). Cette deuxième étude a été interrompue prématurément lorsque le rofécoxib a été retiré du marché en 2004. Les essais ont été effectués entre juin 2002 et octobre 2003 et entre mai 2004 et octobre 2004. Nous avons choisi d'inclure les données de l'étude sur le rofécoxib car les critères de jugement pourraient être similaires lorsque d'autres AINS sont utilisés.

La régression complète ou partielle de la CIN 2 ou 3 a été observée chez 11 patientes sur 20 (55 %) dans le groupe de traitement et chez 5 patientes sur 21 (23,8 %) dans le groupe sous placebo (RR de 2,35, IC à 95 % de 1,03 à 5,35; P = 0,04, preuves de très faible qualité). La régression complète de la CIN 2 ou 3 est survenue chez 4 des 12 patientes (33 %) recevant du célécoxib par rapport à 2 patientes sur 13 (15 %) sous placebo (RR de 2,17, IC à 95 % de 0,48 à 9,76; P = 0,31, preuves de très faible qualité). La régression partielle de la CIN 2 ou 3 est survenue chez 5 des 12 patientes (42 %) recevant le célécoxib par rapport à 2 patientes sur 13 (15 %) sous placebo (RR de 2,71, IC à 95 % de 0,64 à 11,43; P = 0,18, preuves de très faible qualité). La progression de la CIN à un niveau plus élevé, mais pas à un niveau de cancer invasif, s'est produite chez 1 des 12 patientes (8 %) recevant le célécoxib et chez 2 des 13 patientes (15 %) sous placebo (RR de 0,54, IC à 95 % de0,05 à 5,24; P = 0,4, preuves de très faible qualité). Une étude n'a rapportée aucun cas de développement d'un cancer invasif pendant la durée de l'étude. Aucune toxicité n'a été rapportée dans les études. Bien que les études aient été correctement réalisées et randomisés, un certain risque de biais a été détecté dans les deux études. De plus, les études étaient de courte durée, ce qui peut empêcher l'identification du développement du cancer.

Notes de traduction : 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Financeurs pour le Canada : Instituts de Recherche en Santé du Canada, Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec, Fonds de recherche du Québec-Santé et Institut National d'Excellence en Santé et en Services Sociaux; pour la France : Ministère en charge de la Santé

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