Mesures d'hygiène environnementales pour réduire la transmission du trachome

Le trachome est la principale cause de perte évitable de l'acuité visuelle. Cette maladie est très répandue chez les populations défavorisées. Des crises répétées de conjonctivite dues à une Chlamydiose provoquent une cicatrisation et un enroulement vers l'intérieur du bord de la paupière. Les cils se frottent à la cornée, entraînant ainsi une opacification et une cécité. L'hygiène environnementale est un lot de mesures destinées à éradiquer les facteurs encourageant la prolifération des mouches et la propagation de la maladie. Certaines de ces interventions incluent l'approvisionnement en eau et l'installation de latrines, ainsi que la mise à disposition d'insecticides en spray pour contrôler la prolifération des mouches et des programmes de formation sanitaire visant à améliorer les pratiques hygiéniques personnelles et environnementales de la population. Dans cette revue, nous avons inclus six études regroupant 12 294 participants d'âges différents et des deux sexes. Les essais ont été réalisés en Gambie, au Mali, en Tanzanie, au Niger et en Éthiopie. Deux études ont examiné les insecticides en spray, une autre s'est intéressée aux insecticides en spray et à l'installation de latrines, une autre a évalué l'installation de latrines et deux études ont examiné la formation sanitaire dont l'une était associée à l'approvisionnement en eau. Les mesures concernant la prévalence du trachome actif, la prévalence de Chlamydia trachomatis et le nombre de mouches étaient les principaux critères de jugement évalués. Deux études réalisées dans le même domaine ont montré l'efficacité des insecticides en spray sur la diminution du trachome actif, mais une étude réalisée dans un lieu différent a montré le contraire. Une autre étude a montré l'efficacité de la formation sanitaire concernant l'hygiène personnelle et environnementale sur la diminution du trachome actif. Toutefois, une autre étude a montré qu'un programme de formation sanitaire simple, associé à un approvisionnement en eau modeste, était inefficace en termes de diminution du trachome actif. Une étude concernant l'installation de latrines n'a montré aucun effet sur le trachome. Toutefois, d'autres recherches doivent être effectuées.

Conclusions des auteurs : 

Deux essais contiennent des preuves relatives à l'efficacité des insecticides sur la diminution du trachome. Toutefois, ces effets n'ont pas été démontrés par un autre essai ayant eu recours à des insecticides. Deux essais concernant l'installation de latrines comme mesure de contrôle de la prolifération des mouches n'ont pas démontré de diminution significative du trachome. Une formation sanitaire avait montré une diminution significative du trachome dans une étude, mais une autre ne démontrait pas des découvertes similaires. Dans l'ensemble, les données sont insuffisantes pour déterminer l'efficacité de tous les aspects relatifs à l'hygiène environnementale pour le contrôle du trachome.

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Contexte : 

Le trachome est la principale cause de cécité évitable. Il est responsable de la cécité d'environ six millions de personnes dans le monde, principalement parmi les populations défavorisées des pays en développement. L'une des principales stratégies préconisées pour le contrôle de la maladie est l'application de diverses mesures d'hygiène environnementales au sein de ces populations.

Objectifs : 

Évaluer les preuves concernant l'efficacité de mesures d'hygiène environnementales sur la prévalence du trachome actif dans des zones endémiques.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre des essais du groupe Cochrane sur l'œil et la vision) (The Cochrane Library 2011, numéro 9), MEDLINE (de janvier 1950 à septembre 2011), EMBASE (de janvier 1980 à septembre 2011), Latin American and Caribbean Literature on Health Sciences (LILACS) (de janvier 1982 à septembre 2011), le métaregistre des essais contrôlés (mREC) (www.controlled-trials.com) et ClinicalTrials.gov (www.clinicaltrials.gov). Aucune restriction concernant la langue ou la date n'a été appliquée aux recherches électroniques d'essais. Les dernières recherches réalisées dans les bases de données électroniques datent du 23 septembre 2011. Nous avons consulté la liste bibliographique des essais inclus, ainsi que Science Citation Index. Nous avons également contacté des agences de réglementation, des experts et des chercheurs spécialisés dans le contrôle du trachome.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés comparant toute forme de mesure d'hygiène environnementale à l'absence de mesure. Ces mesures d'hygiène incluent le contrôle de la prolifération des mouches, l'approvisionnement en eau et la formation sanitaire. Les participants aux essais étaient des personnes résidant habituellement dans les zones endémiques touchées par le trachome.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont extrait des données et évalué la qualité méthodologique des essais inclus, de façon indépendante. Les auteurs des études ont été contactés pour fournir des informations supplémentaires. Six essais répondaient aux critères d'inclusion, mais nous n'avons réalisé aucune méta-analyse en raison de l'hétérogénéité des études.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus six études totalisant 12 294 participants issus de 79 communautés. Deux études évaluant l'efficacité des insecticides en spray comme mesure de contrôle de la prolifération des mouches ont montré une diminution de la transmission du trachome d'au moins 55 % à 61 % par rapport à l'absence d'intervention. Toutefois, une autre étude a montré l'inefficacité des insecticides en spray en termes de diminution de la transmission du trachome. Une étude a montré qu'une autre mesure de contrôle de la prolifération des mouches, à savoir l'installation de latrines, diminuait la transmission du trachome de 29,5 % par rapport à l'absence d'intervention ; toutefois, ce résultat n'était pas significativement différent d'un point de vue statistique et ces découvertes n'ont pas été confirmées par une étude plus récente. Une autre étude a révélé que la formation sanitaire réduisait l'incidence du trachome. Ces découvertes n'ont pas été confirmées par une seconde étude, mais ont toutefois montré qu'un programme de formation sanitaire simple avec un approvisionnement en eau modeste ne diminuait pas la transmission du trachome. Toutefois, la méthodologie utilisée pour la réalisation de toutes ces études soulève des inquiétudes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.