La ventilation liquide partielle pour la ventilation mécanique des enfants gravement malades présentant des lésions pulmonaires aiguës et un syndrome de détresse respiratoire aiguë

L'utilisation de la ventilation liquide partielle pour réduire le nombre de décès et la morbidité chez les enfants atteints de manifestation aiguë d'insuffisance respiratoire n'est pas soutenue par des données issues d'essais contrôlés randomisés.

Les enfants gravement malades peuvent développer une maladie pulmonaire, appelée lésion pulmonaire aiguë ou syndrome de détresse respiratoire aiguë, qui empêche l'oxygénation suffisante du sang. Les enfants sont traités avec la ventilation mécanique via un tube placé dans les voies respiratoires. Cela améliore la fonction pulmonaire et l'apport d'oxygène à l'organisme mais cela peut également entraîner des lésions pulmonaires induites par la ventilation. Les enfants qui survivent à un épisode de cette maladie pulmonaire grave présentent souvent une maladie à long terme, notamment une diminution de la fonction pulmonaire, une altération de la fonction cognitive, un mauvais développement neurologique, et des taux élevés d'invalidité permanente.

La ventilation liquide partielle pourrait être une forme d'assistance respiratoire moins nocive.Un liquide spécial (le perfluorocarbone) est introduit dans les poumons pour remplacer en partie le gaz dans les poumons normalement remplis de gaz, et la ventilation mécanique est poursuivie avec un insufflateur de gaz.

Nous n'avons trouvé quune seule étude contrôlée randomisée multicentrique, rapporté sous forme de résumé dans des actes de conférence, qui était éligible à l'inclusion dans cette mise à jour de la revue Cochrane. L'étude, parrainée par la firme, a recruté 182 patients dans 65 centres. L'essai a été arrêté prématurément, avant d'avoir recruté un nombre suffisant de participants, et avant d'avoir pu détecter toute différence nette entre la ventilation liquide partielle et la ventilation mécanique conventionnelle (le groupe témoin). Le nombre de décès à 28 jours était de 22 % des patients dans le groupe de ventilation liquide partielle et 14 % dans le groupe témoin, la différence n'était pas statistiquement significative ; il y avait une grande variation dans les résultats et une différence cliniquement significative n'a pas pu être exclue. Il y avait d'autres problèmes liés à cet essai, qui rendent ses résultats peu valide, en termes de patients éligibles, d'utilisation d'autres traitements de secours, et le fait que les critères de jugement ont été modifiés au moins deux fois pendant l'étude ; dautres traitements tels que la ventilation à haute fréquence ou le monoxyde d'azote inhalé étaient autorisées dans le groupe témoin.

Conclusions des auteurs : 

Il n'existe aucune donnée issue d'ECR pour étayer ou réfuter l'utilisation de la ventilation liquide partielle chez les enfants présentant des lésions pulmonaires aiguës ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Des ECR avec une puissance suffisante et de haute qualité sont encore nécessaires pour évaluer son efficacité. Des critères de jugement cliniquement pertinents devraient être évalués (la mortalité à la sortie d'hôpital et ultérieurement, la durée de l'assistance respiratoire et de l'hospitalisation, et les résultats neurodéveloppementaux à long terme). Les études devraient être publiées dans leur intégralité.

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Contexte : 

Les lésions pulmonaires aiguës et le syndrome de détresse respiratoire aiguë sont des syndromes d'insuffisance respiratoire sévère. Les enfants présentant des lésions pulmonaires aiguës ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë ont une forte mortalité et les survivants présentent une morbidité significative. On a proposé la ventilation liquide partielle comme une forme d'assistance respiratoire moins nocive pour ces enfants. Des études non contrôlées chez les adultes ont montré une amélioration de l'échange gazeux et de la compliance pulmonaire avec la ventilation liquide partielle. Une seule étude non contrôlée portant sur six enfants présentant un syndrome respiratoire aigu a montré une certaine amélioration de l'échange gazeux pendant trois heures de ventilation liquide partielle. Cette revue a été publiée à l'origine en 2004, mise à jour en 2009 et à nouveau en 2012.

Objectifs : 

Évaluer si la ventilation liquide partielle réduit la mortalité ou la morbidité, ou les deux, chez les enfants présentant des lésions pulmonaires aiguës ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë.

Stratégie de recherche documentaire : 

Dans cette revue mise à jour, nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (La Bibliothèque Cochrane2011, numéro 11) ; CINAHL (Cumulative Index to Nursing & Allied Health Literature) via Ovid (de 1982 à novembre 2011) ; Ovid MEDLINE (de 1950 à novembre 2011) ; et Ovid EMBASE (de 1982 à novembre 2011). La dernière recherche a été effectuée en août 2008.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) qui comparaient la ventilation liquide partielle avec d'autres formes de ventilation chez les enfants (âgés de 28 jours à 18 ans) présentant des lésions pulmonaires aiguës ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Les essais devaient rendre compte d'un ou plusieurs des critères suivants : mortalité ; durée de la ventilation mécanique, assistance respiratoire, oxygénothérapie, séjour en unité de soins intensifs, ou séjour à l'hôpital ; infection ; un trouble cognitif à long terme, développement neurologique ou d'autres morbidités à long terme.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons indépendamment évalué la qualité des études pertinentes et extrait les données des études incluses.

Résultats principaux : 

Une seule étude portant sur 182 patients (rapporté sous forme de résumé dans les actes de congrès) a été identifié et était éligible pour inclusion ; les auteurs ont rapporté que peu de résultats. L'essai a été arrêté prématurément et, par conséquent, avait une puissance statistique insuffisante pour détecter toute différence significative et était à risque élevé de biais. Le seul résultat disponible avec une signification clinique était la mortalité à 28 jours. Il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les groupes, avec un risque relatif pour la mortalité à 28 jours observé dans le groupe de ventilation liquide partielle de 1,54 (intervalle de confiance à 95 % 0,82 à 2,9).

Notes de traduction : 

Aucun

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