Solutions salines de réhydratation orale pour le traitement du choléra : solutions à faible salinité versus à salinité élevée

Le choléra résulte de l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés contenant une bactérie pathogène et se contracte généralement dans des endroits où l’hygiène est médiocre. Il se caractérise par une diarrhée aiguë et des vomissements, pouvant entraîner une déshydratation profonde, voire la mort. Une solution de réhydratation orale (SRO) est un traitement efficace contre la diarrhée et une SRO présentant une concentration saline de ≤ 270 mOsm/L, dont la teneur électrolytique est inférieure à celle de la SRO ≥ 310 mOsm/L précédente, ne présente aucun risque et se révèle plus efficace chez les personnes souffrant de diarrhées non cholériques. Cette revue a révélé qu’une SRO ≤ 270 mOsm/L semble être aussi efficace qu’une SRO ≥ 310 mOsm/L pour la réhydratation de personnes souffrant du choléra, mais elle peut entraîner une baisse des niveaux de sel dans le sang. Des recherches supplémentaires doivent être effectuées afin de mieux comprendre ces problèmes d’innocuité potentiels.

Conclusions des auteurs : 

Chez les personnes souffrant du choléra, la SRO ≤ 270 est associée à une hyponatrémie biochimique lorsqu’elle est comparée à une SRO ≥ 310, mais aucune différence n’est constatée pour les autres critères de jugement. Bien que ce risque ne semble pas être associé à des conséquences graves, l’expérience globale sur le patient dans les essais existants est réduite. Dans des conditions de pratique plus étendues, surtout lorsque la surveillance du patient est difficile, la prudence est de mise.

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Contexte : 

Une solution de réhydratation orale (SRO) permet de traiter la déshydratation causée par des maladies diarrhéiques, y compris le choléra. Les formulations d’une SRO avec une osmolarité (mesure de concentration du soluté) de ≤ 270 mOsm/L (SRO ≤ 270) ne présentent aucun danger et sont plus efficaces que les formulations SRO avec une osmolarité de ≥ 310 mOsm/L (SRO ≥ 310) pour le traitement des diarrhées non cholériques. Étant donné que le choléra entraîne une perte électrolytique rapide, il est important de savoir si ces effets bénéfiques sont similaires pour les personnes souffrant du choléra.

Objectifs : 

Comparer l’innocuité et l’efficacité de la SRO ≤ 270 avec une SRO ≥ 310 pour le traitement de la déshydratation causée par le choléra.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies infectieuses (avril 2011), CENTRAL (The Cochrane Library numéro 4, 2011), MEDLINE (1966 à avril 2011), EMBASE (1974 à avril 2011) et LILACS (1982 à avril 2011). Nous avons également contacté des organisations et consulté les listes de références bibliographiques.

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés comparant une SRO ≤ 270 à une SRO ≥ 310 pour le traitement des adultes et des enfants souffrant d’une diarrhée aiguë causée par le choléra.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont appliqué les critères d’éligibilité, évalué la qualité des essais et extrait des données de façon indépendante. Nous avons combiné les données dichotomiques en utilisant le risque relatif (RR), et les données continues en utilisant la différence moyenne (DM) ou la différence moyenne standardisée (DMS) et présenté les résultats avec leur intervalle de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux : 

Pour la SRO à base de glucose, sept essais (718 participants) ont répondu aux critères d’inclusion. L’hyponatrémie biochimique (niveaux de sodium dans le sang < 130 mmol/L)était plus courante avec une SRO ≤ 270 (RR 1,67, IC 1,09 à 2,57 ; 465 participants, quatre essais), alors qu’un niveau plus élevé d’hyponatrémie biochimique sévère (niveaux de sodium dans le sang < 125 mmol/L) dans le même groupe n’était pas significatif (RR 1,58, IC 0,62 à 4,04 ; 465 participants, quatre essais). Aucun cas d’hyponatrémie symptomatique ou de décès n’a été signalé dans les essais destinés à les évaluer. Nous n’avons trouvé aucune différence statistiquement significative exigeant le recours à une perfusion intraveineuse non planifiée. Des analyses séparant les enfants et les adultes n’ont révélé aucune tendance flagrante.

Deux essais ont aussi examiné une SRO à base de riz. Dans le groupe de la SRO ≤ 270, la diarrhée durait moins longtemps (DM -11,42 heures, IC -13,80 à -9,04 ; 102 participants, deux essais).

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