Abord chirurgical dans l'hystérectomie pour les maladies gynécologiques bénignes

Conclusions des auteurs : 

Chez les femmes opérées par hystérectomie pour une maladie bénigne, la voie vaginale (HV) semble être un meilleur abord que la voie laparoscopique (HL) ou abdominale car elle est associée à une reprise plus rapide des activités normales. Lorsqu'elle est techniquement faisable, l'hystérectomie vaginale devrait être préférée à l'hystérectomie abdominale (HA) en raison d'une récupération plus rapide et de la fréquence inférieure des épisodes fébriles postopératoires. Lorsque l'abord vaginal n'est pas possible, l'hystérectomie laparoscopique présente certains avantages par rapport à l'abord abdominal (notamment une récupération plus rapide et des épisodes fébriles et infections des plaies ou de la paroi abdominale moins fréquents), mais ceux-ci sont contrebalancés par une plus longue durée d'opération. Aucun avantage de l'HL par rapport à l'HV n'a pu être trouvé ; l'opération laparoscopique dure plus longtemps et les hystérectomies totales laparoscopiques (HTL) sont associées à un plus grand nombre d'atteintes des voies urinaires. Sur les trois sous-catégories d'hystérectomie laparoscopique, on dispose de davantage de données issues d'ECR pour l'hystérectomie vaginale assistée par laparoscopie et l'HL que pour l'HTL. L'hystérectomie laparoscopique par orifice unique et l'hystérectomie assistée par robot devraient être abandonnées ou réévaluées car il n'existe aucune preuve qu'elles apportent un quelconque bénéfice par rapport à l'HL conventionnelle. Dans l'ensemble, les preuves de cette revue doivent être interprétées avec prudence car les taux d'événements indésirables étaient faibles, d'où une faible puissance pour ces comparaisons. L'abord chirurgical pour l'hystérectomie devrait être discuté et choisi à la lumière des avantages et des risques relatifs. Ces bénéfices et risques semblent dépendre de l'expérience du chirurgien, et cela peut influencer la décision. En conclusion, lorsque l'hystérectomie vaginale n'est pas possible, la voie laparoscopique peut éviter le recours à l'hystérectomie abdominale, bien qu'elle soit associée à un plus grand nombre de lésions des voies urinaires. Il n'existe aucune preuve que l'hystérectomie assistée par robot soit bénéfique dans cette population. L'abord chirurgical pour l'hystérectomie devra, de préférence, être choisi par la patiente en concertation avec son chirurgien.

Lire le résumé complet...
Contexte : 

Les quatre voies d'abord de l'hystérectomie pour une maladie bénigne sont l'hystérectomie abdominale (HA), l'hystérectomie vaginale (HV), l'hystérectomie laparoscopique (HL) et l'hystérectomie assistée par robot (RH).

Objectifs : 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de différentes voies d'abord chirurgicales de l'hystérectomie pour les femmes présentant des affections gynécologiques bénignes.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes (de leur création jusqu'au 14 août 2014) en utilisant la plateforme Ovid : registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, CINAHL (Index cumulé de la littérature en soins infirmiers et apparentés) et PsycINFO. Nous avons également effectué des recherches dans les bibliographies pertinentes. Nous avons utilisé des termes indexés aussi bien que dans le texte libre.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant les résultats cliniques de deux abords chirurgicaux différents pour les hystérectomies.

Recueil et analyse des données : 

Au moins deux auteurs de la revue ont sélectionné indépendamment les essais, évalué le risque de biais et extrait les données. Nos critères d'évaluation principaux étaient la reprise des activités normales, la satisfaction, la qualité de vie, les lésions viscérales peropératoires et les complications majeures à long terme (fistule, douleurs pelvi-abdominales, dysfonctions urinaires, dysfonctions intestinales, atteinte du plancher pelvien et dysfonctionnement sexuel).

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 47 études portant sur 5102 femmes. Les preuves étaient de qualité faible ou modérée dans la plupart des comparaisons. Les principales limitations étaient la mauvaise qualité des rapports et leur imprécision.

Comparaison de l'hystérectomie vaginale (HV) et de l'hystérectomie abdominale (HA) (neuf ECR, 762 femmes)

La reprise des activités normales était plus rapide dans le groupe de HV (différence moyenne (DM) -9,5 jours, intervalle de confiance (IC) à 95 % de -12,6 à -6,4, trois ECR, 176 femmes, I2= 75 %, preuves de qualité modérée). Il n'y avait aucune preuve d'une différence entre les groupes pour les autres critères d'évaluation principaux.

Comparaison de l'hystérectomie laparoscopique (HL) et de l'hystérectomie abdominale (25 ECR, 2983 femmes)

La reprise des activités normales était plus rapide dans le groupe HL (DM -13,6 jours, IC à 95 % de -15,4 à -11,8 ; six ECR, 520 femmes, I2= 71 %, preuves de faible qualité), mais il y avait davantage de lésions des voies urinaires dans ce groupe (rapport des cotes (RC) 2,4, IC à 95 % de 1,2 à 4,8, 13 ECR, 2140 femmes, I2= 0 %, preuves de faible qualité). Il n'y avait aucune preuve d'une différence entre les groupes pour les autres critères d'évaluation principaux.

Comparaison de l'hystérectomie laparoscopique et de l'hystérectomie vaginale (16 ECR, 1440 femmes)

Il n'y avait aucune preuve d'une différence entre les groupes pour aucun des critères d'évaluation principaux.

Comparaison de l'hystérectomie assistée par robot (RH) et de l'hystérectomie laparoscopique (deux ECR, 152 femmes)

Il n'y avait aucune preuve d'une différence entre les groupes pour aucun des critères d'évaluation principaux. Aucune des études n'a rapporté les taux de satisfaction ni rendu compte de la qualité de vie.

Dans l'ensemble, le nombre d'événements indésirables était faible dans les études incluses.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Suzanne Assénat et révisée par Cochrane France

Tools
Information
Partager/Enregistrer

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.