Vaccin antigrippal pour les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive

Malgré la recommandation pratiquement unanime selon laquelle les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) devraient recevoir une vaccination antigrippale annuelle, très peu d'essais contrôlés randomisés ont évalué les effets de la vaccination chez ces patients. Cette revue examine six études portant sur des patients atteints de BPCO et cinq autres études portant sur des patients âgés ou à haut risque, dont certains étaient atteints d'une maladie pulmonaire chronique. Elle a constaté que les essais randomisés apportaient certaines preuves indiquant que le vaccin antigrippal inactivé diminuait effectivement les « poussées » de BPCO, en particulier lorsqu'elles étaient associées au virus de la grippe. Le vaccin antigrippal inactivé est administré par voie intramusculaire et est associé à une augmentation des effets secondaires locaux tels qu'une douleur au point d'injection. Ces effets secondaires sont passagers, peu graves et compensés par les bénéfices du vaccin à long terme. Le vaccin préparé à partir d'un virus inactivé ne déclenche pas de grippe ni d'aggravation significative de la BPCO.

Conclusions des auteurs : 

Sur la base du nombre limité d'études existantes, le vaccin inactivé semble réduire les exacerbations chez les patients atteints de BPCO. La taille d'effet était similaire à celle rapportée dans de grandes études observationnelles et était due à une réduction des exacerbations survenant trois semaines ou plus après la vaccination, et des exacerbations dues à la grippe. Une légère augmentation des effets indésirables locaux passagers était observée avec la vaccination, mais aucune preuve d'augmentation des exacerbations précoces n'était rapportée.

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Contexte : 

La vaccination antigrippale est actuellement recommandée dans la prise en charge des patients atteints de BPCO, mais ces recommandations reposent largement sur des preuves issues d'études observationnelles et très peu d'essais contrôlés randomisés (ECR) ont étudié la question. L'infection grippale entraîne une morbidité et une mortalité excessives chez les patients atteints de BPCO, mais la vaccination antigrippale pourrait potentiellement entraîner des effets indésirables ou être peu rentable.

Objectifs : 

Évaluer les preuves issues d'ECR concernant l'effet thérapeutique de la vaccination antigrippale chez les patients atteints de BPCO. Les critères de jugement pertinents étaient les taux d'exacerbations, les hospitalisations, la mortalité, la fonction pulmonaire et les effets indésirables.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons consulté le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires et les références bibliographiques des articles. Des références ont également été fournies par plusieurs sociétés pharmaceutiques que nous avons contactées. La dernière recherche a été effectuée en mai 2010.

Critères de sélection : 

Les ECR comparant des vaccins préparés à partir d'un virus vivant ou inactivé à un placebo, seuls ou combinés à un autre vaccin chez des patients atteints de BPCO. Les études portant sur des patients asthmatiques ont été exclues.

Recueil et analyse des données : 

Les données ont été extraites par deux évaluateurs. Tous les résultats ont été revérifiés. Les auteurs des études et des sociétés pharmaceutiques ont été contactés afin d'obtenir des informations manquantes.

Résultats principaux : 

Onze essais ont été inclus mais seuls six portaient spécifiquement sur des patients atteints de BPCO. Les autres portaient sur des personnes âgées et des sujets à haut risque dont certains étaient atteints d'une maladie pulmonaire chronique. Le vaccin inactivé chez les patients atteints de BPCO entraînait une réduction significative du nombre total d'exacerbations par sujet vacciné par rapport aux patients sous placebo (différence moyenne pondérée (DMP) de -0,37, intervalle de confiance à 95 %, entre -0,64 et -0,11, P = 0,006). Ceci était dû à la réduction des exacerbations « tardives » survenant au bout de trois à quatre semaines (DMP de -0,39, IC à 95 %, entre -0,61 et -0,18, P = 0,0004). Dans Howells 1961, une réduction également significative du nombre de patients rapportant des exacerbations tardives était observée (rapports des cotes de 0,13, IC à 95 %, entre 0,04 et 0,45, P = 0,002). Howells 1961 et Wongsurakiat 2004 rapportaient qu'un vaccin antigrippal inactivé réduisait les infections respiratoires liées à la grippe (DMP de 0,19, IC à 95 %, entre 0,07 et 0,48, P = 0,0005). Chez les patients atteints de BPCO comme chez les patients âgés (dont une minorité était atteinte de BPCO), une augmentation significative des réactions indésirables locales était observée chez les sujets vaccinés, mais ces effets étaient généralement légers et passagers. Il n'existait aucune preuve de l'effet d'un vaccin intranasal à virus vivant atténué lorsqu'il était ajouté à une vaccination intramusculaire inactivée. Les études sont trop petites pour pouvoir détecter un quelconque effet sur la mortalité.

Une mise à jour effectuée en septembre 2001 n'a pas permis d'identifier d'autres études. Une recherche effectuée en 2003 a permis d'identifier deux rapports supplémentaires correspondant à une même étude éligible (Gorse 2003). Une recherche effectuée en 2004 a permis d'identifier deux rapports correspondant à une autre étude éligible (Wongsurakiat 2004). L'auteur nous a informés de l'existence d'un autre rapport sur la même étude (Wongsurakiat 2004/2). Une mise à jour effectuée en mai 2010 n'a pas permis d'identifier de nouvelles études pertinentes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez-ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.