Ivermectine dans le traitement de la cécité des rivières (onchocercose)

L'onchocercose est provoquée par de minuscules vers et est transmise d'une personne à une autre par une petite mouche piqueuse. La mouche se reproduit dans les rivières et les cours d'eau rapides, principalement en Afrique de l'Ouest. La maladie provoque de graves démangeaisons et un épaississement de la peau, et endommage les structures à l'avant et à l'arrière de l'œil. Elle affecte également le nerf qui relie l'œil au cerveau.

Quatre études réalisées en Afrique de l'Ouest ont été incluses dans la revue ; deux études à petite échelle au Ghana et au Liberia et deux études communautaires à plus grande échelle au Nigeria et en Sierra-Léone. Dans les études à plus petite échelle, les personnes souffrant d'une infection onchocerquienne ont reçu une dose d'ivermectine ou de placebo et ont été suivies pendant un an. Dans les études à plus grande échelle, tous les individus appartenant aux communautés sélectionnées ont été traités tous les six ou 12 mois avec de l'ivermectine ou un placebo, qu'ils aient été infectés ou non, et ont été suivis pendant deux à trois ans. Cette revue a découvert que l'ivermectine pouvait prévenir les lésions de la partie antérieure de l'œil, mais son efficacité pour prévenir la cécité reste incertaine.

Conclusions des auteurs : 

Le manque de preuve concernant la prévention de la déficience visuelle et la cécité ne devrait pas être interprété comme une absence d'efficacité de l'ivermectine, cependant, il s'agit clairement d'une question clé qui reste sans réponse. La principale preuve d'un effet protecteur du traitement collectif à l'ivermectine sur la perte de champ visuel et la maladie du nerf optique provient de communautés situées dans des zones mésoendémiques en termes de souche de savane de O.volvulus. On ignore si ces résultats peuvent être appliqués à des communautés présentant un niveau d'endémie différent et étant touchées par la souche de forêt. Des effets indésirables graves ont rarement été signalés. Aucune des études n'a toutefois été réalisée dans des zones où les personnes étaient infectées par le Loa loa (loasis).

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Contexte : 

On pense que l'ivermectine (un microfilaricide) pourrait prévenir la cécité due à l'onchocercose. Cependant, lorsqu'elle est administrée à tous les membres des communautés où l'onchocercose est courante, les effets de l'ivermectine sur les lésions qui touchent l'œil sont incertains et les données indiquant si le médicament prévient la perte de la vision sont peu claires.

Objectifs : 

L'objectif de cette revue était d'évaluer l'efficacité de l'ivermectine pour prévenir la déficience visuelle et la perte de champ visuel dans la maladie oculaire onchocerquienne. Le deuxième objectif était d'évaluer les effets de l'ivermectine sur les lésions qui touchent l'œil dans l'onchocercose.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur l'œil et la vision) (The Cochrane Library 2012, numéro 3), MEDLINE (de janvier 1950 à avril 2012), EMBASE (de janvier 1980 à avril 2012), le méta-registre des essais contrôlés (mREC) (www.controlled-trials.com), ClinicalTrials.gov (www.clinicaltrials.gov) et le système d'enregistrement international des essais cliniques de l'OMS (ICTRP pour « International Clinical Trials Registry Platform ») (www.who.int/ictrp/search/en). Nous n'avons appliqué aucune restriction concernant la langue ou la date dans les recherches électroniques d'essais. Nous avons effectué la dernière consultation des bases de données le 2 avril 2012.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés avec un suivi d'au moins un an comparant l'ivermectine à un placebo ou à l'absence de traitement. Les participants aux essais étaient des personnes résidant normalement dans des communautés où l'onchocercose était endémique et présentant ou non un ou plusieurs signes caractéristiques de l'onchocercose oculaire.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont extrait indépendamment les données et évalué la qualité méthodologique des essais. Nous avons contacté les auteurs des études pour obtenir des informations supplémentaires. Du fait que les essais présentaient des plans d'étude et des contextes différents, nous n'avons pas été en mesure de réaliser une méta-analyse.

Résultats principaux : 

La revue a inclus quatre essais : deux études à petite échelle (n = 398) dans lesquelles les personnes souffrant d'infection onchocerquienne recevaient une dose d'ivermectine ou de placebo et étaient suivies pendant un an ; et deux études communautaires à plus grande échelle (n = 4 941) dans lesquelles tous les individus appartenant aux communautés sélectionnées étaient traités tous les six ou 12 mois avec de l'ivermectine ou un placebo, qu'ils aient été infectés ou non, et étaient suivis pendant deux à trois ans. Les études fournissent des preuves indiquant que le traitement des personnes atteintes d'onchocercose avec de l'ivermectine réduit le nombre de microfilaires dans leur peau et leurs yeux et réduit le nombre d'opacités ponctuées. Les preuves indiquant que l'ivermectine réduisait le risque de choriorétinite étaient moins fiables. Les études étaient réalisées à trop petite échelle et sur une durée trop courte pour fournir des preuves d'un effet sur la kératite sclérosante, l'iridocyclite, la maladie du nerf optique ou la perte de vision. Une étude communautaire dans des communautés en zone mésoendémique concernant la souche de savane de O.volvulus a fourni des preuves indiquant que le traitement collectif annuel à l'ivermectine réduisait le risque de nouveaux cas de maladie du nerf optique et perte de champ visuel. L'autre étude communautaire portant sur le traitement collectif bisannuel à l'ivermectine dans des communautés touchées par la souche de forêt de O.volvulus a démontré des réductions de la charge microfilaire, de la kératite ponctuée et de l'iridocyclite, mais pas de la kératite sclérosante, de la choriorétinite, de l'atrophie optique ou de la déficience visuelle. L'étude n'avait pas la puissance suffisante pour estimer l'effet de l'ivermectine sur la déficience visuelle et les autres signes cliniques moins fréquents. Les études incluses dans cette revue ont signalé des effets indésirables, en particulier un risque accru d'hypotension orthostatique chez les personnes traitées à l'ivermectine.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.