Antibiotiques comparés à l’absence de traitement ou à un placebo pour le traitement de la rétinochoroïdite toxoplasmique

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Une rétinochoroïdite toxoplasmique survient quand un parasite dénommé toxoplasma gondii pénètre dans la rétine (couche sensible à la lumière à l'intérieur de l'œil) et la choroïde (couche de la paroi du globe oculaire près de la rétine). Il s'ensuit une inflammation qui peut laisser une lésion cicatricielle sur la rétine et réduire la vision. Les symptômes sont notamment une sensation soudaine de gêne oculaire et une perte de vision, qui disparaissent généralement spontanément en l'espace de six à huit semaines. Il peut y avoir des réactivations de l'infection, ce qui augmente les risques d'altérations. Les antibiotiques sont parfois utilisés pour tenter de réduire l'inflammation et les lésions cicatricielles, ou pour empêcher une réactivation de l'infection, mais on ne connaît pas leur degré d'efficacité. La revue a trouvé trois études portant sur un total de 173 participants de tout âge qui comparaient des antibiotiques à l'absence de traitement ou à un placebo. Deux études ont examiné l'effet des antibiotiques sur la réduction de la récurrence des épisodes de la maladie. Une étude a montré que chez les adultes brésiliens, infectés par des souches sud-américaines plus agressives du parasite, qui présentent souvent des symptômes oculaires récurrents, une antibiothérapie à long terme sur 14 mois a réduit le nombre d'épisodes récurrents de rétinochoroïdite. La seconde étude n'a pas trouvé qu'une antibiothérapie à court terme apportait une quelconque différence. Les effets secondaires de l'administration d'antibiotiques, tels que diminution des globules blancs, perte d'appétit, éruptions cutanées et autres réactions allergiques, ont été étudiés dans deux études portant sur l'antibiotique pyriméthamine : il n'en est ressorti que de maigres éléments de preuve indiquant que les antibiotiques augmentent le risque d'effets secondaires. Toutes les études comportaient des problèmes en matière de conception, de conduite et d'analyses, qui pourraient avoir faussé les résultats. Il n'y avait pas suffisamment de preuves pour établir si les antibiotiques (à court terme ou à long terme) empêchent la perte de vision. D'autres essais sont nécessaires, y compris des essais portant sur de nouveaux antibiotiques.

Conclusions des auteurs : 

Il n’existe pas suffisamment de preuves pour recommander le recours systématique à une antibiothérapie pour le traitement de la rétinochoroïdite toxoplasmique aiguë. Il existe certaines preuves non concluantes suggérant que le traitement à long terme est susceptible de réduire la récurrence des rétinochoroïdites chez les patients atteints de rétinochoroïdite toxoplasmique récurrente due à des souches sud-américaines plus virulentes de Toxoplasma gondii. Des essais contrôlés contre placebo chez des patients atteints de rétinochoroïdites toxoplasmiques aiguës et chroniques affectant une quelconque partie de la rétine sont nécessaires pour déterminer l'efficacité de l'antibiothérapie.

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Contexte : 

La rétinochoroïdite toxoplasmique aiguë provoque des symptômes transitoires de gêne oculaire et peut conduire à une perte de vision permanente. Le traitement antibiotique a pour principal objectif de réduire le risque de perte de vision permanente, de récurrence de la rétinochoroïdite, mais aussi la sévérité et la durée des symptômes aigus. Il existe des incertitudes quant à l'efficacité du traitement antibiotique.

Objectifs : 

Comparer les effets des antibiotiques versus placebo ou l’absence de traitement pour la rétinochoroïdite toxoplasmique.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre des essais du groupe Cochrane sur l'œil et la vision) (The Cochrane Library 2011, numéro 1), MEDLINE (de janvier 1950 à février 2011), EMBASE (de janvier 1980 à février 2011), Latin American and Caribbean Health Sciences Literature Database (LILACS) (de janvier 1982 à février 2011), le méta-registre des essais contrôlés (mREC) (www.controlled-trials.com) (Février 2011)et ClinicalTrials.gov (www.clinicaltrials.gov) (Février 2011). Nous avons également effectué des recherches dans les archives du National Research Register (NRR) et dans la base de données UKCRN (UK Clinical Research Network Portfolio Database) le 23 Janvier 2008. Les dernières recherches ont été effectuées en Juin 2001 dans Dissertation Abstracts, en Mars 2000 dans PASCAL et des recherches ont été effectuées dans les actes de l’Association for Research in Vision and Ophthalmology de 1980 à 2001. Nous avons également effectué des recherches dans les symposiums internationaux sur l'uvéite. Nous avons effectué des recherches dans les bibliographies d'articles identifiés et contacté des laboratoires pharmaceutiques pour obtenir des informations sur des essais non publiés. Aucune restriction concernant la langue ou la date de publication n'a été appliquée aux recherches d'essais. Les dernières recherches dans les bases de données électroniques ont été effectuées le 07 février 2011.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés qui comparaient tout traitement antibiotique systémique à un placebo ou à l’absence de traitement. Les essais qui incluaient des patients immunodéprimés ont été exclus.

Recueil et analyse des données : 

Les principaux critères de jugement de la présente revue étaient l'acuité visuelle à au moins trois mois après traitement et le risque d'épisodes récurrents de rétinochoroïdite. Les critères de jugement secondaires étaient l'amélioration des symptômes et des signes d'inflammation intraoculaire, la taille des lésions et les événements indésirables. Les mesures des effets ont été regroupées en utilisant un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux : 

Trois essais, qui randomisaient un total de 173 participants, répondaient aux critères d'inclusion. La qualité méthodologique de tous les essais était médiocre. Aucun n'a rapporté l'effet du traitement sur l'acuité visuelle. Deux études ont rapporté des résultats concernant la rétinochoroïdite récurrente : l’une (124 participants) a mis en évidence une réduction significative chez les participants au Brésil atteints d’une pathologie chronique récurrente ayant été traités pendant 14 mois (risque relatif (RR) = 0,29, intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,10 à 0,81) ; l'autre (20 participants) n'a trouvé aucune preuve d'effet chez les participants atteints de rétinochoroïdite toxoplasmique aiguë (RR =1,00, IC à 95 % de 0,07 à 13,87). Deux études ont rapporté une amélioration de l'inflammation intraoculaire chez les participants traités comparativement aux participants non traités et une étude n'a rapporté aucune différence. Deux études ont trouvé un risque accru d'événements indésirables chez les participants traités.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.