L'insémination intra-utérine versus l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope pour l'infertilité non-tubaire

Question de la revue: Cette revue comparait l'insémination intra-utérine par rapport à l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope pour traiter l'hypofertilité non-tubaire, pour les naissances vivantes et les critères de jugement de la grossesse.

Contexte:L'insémination intra-utérine (IIU) est une procédure de procréation assistée qui place les spermatozoïdes directement dans l'utérus. L’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope est une procédure similaire qui place les spermatozoïdes dans les trompes de Fallope de la femme, plus proche des ovules que l'IIU. Les deux techniques visent à améliorer les chances de conception.

Caractéristiques de l'étude: La revue a inclus 16 essais contrôlés randomisés (plus de 1 800 femmes) qui comparaient ces procédures pour traiter les couples à hypofertilité non-tubaire. Seule trois essais ont rapporté des naissances vivantes. Les preuves sont à jour en septembre 2013. Aucun essai n'a rapporté sa source de financement, mais un essai a rapporté qu’il n’y avait eu aucun conflit d'intérêt et un essai indiquait qu'il n'avait pas reçu de financement commercial.

Résultats principaux: Aucune preuve évidente ne suggère de différence entre l'IIU et l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope en ce qui concerne leur efficacité et l'innocuité dans le traitement des couples à hypofertilité non-tubaire. Cependant, un niveau élevé d'incertitude à travers les critères de jugement est évident, ceci en raison du manque de données.

Qualité des preuves: La qualité des preuves était généralement jugée faible pour la plupart des critères de jugement, principalement en raison de la petite quantité de données disponibles.

Conclusions des auteurs : 

A l’heure actuelle, nous ne disposons pas preuve solide suggérant toute différence entre l'IIU et l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope en ce qui concerne leur efficacité et l'innocuité pour traiter les couples à hypofertilité non-tubaire. Cependant, un niveau élevé d'incertitude est évident dans les critères de jugement et des recherches supplémentaires pourraient être utiles.

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Contexte : 

L'insémination intra-utérine (IIU) est un traitement courant pour les couples présentant une hypofertilité qui n'implique pas les trompes de Fallope. Elle est utilisée pour amener les spermatozoïdes à proximité de la propagation des ovocytes. Une autre méthode d'introduction de spermatozoïdes est l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope. L’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope permet une densité plus élevée de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope au moment de l'ovulation comparée à l'IIU standard. Ces traitements sont souvent utilisés en association à une hyperstimulation ovarienne.

Objectifs : 

Comparer l'insémination intra-utérine par rapport à l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope pour traiter l'hypofertilité non-tubaire, pour les naissances vivantes et les critères de jugement de la grossesse.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans les essais cliniques du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et l'hypofertilité, MEDLINE, CINAHL et EMBASE, de leur origine respective jusqu' à septembre 2013. Nous avons également consulté les références bibliographiques des études et les registres d'essais.

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant l'IIU avec l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope chez les couples à hypofertilité non-tubaire ont été inclus.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les études à inclure, évalué la qualité des études et extrait les données. Si des études étaient suffisamment similaires, les données étaient combinées en utilisant un modèle à effets fixes pour calculer les rapports de cotes (RC) et des intervalles de confiance (IC) à 95%. Un modèle à effets aléatoires a été utilisé si une hétérogénéité statistique importante était détectée. Les études qui incluaient des participants atteints d’hypofertilité inexpliqués ou mixte (non-tubaire) ont été analysées séparément des études limitées aux participants atteints d'hypofertilité masculine légère ou modérée. La qualité globale des preuves pour les critères de jugement principaux a été résumée à l'aide du critère de développement et d’évaluation GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation).

Résultats principaux : 

La revue a inclus 16 ECR. Quatorze ECR (1 745 femmes) ont été inclus dans la méta-analyse. Seule trois études ont rapporté les naissances vivantes par couple. Aucune preuve d'une différence statistiquement significative n'était observée entre l'IIU et l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope pour les naissances vivantes (RC 0,94, IC à 95% 0,59 à 1,49, trois ECR, 633 femmes, I2 =0%, preuves de faible qualité) ou pour les grossesses cliniques (RC 0,75, IC à 95% 0,49 à 1,12, 14 ECR, 1 745 femmes, I 2 =52%, preuves de très faible qualité). Ces critères de jugement suggèrent que, pour un couple présentant une chance de 13% d’une naissance vivante en ayant recours à une injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope, les chances avec l'IIU étaient entre 8 et 19%; et pour les couples présentant une chance de grossesse de 19% à l'aide d’une injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope, les chances de grossesse avec l'IIU étaient entre 10 et 20%. Il n’y avait aucune évidence de différence statistiquement significative entre l'IIU et l’injection de spermatozoïdes dans les trompes de Fallope concernant les grossesses multiples (RC 0,96, IC à 95% 0,44 à 2,07, huit ECR, 197 femmes, I 2 =0%, preuves de faible qualité), les fausses couches (RC 1,23, IC à 95% 0,60 à 2,53, sept ECR, 199 femmes, I2 =0%, preuves de faible qualité) ou les grossesses extra-utérines (RC 1,71, IC à 95% 0,42 à 6,88, quatre ECR, 111 femmes, I2 = preuves de très faible qualité). Une hétérogénéité substantielle était observée pour le résultat des grossesses cliniques (I 2 =54%), pour lequel aucune explication claire n’a été apportée.

Notes de traduction : 
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