Cyclophosphamide pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Cette revue portait sur 31 patients traités au cyclophosphamide et 39 patients sous placebo. Les patients traités au cyclophosphamide présentaient une amélioration du nombre d’articulations sensibles et enflées. Les patients ayant reçu un placebo présentaient une probabilité six fois supérieure d’interrompre le traitement en raison d’un manque d’efficacité par rapport aux patients traités au cyclophosphamide. Les arrêts prématurés dus à des réactions indésirables étaient supérieurs chez le groupe traité au cyclophosphamide. Les effets secondaires du cyclophosphamide incluaient : cystite hémorragique, nausées, vomissements, leucopénie, thrombopénie, alopécie, aménorrhée et zona.

Le cyclophosphamide semble avoir un effet cliniquement et statistiquement significatif sur l’activité de la maladie des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. En raison de ses effets secondaires graves, son usage devrait cependant être limité aux patients pour lesquels les autres traitements ont échoué.

Conclusions des auteurs: 

Le cyclophosphamide semble avoir un effet cliniquement et statistiquement significatif sur l’activité de la maladie des patients atteints de PR. Cet effet est similaire à celui de certains médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM), tels que les antipaludéens ou la sulfasalazine, mais inférieur à celui du méthotrexate. Sa toxicité est cependant élevée, ce qui limite son usage étant donné son faible rapport bénéfice-risque par rapport à d’autres agents antirhumatismaux.

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Contexte: 

L’usage de médicaments immunodépresseurs pour le traitement de la PR est recommandé depuis plusieurs dizaines d’années. Le cyclophosphamide est un agent antinéoplasique couramment utilisé pour le traitement des patients cancéreux. C’est un médicament alcoylant ayant un effet cytotoxique marqué sur les cellules mononuclées et d’autres leucocytes.

Objectifs: 

Évaluer les effets à court terme du cyclophosphamide pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre du Groupe de revue Cochrane sur les troubles musculo-squelettiques, le registre Cochrane des essais contrôlés (numéro 3, 2000), MEDLINE et Embase jusqu’au mois d’août 2000 inclus. Une recherche manuelle des références bibliographiques des essais issus de la recherche électronique a également été effectuée.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR) et essais cliniques comparatifs (ECC) comparant le cyclophosphamide oral à un placebo (ou à un médicament actif à une dose considérée inefficace) chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été résumées par deux évaluateurs de manière indépendante. La qualité méthodologique des ECR et des ECC a été évaluée par les deux mêmes évaluateurs à l’aide d’une liste de vérification homologuée (Jadad 1996). Les mesures des résultats de la polyarthrite rhumatoïde ont été extraites des publications pour le début et la fin de l’étude. L’analyse combinée a été réalisée à l'aide des différences moyennes standardisées (DMS) pour le nombre d’articulations. Les différences moyennes pondérées (DMP) ont été utilisées pour la vitesse de sédimentation des hématies (VS). La toxicité a été évaluée au moyen de rapports des cotes combinés pour les arrêts prématurés. Un test du Chi2 a été utilisé pour évaluer l’hétérogénéité des essais. Des modèles à effets fixes ont été utilisés pendant toute l’étude.

Résultats principaux: 

70 patients ont été inclus dans l’analyse combinée de deux essais, dont 31 traités au cyclophosphamide. Un avantage statistiquement significatif a été observé pour le cyclophosphamide par rapport à un placebo concernant le nombre d'articulations sensibles et enflées : Les DMS étaient respectivement de -0,57 et -0,59. La différence de VS donnait également l’avantage au médicament actif mais n'était pas statistiquement significative (-12 mm, IC de 95 % : entre -26 et 2,5). Un essai rapportait le nombre de patients développant une nouvelle érosion ou une aggravation de l’érosion existante : le rapport des cotes pour le cyclophosphamide par rapport au placebo était de 0,17 (IC de 95 % : entre 0,05 et 0,57).

Les patients ayant reçu un placebo présentaient une probabilité six fois supérieure d’interrompre le traitement en raison d’un manque d’efficacité que les patients traités au cyclophosphamide. Les arrêts prématurés dus à des réactions indésirables étaient supérieurs chez le groupe traité au cyclophosphamide (rapport des cotes = 2,9), mais cette différence n'était pas statistiquement significative. Les effets secondaires du cyclophosphamide incluaient : cystite hémorragique, nausées, vomissements, leucopénie, thrombopénie, alopécie, aménorrhée et zona.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.