L'hypothermie (le refroidissement de la température du corps) pour les personnes ayant été blessées au cerveau

Question de la revue

Quels sont les effets d'une légère hypothermie (le refroidissement de la température du corps) suite à une blessure au cerveau sur les décès, les mauvais résultats, ou les infections pulmonaires graves (les pneumonies) ?

Contexte

L'hypothermie est utilisée depuis de nombreuses années pour traiter les personnes ayant été gravement blessées au cerveau. Cette intervention implique de refroidir la tête ou tout le corps jusqu'à une température en dessous de la température corporelle normale. Nous avons cherché à évaluer si les personnes traitées par l'hypothermie après avoir été blessées au cerveau sont moins susceptibles de mourir ou d'avoir de mauvais résultats (c'est-à-dire de mourir, d'entrer dans un coma ou de présenter une grave invalidité) et si l'utilisation de l'hypothermie pourrait augmenter le risque de développer une grave infection pulmonaire appelée pneumonie.

Date des recherches

Les preuves sont à jour jusqu'à mars 2016.

Les caractéristiques de l'étude

Nous avons inclus 37 études comprenant 3110 participants. Dans chaque essai, les patients ont été divisés en deux groupes : un groupe a été maintenu à la température corporelle normale de 36,5 à 38 ° C, et l'autre groupe a été refroidi jusqu'à un maximum de 35 ° C pendant au moins 12 heures.

Principaux résultats

Nous n'avons pas regroupé les résultats de ces études pour évaluer si l'hypothermie améliore les résultats des patients car les résultats présentaient d'importantes différences que nous n'avons pas réussi à expliquer. Nous avons identifié certaines différences dans la manière dont les études ont été réalisées et au niveau des participants que les auteurs des études avaient recruté, mais nous n'avons pas évalué si cela pouvait expliquer les différences dans les résultats. Nous n'avions pas suffisamment de preuves à la fois de bonne qualité et suffisamment semblables pour pouvoir affirmer avec certitude que traiter les personnes ayant été gravement blessées au cerveau par l'hypothermie permet de réduire l'incidence des décès ou de l'invalidité grave, ou si celle-ci augmente l'incidence de la pneumonie.

La qualité des preuves

De nombreuses études n'étaient pas bien documentées et nous n'avons pas pu évaluer si les différences au niveau de la qualité des études pouvaient également avoir affecté nos résultats. Nous avons utilisé l'approche GRADE pour évaluer la qualité des preuves. Nous avons jugé que les preuves concernant les décès ou l'invalidité grave étaient de très faible qualité, et que les preuves concernant la pneumonie étaient de faible qualité.

Conclusions des auteurs : 

Bien que de nombreuses études aient été réalisées, il n'existe pas de preuves de haute qualité indiquant que l'hypothermie est bénéfique dans le traitement des personnes ayant un traumatisme crânien. Davantage de recherches méthodologiquement robustes sont nécessaires dans ce domaine afin de déterminer l'effet de l'hypothermie chez les personnes ayant un traumatisme crânien.

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Contexte : 

Cela fait déjà de nombreuses années que l'hypothermie est utilisée dans le traitement des traumatismes crâniens. Des résultats encourageants provenant d'essais de petite taille et d'études de laboratoire ont conduit à un regain d'intérêt dans ce domaine et à quelques essais à plus grande échelle.

Objectifs : 

Déterminer l'effet de l'hypothermie légère pour le traitement des traumatismes crâniens sur la mortalité, les résultats fonctionnels à long terme et les complications.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans des bases de données jusqu'au 21 mars 2016. Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les blessures, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, The Cochrane Library), MEDLINE (OvidSP), Embase Classic + Embase (OvidSP), PubMed, ISI Web of science (SCI-EXPANDED, SSCI, CPCI-s & CPSI-SSH), dans des registres d'essais cliniques, et nous avons examiné les références bibliographiques des études. Nous avons également relancé ces recherches en juin 2017 peu avant la publication ; les résultats de ces dernières recherches sont présentés dans « Études en attente de classification ».

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés portant sur des participants ayant un traumatisme crânien fermé nécessitant une hospitalisation ayant été traités par l'hypothermie jusqu'à un maximum de 35 ° C pendant au moins 12 heures consécutives. Le traitement par l'hypothermie a été comparé au maintien de la normothermie (36,5 à 38 ° C).

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont évalué les données concernant la mortalité et les conséquences défavorables conformément à la Glasgow Outcome Scale, ainsi que les données relatives à la pneumonie.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 37 essais éligibles portant sur un total de 3110 participants randomisés ; neuf nouveaux essais ont été inclus depuis la dernière mise à jour (2009) et cinq études avaient été précédemment exclues mais celles-ci ont été ré-évaluées et incluses au cours de la mise à jour de 2017. Nous avons identifié deux études en cours à partir de recherches dans des registres d'essais cliniques et de recherches dans des bases de données et deux études sont en attente de classification.

Les études ont inclus des adultes et des enfants ayant un traumatisme crânien. La plupart des études ont débuté le traitement immédiatement après l'admission à l'hôpital ou suite à des craniotomies et l'ensemble des traitements ont été maintenus pendant au moins 24 heures. Trente-trois études ont fourni des données concernant la mortalité, 31 études ont fourni des données concernant les résultats défavorables (le décès, l'état végétatif ou l'incapacité grave), et 14 études ont rapporté des données concernant les pneumonies. Un examen visuel des résultats pour ces critères de jugement a montré des incohérences entre les études, avec des différences au niveau de la direction de l'effet, et nous n'avons pas regroupé ces données pour la méta-analyse. Nous avons examiné la durée du traitement de l'hypothermie et la durée du suivi dans les données recueillies pour ces sous-groupes ; les différences au niveau des données des études étaient toujours présentes et nous n'avons pas réalisé de méta-analyse.

Les études étaient généralement piètrement rapportées et nous n'avons pas été en mesure d'évaluer le risque de biais de manière adéquate. L'hétérogénéité était évidente à la fois dans les plans d'étude et au niveau des critères d'inclusion des participants. Les incohérences dans les résultats pourraient s'expliquer par l'hétérogénéité entre les participants aux études ou par les biais introduits par les méthodologies des études individuelles, mais nous n'avons pas étudié cette question en détail dans les analyses en sous-groupes ou de sensibilité. Nous avons utilisé l'approche GRADE pour évaluer la qualité des preuves pour chaque critère de jugement et rabaissé la qualité des preuves pour la mortalité et les résultats défavorables à très faible. Nous avons rabaissé la qualité des preuves concernant le critère de jugement des pneumonies à faible.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Martin Vuillème

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