Le misoprostol par voie vaginale est efficace pour déclencher le travail, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires quant à son innocuité

Il est parfois nécessaire de déclencher artificiellement l'accouchement pour des raisons touchant à la sécurité de la mère ou du bébé. Le misoprostol est une hormone donnée par insertion dans le vagin ou le rectum, ou par voie orale, pour amener le col de l’utérus à maturité et déclencher l'accouchement. La revue de 121 essais a montré que des doses plus élevées de misoprostol sont plus efficaces que la prostaglandine et que l'ocytocine est moins souvent utilisée en supplément. Toutefois, le misoprostol accroit également l'hyperstimulation de l'utérus. À des doses plus faibles, les résultats sont similaires à ceux d'autres méthodes. Les essais cliniques examinés sont trop petits pour permettre de déterminer s'il y a aggravation du risque de rupture de l'utérus. Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur l'innocuité et les meilleurs dosages du misoprostol. Une autre revue Cochrane a montré que la voie d'administration orale est préférable à la voie vaginale.

Conclusions des auteurs : 

Le misoprostol par voie vaginale à des doses supérieures à 25 mcg toutes les quatre heures était plus efficace que les méthodes conventionnelles d'induction du travail, mais avec plus d'hyperstimulation utérine. Des doses plus faibles étaient similaires aux méthodes classiques quant à l'efficacité et aux risques. Les auteurs sollicitent des informations sur les cas de rupture utérine connus des lecteurs. La voie vaginale ne doit plus être investiguée puisqu'une autre revue Cochrane a montré que la voie d'administration orale est préférable à la voie vaginale. Les organismes professionnels et gouvernementaux devraient convenir de directives pour l'utilisation du misoprostol, basées sur les meilleures preuves disponibles et les circonstances locales.

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Contexte : 

Le misoprostol (Cytotec, Searle) est un analogue de la prostaglandine E1 largement utilisé pour des indications non conformes telles que l'induction de l'avortement et du travail. Ceci fait partie d'une série de revues sur les méthodes de maturation cervicale et de déclenchement du travail utilisant une méthodologie standardisée.

Objectifs : 

Déterminer les effets du misoprostol par voie vaginale pour la maturation cervicale ou l'induction du travail au troisième trimestre.

Stratégie de recherche documentaire : 

Le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (novembre 2008) ainsi que les références bibliographiques d'articles pertinents. Nous avons mis à jour ces recherches le 30 avril 2010 et ajouté les résultats à la section de classification en attente.

Critères de sélection : 

Des essais cliniques comparant le misoprostol par voie vaginale utilisé pour la maturation cervicale ou l'induction du travail au troisième trimestre, à un placebo, à l'absence de traitement ou à d'autres méthodes figurant avant lui dans une liste prédéfinie de méthodes d'induction du travail.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons développé une stratégie pour faire face à l'important volume et à la complexité des données d'essais relatives à l'induction du travail. Ceci impliquait une méthode d'extraction des données en deux étapes.

Nous avons utilisé une méta-analyse à effet fixe de Mantel-Haenszel pour combiner les données dichotomiques.

Quand nous avons identifié une hétérogénéité substantielle (I² supérieur à 50 %), nous avons utilisé une méthode à effets aléatoires.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus 121 essais. Le risque de biais doit être gardé à l'esprit puisque seulement 13 essais étaient en double aveugle.

Comparativement au placebo, le misoprostol était associé à moins d'échecs dans l'obtention d'un accouchement par voie basse dans les 24 heures (risque relatif (RR) 0,51 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,37 à 0,71). L'hyperstimulation utérine, sans changements dans la fréquence cardiaque fœtale (FCF), était augmentée (RR 3,52 ; IC à 95 % 1,78 à 6,99).

En comparaison avec la prostaglandine E2 par voie vaginale, la prostaglandine E2 intracervicale et l'ocytocine, le misoprostol par voie vaginale était associé à une moindre utilisation d'analgésie épidurale, à moins d'échecs dans l'obtention d'un accouchement par voie basse dans les 24 heures et à plus d'hyperstimulation utérine. En comparaison avec la prostaglandine E2 par voie vaginale ou intracervicale, l'augmentation de l'ocytocine était moins fréquente avec le misoprostol et le liquide amniotique méconial était plus fréquent.

Des doses plus faibles de misoprostol comparées à des doses plus élevées étaient associées à plus de besoin d'augmentation de l'ocytocine et à moins d'hyperstimulation utérine, avec ou sans changements de la FCF.

Nous n'avons trouvé aucune information sur les points de vue des femmes.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.