Opération ou embolisation de varicocèles des hommes hypofertiles

La varicocèle est une dilatation (élargissement) des veines le long du cordon spermatique (cordon qui suspend le testicule) dans le scrotum. Cette dilatation se produit lorsque les valves des veines situées le long du cordon spermatique sont défaillantes et provoquent un écoulement rétrograde du flux sanguin, entraînant ainsi une accumulation de sang. Les mécanismes par lesquels la varicocèle pourrait affecter la fertilité n'ont pas encore été expliqués, de même que les mécanismes par lesquels le traitement chirurgical d'une varicocèle pourrait rétablir la fertilité. La présente revue a analysé 10 études (894 participants) et trouvé des preuves (l'odds ratio combiné était de 1,47 (IC à 95 % 1,05 à 2,05) permettant de suggérer une augmentation des taux de grossesse après le traitement d'une varicocèle par rapport à l'absence de traitement chez des couples hypofertiles, dont, hormis la qualité médiocre du sperme, la varicocèle de l'homme était le seul résultat anormal. Ceci signifie que 17 hommes auraient besoin de suivre un traitement pour obtenir une grossesse supplémentaire. Toutefois, ces résultats n'ont pas été concluants car la qualité des preuves disponibles était médiocre et d'autres recherches seront nécessaires et devront examiner le taux de grossesses ou de naissances vivantes comme critère de jugement principal.

Conclusions des auteurs : 

Il existe des preuves suggérant que le traitement d'une varicocèle chez les hommes en couple, présentant une hypofertilité autrement inexpliquée, peut améliorer les chances de grossesses du couple. Toutefois, ces résultats ne sont pas concluants car la qualité des preuves disponibles est médiocre et des recherches supplémentaires seront nécessaires concernant le taux de grossesses ou de naissances vivantes comme critère de jugement principal.

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Contexte : 

Une varicocèle est un réseau de vaisseaux sanguins distendus dans le scrotum, généralement sur le côté gauche, provoqué par une dilatation de la veine spermatique. Bien que le concept, selon lequel une varicocèle provoque l'hypofertilité masculine, existe depuis plus de 50 ans maintenant, les mécanismes par lesquels une varicocèle affecterait la fertilité n'ont pas été expliqués de façon satisfaisante. Il n'existe pas non plus suffisamment de preuves pour expliquer les mécanismes par lesquels une varicocélectomie rétablirait la fertilité. On s'interroge également sur l'existence d'une relation causale entre la distension du plexus pampiniforme (réseau de multitudes de petites veines dans le cordon spermatique de l'homme) et les troubles de la fertilité.

Objectifs : 

Évaluer les effets du traitement d'une varicocèle sur le taux de grossesses et de naissances vivantes chez les couples hypofertiles où l'homme souffre d'une varicocèle.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité (du 12 septembre 2003 à janvier 2012), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library numéro 1, 2012), MEDLINE (de janvier 1966 à janvier 2012), EMBASE (de janvier 1985 à janvier 2012), PsycINFO (jusqu'à la semaine 1 de 2012) et les listes bibliographiques des articles. Nous avons également effectué des recherches manuelles dans les journaux spécialisés dans le domaine depuis leur premier numéro jusqu' à 2012. Nous avons aussi contrôlé les références croisées, les références des articles de la revue et contacté des chercheurs dans le domaine.

Critères de sélection : 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) ont été inclus, à condition d'être pertinents par rapport au problème clinique posé, mais aussi, à condition de signaler des taux de grossesses ou de naissances vivantes comme critère de jugement et des données concernant les groupes traités (ligature chirurgicale ou embolisation radiologique de la veine spermatique interne) par rapport aux groupes non traités ou placebo. Deux auteurs ont indépendamment passé au crible les essais potentiellement pertinents. Toute divergence d'opinions a été résolue par consensus (aucune n'a été constatée dans cette revue).

Recueil et analyse des données : 

Dix études répondaient aux critères d'inclusion de cette revue. Dans une étude, nous disposions uniquement de données issues d'un résumé publié. Toutes les études incluaient que des hommes dont le couple avait des problèmes d'hypofertilité ; un excluait les hommes dont le nombre de spermatozoïdes étaient inférieurs à 5 millions par mL et un autre excluait les hommes dont le nombre de spermatozoïdes étaient inférieurs à 2 millions par mL, avec ou sans motilité progressive inférieure à 10 %. Deux essais concernant des varicocèles cliniques incluaient des hommes dont l'analyse du sperme était normale. Trois études examinaient spécifiquement et exclusivement les hommes présentant des varicocèles subcliniques. Les études étaient exclues de la méta-analyse quand elles faisaient des comparaisons autres que celles susmentionnées.

Résultats principaux : 

La méta-analyse incluait 894 hommes. Aucune étude ne signalait de naissance vivante. L'odds ratio (OR) à effets fixes combinés des 10 études concernant le résultat de la grossesse était de 1,47 (intervalle de confiance (IC) à 95 % 1,05 à 2,05, preuves de qualité médiocre) en faveur d'une intervention. Le nombre de sujets à traiter pour obtenir un résultat bénéfique supplémentaire était de 17, suggérant alors un effet bénéfique du traitement des varicocèles par rapport à une prise en charge non interventionniste concernant le taux de grossesses chez les couples hypofertiles dont la varicocèle de l'homme était le seul résultat anormal. L'omission des études incluant des hommes présentant une analyse normale du sperme et une varicocèle subclinique, dont certains présentaient une amélioration de l'analyse du sperme comme résultat principal au lieu du taux de grossesses ou de naissances vivantes, était le sujet d'une analyse en sous-groupe planifiée. Les résultats de l'analyse en sous-groupe (cinq études) favorisaient également un traitement, avec un OR combiné de 2,39 (IC à 95 % 1,56 à 3,66). Le nombre de sujets à traiter pour obtenir un résultat bénéfique supplémentaire était de 7. Les preuves étaient suggestives plutôt que conclusives, car l'analyse principale était sujette à une hétérogénéité statistique assez élevée (I2 = 67 %) et les résultats n'étaient plus significatifs lorsqu'un modèle à effets aléatoires était utilisé ou lorsque l'analyse se limitait à des études de qualité supérieure.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.