Insémination intra-utérine dans les cas d'hypofertilité masculine

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L'insémination intra-utérine (IIU) est un des traitements contre la stérilité les plus fréquemment utilisés pour les couples présentant une hypofertilité masculine. Dans l'IIU, le sperme du mâle est préparé et placé dans l'utérus. Le sperme est ainsi proche du site de conception. Une IIU peut être réalisée avec ou sans stimulation ovarienne (HO). Dans un cycle de HO, la femme reçoit des médicaments pour stimuler les ovaires à accroitre le nombre d'ovules disponibles. Les principaux effets indésirables de ces médicaments sont la grossesse multiple et le syndrome d'hyperstimulation. L'objectif de cette revue est de déterminer si, chez les couples à hypofertilité masculine, l'IIU améliore les taux de naissances vivantes ou les taux de grossesse en cours par rapport au rapport sexuel opportun (RSO), avec ou sans HO. La revue n'a trouvé de preuve d'efficacité pour aucun des deux traitements. Quelques essais avaient fourni des données concernant notre principal critère de résultat, le taux de naissances vivantes par couple. De vastes études de bonne qualité et correctement randomisées seront nécessaires pour parvenir à une conclusion solide.

Conclusions des auteurs : 

Les données d'efficacité ne permettent pas de recommander ou déconseiller l'IIU, avec ou sans HO, plutôt que le RSO, ou vice versa. On manque de vastes essais contrôlés randomisés de bonne qualité comparant l'IIU avec ou sans HO et ayant comme principal critère de résultat le taux de grossesses par couple. On a besoin de tels essais car on ne peut pas pour le moment tirer de conclusions définitives.

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Contexte : 

L'insémination intra-utérine (IIU) est un des traitements contre la stérilité les plus fréquemment utilisés pour les couples présentant une hypofertilité masculine. Son utilisation, en particulier lorsqu'elle est combinée à une hyperstimulation ovarienne (HO), a fait l'objet de débats. Bien que le traitement lui-même soit moins invasif et coûteux que les autres, son efficacité n'a pas été prouvée. En outre, les effets indésirables de l'HO, tels que le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) et la grossesse multiple, posent un problème.

Objectifs : 

L'objectif de cette revue est de déterminer si, chez les couples à hypofertilité masculine, l'IIU améliore les taux de naissances vivantes ou les taux de grossesse en cours par rapport au rapport sexuel opportun (RSO), avec ou sans HO.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et l'hypofertilité, le registre central Cochrane des essais contrôlés (The Cochrane Library 2006, numéro 3), MEDLINE (de 1966 à mai 2006), EMBASE (de 1980 à mai 2009), SCIsearch et les références bibliographiques d'articles. Nous avons recherché manuellement dans les résumés de l'American Society for Reproductive Medicine et de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d'Embryologie. Les auteurs d'articles identifiés ont été contactés afin d'obtenir des informations non publiées.

Critères de sélection : 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) réalisant au moins l'une des comparaisons suivantes :
1) IUI versus RSO ou absence d'intervention, tous deux dans des cycles naturels
2) IIU versus RSO, tous deux dans les cycles avec HO
3) IIU dans des cycles naturels versus RSO + HO
4) IIU + HO versus RSO dans des cycles naturels
5) IIU dans des cycles naturels versus IIU + HO

N'ont été inclus que des couples ayant des paramètres spermatiques anormaux.

Recueil et analyse des données : 

Deux co-auteurs de la revue ont, de manière indépendante, évalué la qualité des essais et extrait les données. Lorsque cela était possible, les données ont été regroupées et une méta-analyse a été réalisée. Des analyses de sensibilité et en sous-groupe ont été réalisées lorsque cela était possible et approprié.

Résultats principaux : 

Nous avons inclus dans la méta-analyse trois essais de conception parallèle et cinq essais de conception croisée présentant les données pré-croisement. Trois avaient comparé l'IIU aux RSO, tous deux dans des cycles stimulés. Les quatre dernières de ces études avaient comparé l'IIU à l'IIU + HO. Trois études avaient rendu compte de notre principal critère de résultat, le taux de naissances vivantes par couple.
Pour la comparaison IIU versus RSO, tous deux dans des cycles naturels, aucune preuve de différence entre les probabilités de taux de grossesses par femme après IIU ou après RSO n'a été trouvée (RC de Peto 5,3 ; IC à 95% 0,42 à 67). Aucune différence statistiquement significative entre les taux de grossesses (TG) par couple pour l'IIU + HO par rapport à l'IIU n'a pu être trouvée (RC de Peto 1,47 ; IC à 95% 0,92 à 2,37). Pour la comparaison IIU versus RSO, tous deux dans des cycles stimulés, il n'y avait pas non plus de signe d'une différence statistiquement significative dans les taux de grossesses par couple (RC de Peto 1,67 ; IC à 95% 0,83 à 3,37). Il n'y avait pas suffisamment de données disponibles concernant les effets indésirables tels que le SHO, la grossesse multiple, les fausses couches et la grossesse extra-utérine pour effectuer une analyse statistique. Pour les deux autres comparaisons, aucun ECR n'a été trouvé qui ait rendu compte des taux de grossesses par couple. Dix autres études incluant une des comparaisons ciblées ont été trouvées. Étant donné que ces études n'avaient rapporté que les taux de grossesses par cycle, ces données n'ont pas pu être incluses dans la méta-analyse.

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