Interventions pour le traitement de la gale

La gale est une infection parasitaire de la peau. Elle existe partout dans le monde mais est particulièrement problématique dans les régions présentant des installations sanitaires insuffisantes, une surpopulation et des perturbations sociales, et est endémique dans de nombreux pays aux ressources limitées. La prévalence de la gale est estimée à 300 millions de cas à l'échelle mondiale, mais le niveau d'infection varie d'un pays et d'une communauté à l'autre. La femelle de l'acarien creuse des galeries sous la peau et pond des œufs qui éclosent et se multiplient. L'infection peut se transmettre d'une personne à une autre par contact cutané direct, y compris par contact sexuel. Elle entraîne des démangeaisons intenses accompagnées d'éruptions cutanées. Plusieurs médicaments ont été développés pour traiter la gale, et des remèdes traditionnels et à base de plantes sont également utilisés. Cette revue des essais s'est attachée à examiner l'ensemble de ces traitements. Les auteurs ont identifié 22 petits essais portant sur 2 676 participants, dont 19 avaient été réalisés dans des pays aux ressources limitées. La perméthrine semblait être le traitement topique le plus efficace contre la gale, et l'ivermectine semblait efficace en traitement oral. Néanmoins, l'ivermectine n'est pas homologuée pour cet usage dans de nombreux pays. Des événements indésirables tels que des éruptions cutanées, des vomissements et des douleurs abdominales étaient rapportés, mais les essais étaient trop petits pour évaluer correctement des effets indésirables potentiels rares mais graves. Aucun essai portant sur des remèdes traditionnels ou à base de plantes n'a été identifié.

Conclusions des auteurs : 

La perméthrine topique semble constituer le traitement le plus efficace contre la gale. L'ivermectine semble efficace en traitement oral. Des recherches supplémentaires sont nécessaires concernant l'efficacité du malathion, en particulier par rapport à la perméthrine, et concernant la prise en charge de la gale dans un contexte institutionnel et à l'échelle de la communauté.

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Contexte : 

La gale est une infection parasitaire de la peau provoquée par l'acarien Sarcoptes scabei , qui entraîne d'intenses démangeaisons. Il s'agit d'un problème de santé publique courant, dont la prévalence est estimée à 300 millions de cas à l'échelle mondiale. Des effets indésirables graves associés à certains médicaments utilisés dans le traitement de la gale ont été rapportés.

Objectifs : 

Évaluer les médicaments topiques et systémiques dans le traitement de la gale.

Stratégie de recherche documentaire : 

En juin 2010, nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies infectieuses, CENTRAL (Bibliothèque Cochrane 2010, numéro 2), MEDLINE, EMBASE, LILACS et INDMED. En août 2010, nous avons également consulté la littérature grise et d'autres sources afin d'identifier des essais enregistrés. Nous avons également examiné les références bibliographiques des études identifiées.

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés examinant des médicaments utilisés dans le traitement de la gale.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. Les résultats ont été présentés sous forme de risques relatifs avec des intervalles de confiance à 95 %, et les données ont été combinées lorsque cela était approprié.

Résultats principaux : 

Vingt-deux petits essais portant sur 2 676 participants ont été inclus. Un essai était contrôlé par placebo, 18 comparaient au moins deux médicaments, trois comparaient différents schémas thérapeutiques et un comparait différentes voies d'administration.

Moins d'échecs du traitement se produisaient dans les sept jours sous ivermectine orale par rapport au placebo dans un petit essai (55 participants). La perméthrine topique semblait plus efficace que l'ivermectine orale (140 participants, 2 essais), le crotamiton topique (194 participants, 2 essais) et le lindane topique (753 participants, 5 essais). La perméthrine semblait également plus efficace pour réduire la persistance des démangeaisons que le crotamiton (94 participants, 1 essai) ou le lindane (490 participants, 2 essais). Aucune différence n'était détectée entre la perméthrine (un pyréthrinoïde de synthèse) et un traitement topique à base de pyréthrine naturelle (40 participants, 1 essai) et entre la perméthrine et le benzoate de benzyle (53 participants, 1 essai), mais ces deux essais étaient de petite taille.

Aucune différence significative n'était détectée concernant le nombre d'échecs du traitement entre le crotamiton et le lindane (100 participants, 1 essai), le lindane et le soufre (68 participants, 1 essai), le benzoate de benzyle et le soufre (158 participants, 1 essai) et le benzoate de benzyle et les pyréthrines naturelles synergisées (240 participants, 1 essai) ; il s'agissait dans chaque cas de traitements topiques. Aucun essai portant sur du malathion n'a été identifié.

Aucun événement indésirable grave n'a été rapporté. Plusieurs essais rapportaient des réactions cutanées chez les participants randomisés pour des traitements topiques. Des céphalées, des douleurs abdominales, des diarrhées, des vomissements et une hypotension étaient occasionnellement rapportés.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.