Les conseils donnés par un médecin encouragent-ils les fumeurs désireux d’arrêter ?

Les conseils fournis par un médecin aident les fumeurs à arrêter de fumer. Même quand un médecin ne fournit qu’un conseil bref sur le sevrage tabagique à un fumeur, cela augmente la probabilité de sevrage tabagique et la maintenance de l’arrêt au bout de 12 mois. Des conseils plus appuyés peuvent entraîner des taux de sevrage légèrement plus élevés. Un conseil d’arrêt accompagné d’une proposition de suivi peut augmenter légèrement les taux d’arrêt.

Conclusions des auteurs : 

Un simple conseil a un effet minime sur les taux de sevrage. Si l'on considère un taux de sevrage non assisté de 2 à 3 %, une intervention brève (Conseil minimal) peut augmenter ce taux d'1 à 3 % supplémentaires. Les composants supplémentaires semblent n'avoir qu'un léger effet. Cependant, on constate un faible bénéfice supplémentaire pour les interventions intensives comparées aux interventions très brèves.

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Contexte : 

Les professionnels de santé conseillent fréquemment aux personnes d'améliorer leur santé en arrêtant de fumer. Ces conseils peuvent être brefs ou faire partie d'interventions plus intensives.

Objectifs : 

Les objectifs de cette revue étaient d'évaluer l'efficacité des conseils prodigués par les médecins pour la promotion du sevrage tabagique ; de comparer les interventions minimales faites par un médecin aux interventions plus intensives ; d'évaluer l'efficacité des diverses aides pour promouvoir le sevrage tabagique ; et de déterminer l’effet des conseils anti-tabac sur la mortalité en lien direct avec le tabac et toutes causes confondues.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais cliniques « Cochrane Tobacco Addiction Group » concernant les interventions implquants des physiciens. Nous avons aussi cherché dans les bases de données d'Amérique latine via la Virtual Library in Health en février 2013.

Critères de sélection : 

Des essais randomisés sur les conseils pour le sevrage tabagique fournis par un médecin dans lesquels l'abstinence était évaluée au moins 6 mois après le conseil donné.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons extrait les données en comparant le cadre dans lequel les conseils avaient été donnés, le type de conseil donné (minimal ou plus intensif), le recours éventuel à des aides en plus des conseils, les critères de jugement, la méthode de randomisation et l'exhaustivité du suivi.

Le principal critère de jugement était l'abstinence tabagique après un suivi d'au moins six mois. Nous avons également pris en compte les effets des conseils sur la mortalité lorsque les données sur le suivi à long terme étaient disponibles. Nous avons utilisé la définition la plus rigoureuse de l'abstinence dans chaque essai et les taux validés biochimiquement lorsqu'ils étaient disponibles. Les sujets perdus de vue étaient considérés comme toujours fumeurs. Les effets étaient exprimés sous la forme de risques relatifs. Lorsque cela était possible, une méta-analyse était réalisée en utilisant le modèle à effets fixes de Mantel-Haenszel.

Résultats principaux : 

Nous avons identifié 41 essais, menés entre 1972 et 2007, incluant plus de 31 000 fumeurs. Dans certains essais, les sujets présentaient un risque de maladies spécifiques (maladie pulmonaire, diabète, cardiopathie ischémique), mais la plupart venaient de population non sélectionnées. Le cadre le plus couramment retrouvé pour la délivrance du conseil était la médecine générale. Les autres environnements incluaient les salles de soins hospitalières, les services de consultations externes et les services médicaux du travail.

La synthèse des données de 17 essais comparant Conseil bref versus absence de conseil (ou soin usuel), a mis en évidence une augmentation significative du taux de sevrage (Risque relatif (RR) 1.66 (IC 95% 1.42 – 1.94). Parmi les 11 essais où l'intervention était jugée plus intensive, l'effet estimé était plus important (RR 1.84 – IC 95% 1.60 – 2.13), mais il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les sous-groupes Conseil bref versus conseil intensif. La comparaison directe Conseil bref versus conseil intensif a montré un léger avantage pour le conseil intensif (RR 1.37, IC 95% 1.20 – 1.56). La comparaison directe a aussi suggéré un léger bénéfice en cas de consultations de suivi. Une étude seulement a cherché à établir l’effet du conseil d’arrêt sur la mortalité. Cette étude n’a trouvé aucune différence significative sur les taux de décès, après un suivi de 20 ans.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.