Phénobarbital avant l'accouchement prématuré afin d'éviter l'hémorragie périventriculaire néonatale

Les preuves ne corroborent pas le traitement au phénobarbital des femmes accouchant avant 34 semaines pour réduire le risque de saignement dans le cerveau des bébés.

Les bébés nés très précocement (avant 34 semaines) présentent un risque de saignement dans le cerveau (hémorragie périventriculaire). Cela peut entraîner des dommages cérébraux qui pourraient conduire à un handicap, notamment à une paralysie cérébrale. Le phénobarbital peut prévenir les lésions du cerveau en stabilisant la tension artérielle et le débit sanguin dans le cerveau. Les effets indésirables possibles du phénobarbital pour les femmes comprennent la somnolence, des troubles gastro-intestinaux et l'apparition d'une éruption cutanée.

Neuf essais, impliquant 1 752 femmes, ont été inclus dans la revue. Les essais ayant un faible risque de biais ont révélé que le phénobarbital administré aux femmes immédiatement avant un accouchement très prématuré ne diminuait pas le risque de saignement dans le cerveau des bébés. Il n'a été découvert aucune différence de développement de l'enfant lors d'un suivi à l'âge de 18 à 24 mois ou à sept ans.

La sédation maternelle était plus probable chez les femmes recevant du phénobarbital. L'utilisation de corticostéroïdes prénatals, connus pour réduire le taux d'hémorragie périventriculaire, était différente selon les essais et peut avoir influencé les résultats.

Conclusions des auteurs : 

Les preuves de cette revue ne corroborent pas l'utilisation de l'administration prophylactique de phénobarbital aux femmes enceintes pour prévenir la HPV chez les nourrissons prématurés ou pour les protéger de handicaps neurologiques dans l'enfance. L'administration de phénobarbital peut conduire à la sédation maternelle. Si de futurs essais sont réalisés, ils devraient mesurer l'état de développement neurologique lors du suivi.

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Contexte : 

Les nourrissons prématurés présentent un risque d'hémorragie périventriculaire (HPV). Le phénobarbital pourrait prévenir les lésions ischémiques ou réduire les fluctuations de tension artérielle et du débit sanguin dans le cerveau.

Objectifs : 

Évaluer les effets bénéfiques et nocifs de l'administration de phénobarbital aux femmes présentant un risque d'accouchement très prématuré imminent avec comme objectif principal de prévenir la HPV chez le nourrisson.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (le 20 décembre 2010).

Critères de sélection : 

Les essais randomisés qui fournissaient des données comparant les issues néonatales et maternelles après une exposition prénatale au phénobarbital aux issues des groupes témoins avec ou sans placebo.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons évalué l’éligibilité et la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. Nous avons inclus les essais éligibles dans l'analyse initiale et les analyses de sensibilité pré-spécifiées afin d'évaluer l'effet de la qualité des essais.

Résultats principaux : 

Neuf essais (1 752 femmes) ont été inclus. Les analyses de tous les essais inclus ont démontré une réduction significative du taux de tous les grades de HPV (risque relatif (RR) 0,65, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,50 à 0,83 ; neuf essais ; 1 591 femmes) et des grades sévères de HPV (3 et 4) (RR 0,41, IC à 95 % 0,20 à 0,85 ; huit essais ; 1 527 femmes) chez les nourrissons dont la mère avait reçu du phénobarbital avant l'accouchement. Ces résultats ont été influencés par des essais de qualité médiocre qui ont pesé de manière excessive dans l'analyse en raison de leur taux plus élevé de HPV sévères. Lorsque seuls les deux essais de meilleure qualité ont été inclus, ces effets bénéfiques ont disparu pour tous les grades de HPV (RR 0,90, IC à 95 % 0,75 à 1,08 ; deux essais ; 945 femmes) et les grades sévères de HPV (RR 1,05, IC à 95 % 0,60 à 1,83 ; deux essais ; 945 femmes).

Il n'a été constaté aucune différence en termes d'incidence des anomalies de développement neurologique lors d'un suivi pédiatrique à l'âge de 18 à 24 mois ou à sept ans entre les enfants nés de mères ayant reçu du phénobarbital avant l'accouchement et les enfants n'y ayant pas été exposés.

La sédation maternelle était plus probable chez les femmes recevant du phénobarbital (RR 2,06, IC à 95 % 1,79 à 2,37 ; un essai ; 576 femmes).

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