La thérapie de substitution nicotinique (TSN) peut-elle aider les gens à arrêter de fumer ?

La TSN vise à réduire les symptômes de sevrage survenant lorsque les personnes arrêtent de fumer en substituant la nicotine auparavant obtenue au travers des cigarettes. La TSN est disponible sous forme de patchs qui libèrent lentement de la nicotine, de chewing-gums, de sprays à utiliser dans la bouche ou dans le nez, d'inhalateurs et de pastilles ou comprimés ; toutes ces options fournissent de la nicotine au cerveau plus rapidement qu'avec les patchs, mais moins rapidement qu'en fumant des cigarettes. Cette revue inclut 150 essais portant sur la TSN, avec plus de 50 000 personnes dans l'analyse principale. Nous avons trouvé des preuves indiquant que toutes les formes de TSN augmentent les chances qu'une tentative de sevrage tabagique aboutisse. Les chances d'arrêter de fumer étaient augmentées de 50 à 70 %. Les preuves ne suggèrent aucune différence globale en termes d'efficacité entre les différentes formes de TSN, ni de bénéfice concernant l'utilisation de patchs au-delà de huit semaines. La TSN est efficace avec ou sans l'offre d'un soutien supplémentaire, et n'a pas besoin d'être prescrite par un médecin. Les grands fumeurs peuvent nécessiter des doses plus élevées de TSN. Les personnes utilisant la TSN pour arrêter de fumer sont susceptibles d'augmenter leurs chances de succès en utilisant une combinaison du patch nicotinique ainsi que d'un moyen à action plus rapide ou en combinant le patch avec du bupropion, un antidépresseur. Les données suggèrent que l'utilisation des patchs de TSN peu de temps avant la date d'arrêt planifiée peut augmenter les chances de réussite. Les effets indésirables liés à l'utilisation de la TSN dépendent du type de produit (irritations de la peau pour les patchs et irritations à l'intérieur de la bouche avec les chewing-gums et les comprimés. Il n'existe aucune preuve indiquant que la TSN augmente le risque d'avoir des crises cardiaques.

Conclusions des auteurs : 

Toutes les formes de TSN (gommes à mâcher, patchs transdermiques, sprays nasaux, inhalateurs ou comprimés/pastilles sublinguales) peuvent aider les personnes essayant d'augmenter leurs chances de réussir à arrêter de fumer. Les TSN augmentent les taux de sevrage de 50 à 70 %, quel que soit le contexte. L'efficacité de la TSN semble être largement indépendante de l'intensité du soutien additionnel apporté à l'individu. L'apport d'un soutien plus intense, bien que bénéfique pour augmenter la probabilité d'un sevrage, n'est pas essentiel au succès de la TSN.

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Contexte : 

L'objectif de la thérapie de substitution nicotinique (TSN) consiste à remplacer temporairement une partie de la nicotine auparavant obtenue au travers des cigarettes pour réduire l'envie de fumer et les symptômes de manque nicotinique, en facilitant ainsi la transition du tabagisme jusqu'à l'abstinence totale.

Objectifs : 

Les objectifs de cette revue étaient les suivants :
Déterminer l'effet des TSN par rapport à un placebo pour faciliter le sevrage tabagique et déterminer s'il existe une différence en termes d'effet concernant les différentes formes de TSN (chewing-gums, patchs transdermiques, vaporisateurs à utilisation orale ou nasale, inhalateurs et pastilles/comprimés) dans le but de mener au sevrage tabagique.
Déterminer si l'effet est influencé par la posologie, la forme et le moment d'utilisation de la TSN ; l'intensité des conseils et du soutien supplémentaire proposés aux fumeurs ; ou par le contexte clinique dans lequel les fumeurs sont recrutés et traités.
Déterminer si des combinaisons de TSN sont plus susceptibles de conduire à une réussite du sevrage.
Déterminer si la TSN est plus ou moins susceptible de conduire à une réussite du sevrage en comparaison à d'autres thérapies pharmacologiques.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur le tabagisme pour identifier les articles mentionnant « TSN » ou tout type de thérapie de substitution nicotinique dans les titres, résumés et mots clés. Date de la recherche la plus récente : juillet 2012.

Critères de sélection : 

Les essais randomisés dans lesquels la TSN était comparée à un placebo ou à l'absence de traitement, ou lorsque différents dosages de TSN étaient comparés. Nous avons exclu les essais ne rapportant pas les taux de sevrage, et ceux ayant un suivi de moins de six mois.

Recueil et analyse des données : 

Nous avons extrait les données en double concernant le type de participants, la dose, la durée et la forme de thérapie nicotinique, les mesures de résultat, la méthode de randomisation et l'exhaustivité du suivi.
Le principal critère de jugement était l'abstinence tabagique après un suivi d'au moins six mois. Nous avons utilisé la définition la plus rigoureuse de l'abstinence pour chaque essai et les taux validés biochimiquement lorsqu'ils étaient disponibles. Nous avons calculé le risque relatif (RR) pour chaque étude. Lorsque cela était approprié, nous avons effectué une méta-analyse au moyen d'un modèle à effets fixes de Mantel-Haenszel.

Résultats principaux : 

Nous avons identifié 150 essais ; 117 avec plus de 50 000 participants ont contribué à la comparaison principale entre toutes les formes de TSN et un placebo ou un groupe témoin sans TSN. Le risque relatif (RR) d'abstinence pour n'importe quelle forme de TSN par rapport au groupe témoin était de 1,60 (intervalle de confiance à 95 % [IC] de 1,53 à 1,68). Les RR combinés pour chaque type étaient de 1,49 (IC à 95 % 1,40 à 1,60, 55 essais) pour la gomme nicotinique ; 1,64 (IC à 95 % 1,52 à 1,78, 43 essais) pour le patch nicotinique ; 1,95 (IC à 95 % 1,61 à 2,36, 6 essais) pour les pastilles/comprimés ; 1,90 (IC à 95 % 1,36 à 2,67, 4 essais) pour l'inhalateur nicotinique ; et de 2,02 (IC à 95 % 1,49 à 2,73, 4 essais) pour la nicotine par pulvérisation nasale. Un essai portant sur le spray buccal présentait un RR de 2,48 (IC à 95 % 1,24 à 4,94). Les effets étaient largement indépendants de la durée du traitement, de l'intensité du soutien additionnel fourni ou du cadre dans lequel la TSN était proposée. L'effet était similaire dans un petit groupe d'études visant à évaluer l'utilisation de la TSN obtenue sans ordonnance. Chez les grands fumeurs, on a constaté un bénéfice significatif de la gomme contenant 4 mg par rapport à la gomme contenant 2 mg, mais de plus faibles preuves concernant un bénéfice pour les patchs à des doses plus élevées. Il y avait des preuves indiquant que la combinaison d'un patch nicotinique avec une forme de TSN à action rapide était plus efficace que l'utilisation d'une TSN seule (RR 1,34, IC à 95 % 1,18 à 1,51, 9 essais). Le RR pour la TSN utilisée pendant une courte période avant la date de sevrage était de 1,18 (IC à 95 % 0,98 à 1,40, 8 essais), un résultat presque statistiquement significatif, bien que l'efficacité augmentait lorsque nous avons regroupé uniquement les essais portant sur les patchs et lorsque nous avons exclu un essai dans lequel des facteurs de confusion étaient probables. Cinq études comparaient directement la TSN à une pharmacothérapie non nicotinique, le bupropion ; il n'y avait aucune preuve d'une différence en termes d'efficacité (RR 1,01 ; IC à 95 % 0,87 à 1,18). La combinaison de la TSN et du bupropion était plus efficace que le bupropion seul (RR 1,24 ; IC à 95 % 1,06 à 1,45, 4 essais). Les effets indésirables liés à l'utilisation de la TSN dépendent du type de produit (irritation cutanée pour les patchs et irritation à l'intérieur de la bouche pour les chewing-gums et les comprimés). Il n'existe aucune preuve indiquant que la TSN augmente le risque de crises cardiaques.

Notes de traduction : 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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